Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Haïti et l’Afrique Noire: de la primauté à la marginalité, du modèle au contre-modèle (3) - Par André Ntonfo

Publié par André Ntonfo sur 24 Juin 2015, 11:04am

Catégories : #CULTURE

Après le vote pour les présidentielles de 2011

Après le vote pour les présidentielles de 2011

Dans cette  partie de l'article dont vous pouvez lire ici, et ici  les précédentes publications, l'auteur parle des stratégies utilisées par l'ex-Métropole coloniale pour subvertir le modèle et le déposséder de ses valeurs.  Principalement via, ce qu'il appelle le cheval de Troie, de l'Education dont l'a mission sera de produire des élites acquises à la suprématie de la culture française. 

 

"la remise par Haïti de son sort culturel entre les mains de l’ancienne 

métropole n’était en fait qu’une conséquence en partie de ce que Edouard 

Glissant a appelé « des stratégies de ruse et dépossession » imaginées par les 

anciens maîtres pour vider l’indépendance haïtienne de son contenu véritable. "

 

Et la duplication de ces stratégies en Afrique après l'indépendance avec les mêmes résultats : une éducation extravertie

"En d’autres termes, la culture africaine, 

pour ne pas dire l’Afrique tout court, et avec ses exigences de 

développement, n’a pas véritablement fait son entrée à l’école, ou, si l’on 

préfère, cette dernière n’est pas encore pensée en fonction du type d’homme 

ou de citoyen à former. 

 

Une école qui n'est pas pensée en fonction du type d'homme et de citoyen à former . C'est la description de celle d'Haïti ( en y ajoutant le problème d'un enseignement dans une langue étrangère). Quand je disais que dans un autre contexte,  si Martelly avait  été dirigé - imaginons l'impossible en  Haïti-  par des conseillers en éducation dans une école de théâtre, genre "Actors Studio" , ce n'était pas une blague. Haïti se serait passé de faire l'expérience d'un mauvais président et, a contrario ,aurait gagné un excellent acteur.

 

 

Enfin, le constat  qui clôt cette partie, laisse augurer du pire avec la demande de Martelly à Hollande d'envoyer des profs retraités et la propsition  de Hollande de remplacer le paiement de la rançon par une aide à l'éducation des Haïtiens. Surtout quand on est au fait des problèmes que la France rencontre avec son système éducatif, qui sont à l'ordre du jour, et par ailleurs la place qu'elle occupe au niveau de l'éducation  dans le classement de l'UE.

 

Au regard de telles réalités, il y a lieu d’affirmer qu’en matière de pédagogie, l’ancienne métropole a organisé et avec succès, en Afrique francophone comme ce fut le cas en Haïti, la mise en place de mécanismes de contrôle de l’inconscient collectif, par le biais d’une école empruntant ailleurs à la fois son contenu et son véhicule. 

 

A ce propos il serait utile de relire le texte de Leslie Péan qui montre -ce dont l'auteur n'est pas forcément au courant- l'exception à la règle avec le Roi Christophetout à fait conscient de l'importance de s'éloigner de l'héritage colonial et  va focaliser sur un programme d'éducation devant 

 

"Mais le plus grand investissement de Christophe fut sans doute dans l’éducation. Il créa une quinzaine d’écoles primaires et secondaires publiques, une école de dessein, une école de musique, et fit venir d’Angleterre des professeurs pour dispenser des cours en anglais et en français dans les disciplines suivantes : arithmétique, grammaire, histoire, géographie, latin, anglais et français. Une académie royale dispensait des cours de mathématiques, de chimie, de littérature et une école de médecine fonctionnait sous la supervision de Duncan Stewart, son médecin personnel. Christophe adopta le système d’enseignement lancastérien permettant aux élèves les plus avancés d’enseigner aux autres. Grâce à l’appui de Clarkson et de Wilberforce, il recruta six professeurs anglais qualifiés dans cette méthode qui lui permirent d’ouvrir six écoles lancastériennes à Sans-Souci, Cap-Henry, Port-de-Paix, Gonaives, Saint-Marc. Pour Christophe, le meilleur moyen de combattre l’héritage esclavagiste était de dispenser l’éducation à tous. Pour cette raison essentielle, il en fit la priorité de son gouvernement. "  

 

 

Enfants sans chaises à l'école

Enfants sans chaises à l'école

4 La République noire dans la conscience collective et l’imaginaire haïtiens: de la liquidation de l’identité nègre 

 

     En effet, le pouvoir mulâtre qui s’installa en Haïti à la faveur de la victoire du Sud de Pétion (mulâtre) sur le Nord de Christophe (noir), sous prétexte de briser le mur de l’isolement qui s’était construit autour de la jeune République, non seulement mit beaucoup d’acharnement à en évacuer l’identité nègre telle que définie par Jean Jacques Dessalines, le fondateur, 

mais encore rétablit l’ancienne métropole dans le rôle de modèle et de tuteur 

la République d’Haïti. 

