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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Foire du livre en RD. Littérature péruvienne à l'honneur. Mario Vargas Llosa exclu. il s'était indigné contre la loi de "dénationalisation" des Dominicains d'origine haïtienne

Publié par siel sur 24 Avril 2015, 12:33pm

Catégories : #AYITI-RD relations

Mesquine vengeance du gouvernement de la RD qui n'invite pas l'écrivain péruvien, prix Nobel de la littérature.

Vous voyez, c'est partout pareil, cette censure qui frappe tous ceux qui sont en désaccord avec la politique menée par X gouvernement.

On aurait crû,  vu que la foire rend hommage à la littérature péruvienne, que le gouvernement de la RD aurait eu l'élégance d'inviter Vargas Llosa qui est, quand même, l'auteur emblématique de la littérature de son pays.

De plus, Mario Vargas Llosa a écrit un roman La fiesta del Chivo - titre français : La fête au bouc-  - sur la dictature de Trujillo. Donc,  en plus de cela, il a des liens étroits avec ce pays, la RD.

Vous vous souvenez ou vous n'êtes pas au courant, la presse haïtienne n'en ayant pas parlé, (as usual) que l'écrivain avait publié un article : Les parias de la Caraïbe, dans le journal espagnol El PaIs, dans lequel il ne mâchait pas ses mots- allant jusqu'à comparer l'iniquité de cette loi à celles d'exclusion des Juifs en Allemagne hitlérienne.

Des livres de Mario Vargas Llosa avaient étés brûlés à la suite de cet article par des gens appartenant aux milieux de l'extrême droite de la RD

Dans tous les pays, démocratiques ou pas, le pouvoir a tendance à exclure des récompenses et mainfestations, ceux-là qui le contestent.

Dans les régimes plutôt dictatoriaux, c'est assez simple : l'opposant écrivain a droit au placard,  à l'exil ou à la prison.

Dans les démocraties, c'est plus subtil, comme le montre l'exemple de Galeano. On les laisse s'exprimer tout en s'arrangeant pour limiter la portée de leur parole. Ils n'apparaissent pas dans les média dominants. Ils ne sont pas invités dans les émissions de gande écoute à la télévision. On leur laisse un espace circonscrit aux universitaires et aux média "subalternes" - comme on le voit avec Chomsky.

 

Nous avons pu faire le constat avec les écrivains haïtiens, combien ont été gâtés et choyés  à l'étranger comme en Haïti même, ceux qui avaient suivi la ligne du Bien, à savoir de boycott de la commémoration des 200 ans d'indépendance du pays.

Récompensés et décorés par Fédérique Mitterrand et Martelly, décorés et choisis comme invités d'honneur à chaque édition de la foire des livres. Cette année, l'invité d'honneur est Syto Cavé, membre éminent du collectif Non et grand grenn-nanbounda devant l'éternel.

Ce qui ne signifie pas que S. Cavé ne serait pas un écrivain qui mériterait cet honneur.

Ce serait, de préférence, que d'autres écrivains n'ayant pas participé à la fatwa contre  la commémoration des 200 ans d'indépendance d'Haïti en 2004, quelles que pourraient être leurs qualités, ne seraient tout simplement pas mis à l'honneur.

Jacques Roumain Jacques Stephen Alexis, Marie Vieux, entre autres grands de la littérature haïtienne,  ont-ils été jamais récompensés par la France ?

Pourtant, il s'agit là d'auteurs majeurs, écrivant en français de France, qui ont influencé la majorité des écrivains haïtiens, dont ceux de la génération du Collectif Non qui ne se gênent  paspour prendre une "roulib" sur leurs talents.

D'ailleurs, Roumain n'avait-il pas été brièvement emprisonné en Frane pour avoir dénoncé le massacre des Haïtiens par Trujillo ?

 

Si la dite élite économique a pris en otage le développement matériel d'Haïti, la dite élite intellectuelle a fait de même au niveau des lettres.

Du fait d'avoir été décorés et récompensés par des prix littéraires par la France, ce noyau d'intellectuels qui naviguent entre Haïti, le Canada et la France, croit dur comme fer qu'ils ont autorité, non seulement sur la littérature, mais sur l'ensemble de la production culturelle haïtienne qu'ils enferment dans une sorte de ghetto bon chic, bon genre- avec des petits côtés d'incursion dans le populaire pour faire local.

Ces deux prises en otage : culturelle et économique s'associent (comme on l'a vu en 2004) pour maintenir les privilèges des uns et des autres et pour contingenter, refouler dans les marges, toute forme de contestation et d'innovation.

Cela n'a pas dû vous échapper l'augmentation des activités dites culturelles depuis l'arrivée de Martelly et des enfants du duvaliérisme au pouvoir : dîner en blanc, découverte des maisons gingerbreads, nuit blanche, festivals de jazz,  prestation de chanteurs has been français en mal de public et tout récemment rencontre avec les Amérindiens du Canada.  Un coup d'oeil à l'Agenda rend compte de ce menu culturel copieux. Ne vous attendez pas à trouver dans ce programme des prestations en danse, en musique, en gymnastique, en théâtre ou que sais-je d'autres de jeunes de milieux populaires. Non, ce serait  considéré comme du populisme pour les gnbistes et Tèt Kale de créer des écoles d'art pour les pauvres.

 

Quand on connait les conditions de vie de ces indigènes canadiens et du sort fait à leurs femmes, c'est gros comme une maison cette récupération.

La Fokal de Soros administrée par Mme Pierre-Louis, joue un rôle déterminant dans cette stratégie de divertissement bon chic, bon genre- à l'opposé des manifestations carnavalesques du pouvoir roz.

Manifestations destinées à un autre groupe social -classe moyenne inférieure et supérieure- mais jouant au niveau de ce public un rôle plus ou moins similaire de démobilisation. Il s'agit de le rallier à une sorte d'hédonisme à la Duvalier Jean-Claude (cocktail maison de fric, d'arrogance, de sexe et de Kultur) afin de l'éloigner des questions fondamentales, du terre à terre qui concerne la vie économique et sociale de la majorité de la population.

C'est ainsi que vous aurez remarqué le silence complice de ces zentellectuels face aux dysfonctionnements  crevant les yeux du régime Tèt Kale au cours de ces dernières quatre années.

Et c'est ainsi qu'il aura fallu un écrivain péruvien, plutôt de droite, Mario Vargas Llosa, pour dénoncer à haute voix dans El Pais, le mauvais  sort fait aux Haïtiens d'origine dominicaine et pour demander au pape de destituer le cardinal qui appelle à la haine contre les Haïtiens.

Et être "puni " aujourd'hui pour son audace par le ministre de la Culture de la RD.

Cependant,  il faut dire que Vargas  n'en a cure de cette exclusion, il n'a nul besoin pour sa survie économique et sa renommée d'une reconnaissance de la RD.

A l'encontre des zentellectuels  haïtiens ...

 

 

 

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