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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Les entreprises françaises en Afrique devront-elles plier bagage ?

Publié par siel sur 17 Mars 2015, 12:22pm

Catégories : #REFLEXIONS perso

Vous savez que M. Zemmour a envisagé dans un entretien donné à un journal italien, le rapatriement des Français d'origine africaine.

Vous savez que Marine Le Pen dirigeante du parti d'extrême droite, le Front national,  a suggéré au footballeur, Zlatan, mauvais perdant qui s'était lâché sur la France, de quitter le pays s'il n'était pas content.

Vous savez que Zemmour et le FN affirment dire tout haut ce que les Français pensent.

Donc, il faudrait s'attendre, si ce parti arrive au pouvoir,  à de grandes migrations.

Chacun chez soi réclament les voix d'extrême droite

Les Etats africains pourraient  en réciprocité, non seulement renvoyer les Français vivant en Afrique mais également les entreprises françaises.

Ce sont les Chinois qui vont se régaler. Ils achètent déjà une quantité de choses en France. A quand l'emploi d'émigrés français dans leurs entreprises en Afrique ?

 

Intéressant.

Et pour l'avenir économique de la France- finie la Françafrique- et pour la francophonie- terminé le prestige de la langue française parlée par les élites de ses anciennes colonies.

Pour l'avenir économique de la France, qui va remplacer les travailleurs payés au lance pierre pour exécuter les boulots les plus pénibles et les moins bien payés ?

Les Polonais ?

C'est vrai. Ce sont des Blancs.

Des Blancs que les mêmes officines ne tarderont pas à accuser de venir prendre le boulot d'autres Blancs.

C'est déjà le discours en Angleterre, où l'extrême droite montre du doigt les émigrés des pays de l'Est.

Ca promet.

 

Un come back aux années où l'Italien  était traité de "sale rital" et avait droit à des "pogrom". Où l'Espagnol et le Portugais étaient  considérés exactement de la même  - mauvause- manière que le sont les Maghrébins et les Africains aujourd'hui. A savoir, comme des bras à exploiter, logés dans des cages à lapin, considérés comme des moins que rien.

Le photographe haïtien Gérald Bloncourt a fait une série de reportages sur les conditions de vie des  travailleurs Portugais dans dans les zones à la périphérie de Paris, où ils étaient relégues sans eau courante, sans sanitaires, sans transports. Elles méritent d'être vues. Rien à envier aux bidonvilles de RIo.

 

Voici deux de ses photos prises dans le bidonville de Champigny en 1964.

 

 

 Immigrés portugais dans le bidonville de Champigny. 1964. Retour du travail à la tombée de la nuit. 2ième photo : coiffeur dans le bidonville de Champigny. Mai 1964
 Immigrés portugais dans le bidonville de Champigny. 1964. Retour du travail à la tombée de la nuit. 2ième photo : coiffeur dans le bidonville de Champigny. Mai 1964

Immigrés portugais dans le bidonville de Champigny. 1964. Retour du travail à la tombée de la nuit. 2ième photo : coiffeur dans le bidonville de Champigny. Mai 1964

La proposition de Zemmour correspond à la politique de la RD, de renvoi dans leur pays d'origine, Haïti, de gens qui y vivent depuis les années 1930.

Vous avez travaillé pour développer l'économie de la RD. Maintenant, rentrez chez vous qui n'est plus chez vous. Mais on s'en fout.

Ils sont sans papiers nous dit-on.

Mais la faute à qui ?

Les gouvernements haïtiens sont, sans nul doute, fautifs de ne pas avoir rapatrié leurs ressortissants  après les zafra.

Mais les considéraient-ils comme des citoyens à part entière ? Ca, c'est un autre débat qui touche le rapport des élites avec la masse pauvre, illettrée et travailleuse.

 

 Mais quid de la responsabilité du gouvernement dominicain ?

Il se présente comme un petit saint dont le seul tort aurait été de se laisser "envahir".

Pourtant, soyons sérieux, n'est-ce pas lui, ainsi que ses patrons d'entreprises du sucre qui ont accepté cet état de fait et n'ont pas exigé que ces personnes qui vivent sur leur territoire depuis trois générations obtiennent des papiers soit de séjour ou de naturalisation ?

 

Si le gouvernement haïtien était un tantinet cohérent - mais il ne faut pas rêver - il devrait porter plainte contre la RD pour exploitation de travailleurs sans papiers pendant plus de cinquante ans.

Je lis sur le net des Haïtiens au coeur sensible et d'autres au coeur moins sensible  mais qui brandissent leur nationalisme à deux balles, recommander que le gouvernement haïtien prenne des mesures pour accueillir "ses filles et fils".

D'abord, ce serait accréditer la thèse des Dominicains qui affirment qu'il n'existe pas de  Dominicains d'origine haïtienne. J'imagine qu'il n'existera pas non plus d'Etatsuniens d'origine dominicaine, ni d'Espagnols d'origine dominicaine, quand ces pays décideront d'appliquer rétroactivement de nouvelles lois de jus sangui....

 

Ensuite, ce serait nier la responsabilité des autorités dominicaines qui ont sciemment entretenu cette situation d'illégalité. Ce sont elles qui ne se sont aucunement préoccupées du non respect  par leurs entrepreneurs du code du travail. Ce sont elles qui, comme Balaguer, ont sollicité des chefs d'Etat haïtiens des coupeurs de canne. Ce sont elles qui ont fermé les yeux sur l'emploi de ces travailleurs sans papiers dans l'agriculture et dans la construction.

 Nous étions bien partis avec l'aide des organisations internationales et le soutien de certains chefs d'Etat pour défendre devant les tribunaux internationaux cette cause.

Cependant, Casimir recasé au ministère de l'Intérieur, Martelly, Lamothe et leur clan ont jugé bon de tuer l'affaire, en entreprenant des rencontres bilatérales portant principalement sur le commerce avec la RD.

Pour eux, le sort des Haïtiens et des Dominicains d'ascendance haïtienne n'était pas à l'ordre du jour. L'important était l'argent. Grosso modo : combien tu me donnes pour laisser passer tes camions de marchandises et permettre à tes entreprises de travailler en Haïti ?

 

Rien de nouveau. Le massacre des Haïtiens en RD ne s'était-il pas soldé par des "réparations " financières ridicules ? Lesquelles finances ne sont pas allées  vers les victimes lésées, mais se sont dirigées tout droit dans les poches de ceux qui se considèrent comme les ayant-droit " naturels"  de l'argent de l'Etat. 

Cependant, après avoir perdu ce combat, le gouvernement pourrait mettre en place un plan de développement de l'agriculture en utilisant le savoir faire de ces gens chassés et leur distribuer des terres pour ce faire. 

Obstacle majeur à ce programme : la CI.

Car, la CI, à savoir entrepreneurs étrangers et institutions internationales ont dans leur plans d'utiliser ces bras, comme en RD, sur les plantations qu'elles veulent lancer de produits pour l'exportation. Et dans l'exploitation des mines. (Mande madan Klinton)

D'où leur reconfiguration des départements avec inscrit comme but d'empêcher les Haïtiens de franchir "les frontières intérieures".

 

Tout ceci tient d'un calcul.

L'éjection des travaillerus haïtiens de la RD, qui soit dit en passant, défavorise l'économie de la RD, devrait faire profiter celle des multinationales et leur assurer des profits plus importants.

Pourquoi, diantre, me direz-vous, auraient-elles besoin de ces gens-là, alors que le niveau de chomâge est très important en Haïti .

 Oh la lal !

Cette question voudrait dire que vous n'avez rien compris de la manière dont ces choses là sont agencées.

 

Alors, un modeste éclairage  pour votre gouverne.

1- L'arrivée massive de ces émigrés devrait provoquer une crise humanitaire. Un choc, dirait Naomi Klein.

2- Qui dit crise humanitaire, dit subventions.

3- Schéma Caracole = financer des entreprises de l'agro-industrie pour qu'elles "sauvent" ces chassés.

 4- Schéma Monsanto  = offre de  semences à ces entreprises agro-industrielles pour les "aider" à démarrer (toujours pour secourir ces pauvres chassés).

5- Atout majeur = les chassés se parlent pas la langue. Parfois, n'ont plus d'attaches familiales dans le pays. Ils sont quasi des étrangers. Des gens qui n'auraient pas idée de traverser les frontières intérieures. Et qui pourraient se retrouver dans des conditions similaires à celles des bateyes, coupés du reste du pays.

6- Arme psychologique = il ne faudra pas beaucoup de temps pour stigmatiser ces gens-là. Les faire apparaître, aux yeux des natifs-natals, comme des envahisseurs. Comptez sur les directeurs d'opinion auto-proclamés pour faire ce boulot de lavage de cerveaux, à partir d'anecdotes transformées,  vite fait, en généralité sur des comportements qui ne seraient pas "haïtiens de souche".

7- Et voilà le travail = Une main d'oeuvre bon-marché, isolée et corvéable à merci, qui sera opposée aux locaux qui -vous savez comment ça se passe avec les réactionnaires : accusation de sorcellerie par exemple-  qui ne mettront pas beaucoup  de temps, bien chauffés par les journalistes sur payroll, pour passer de la sympathie à l'antipathie, voire à la haine. Et à la chasse aux Dominicains d'origine haïtienne, tout comme en RD.

Cela tient du roman me direz-vous.

Vous pensiez que le chanteur Sweet Micky deviendrait président d'Haïti ?

Si vous croyez que tout ceci n'est qu'une fable.pensez au mot de Roosevelt :

 

 

« En politique, rien n’arrive par accident. Si quelque chose se produit, vous pouvez parier que cela a été planifié de cette façon. »

Franklin Delano Roosevelt

Comment faire pour éviter de tomber à bras raccourcis dans ce nouveau traquenard tendu aux Haïtiens ?

Il n'y a pas trente-six solutions.

Il faut impérativement et catégoriquement que les partis, associations, syndicats, les avocats,  les entrepreneurs, les membres de la diaspora (pas les cinglés qui  hurlent en lettres majuscules pour féliciter Martelly et injurier le peuple). que l'ensemble des progressistes s'emparent de ce dossier et ne laissent pas, comme ils l'ont fait jusqu'à présent, au seul gouvernement le soin de  le régler.

C'est une situation très grave. Il en va de l'avenir d'Haïti qu'il est impossible de laisser entre les mains de l'ethnie des "moun sans cheveu".

J'ai lu dans la presse de la RD que la MInustah - fait non signalé dans la presse haïtienne- était présente aux  dernières négociations entre Haïti et la RD.

Que vient faire la Minustah dans cette affaire ?

Il faut une conférence nationale sur cette question. Un débat auquel participeront des personnes sincères engagées, intelligentes et courageuses.

Seul problème et de taille.

En existe-il encore en Haïti et dans la diaspora  de disponibles ?

 

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