 

      Et parce que l’école est le lieu par excellence de transmission de l’héritage d’un peuple, la France entre les mains de laquelle avait été remis le sort de la République qui ne se voulait plus nègre, réussit assez rapidement à piéger le système éducatif haïtien, à y installer en divers points des espèces de « chevaux de Troie », c’est-à-dire des instances de contrôle de l’intérieur de

l’inconscient collectif. En effet, ce fut une école où les quelques privilégiés qui y avaient accès étaient nourris de littérature, d’histoire, de géographie de l’ancienne métropole, une école d’où était évacué tout ce qui pouvait se rapporter aux réalités haïtiennes et aux origines africaines des 95% de la populations de la République. J. R. Coulthard résume parfaitement bien cette 

nouvelle donne culturelle dans son ouvrage, Race and color in Caribbean literature, quand il écrit : 

 

     After Haiti become independent in 1804, the French cultural link was not broken. Indeed, to Haitian thinkers of the nineteenth century, culture and civilisation were essentially French. French culture. French Civilisation […] The literary ideals of Haitian intelligentsia were French (COULTHARD, 1962, p. 62) 

 

   ( Après que Haïti fût devenue indépendante en en 1804, le lien culturel avec la France ne fut point brisé. En effet, pour les penseurs haïtiens du 19ème siècle, la culture et la civilisation étaient essentiellement françaises. […] Culture française, civilisation française. Les idéaux littéraires de 

l’intelligentsia haïtienne étaient français. )

 

    Alain Baudaut ne dit pas autre chose quand il affirme : La République noire indépendante depuis 1804 fondait la quête de l’identité culturelle sur une fidélité certaine aux valeurs de la civilisation française (BAUDOT, 1977). 

 

 

      C’est dire que l’école fut en Haïti le lieu par excellence de déploiement de la forme la plus insidieuse d’aliénation par rapport au projet initial des pères fondateurs dont l’héritage était malheureusement tombé entre les mains d’hommes préoccupés, non seulement de liquider tout ce qui pouvait rappeler l’idéal dessalinien, mais encore de se faire délivrer un certificat de civilisation à l’européenne. Ainsi la France continua à jouir pratiquement de son statut antérieur de mère-patrie. Ghislain Gouraige relève fort opportunément, dans La Diaspora d’Haïti et l’Afrique, l’état d’esprit qui prévalait à l’époque : 

 

On disait de la France qu’elle était la reine des nations. 

On lui attribuait le rôle de phare de la latinité dans le 

monde […] Haïti fille aînée de la France, vénérait la 

France comme une mère. Les Haïtiens célébraient en 

elle la mère nourricière d’Haïti. La mère protectrice 

également […] La similitude de langue, de culture, 

semblaient justifier les Haïtiens de lier leur sort à celui 

de la France (GOURAIGE, 1974, p. 110). 

 

     Au plan de la création imaginaire, le résultat, comme on pouvait s’y attendre, en fut, d’abondantes œuvres d’inspiration néo-classique, romantique, symboliste, parnassienne, réaliste.. dont les auteurs revendiquèrent parfois bruyamment, à l’instar d’Etzer Vilaire, « l’avènement 

d’une élite haïtienne dans l’histoire littéraire de la France » (PRADEL POMPILUS, 1947, p. 21).  

 

       Ainsi donc, être reconnu par la France fut l’aspiration de bien des écrivains haïtiens tout au long du premier siècle de l’indépendance et même au-delà. C’est dire que le destin post-colonial de la Première République noire fut, en matière de littérature et de langue d’écriture, comme dans bien d’autres domaines, fortement déterminé par la présence active de l’ancienne métropole.  

 

 

5 Des stratégies de dépossession et de subversion du modèle. 

 

        La remise par Haïti de son sort culturel entre les mains de l’ancienne métropole n’était en fait qu’une conséquence en partie de ce que Edouard Glissant a appelé « des stratégies de ruse et dépossession » imaginées par les anciens maîtres pour vider l’indépendance haïtienne de son contenu véritable. Ainsi, en plus de la liquidation de l’identité nègre dont on a fait porter le chapeau aux Haïtiens, comme je l’ai relevé plus haut, la dette de l’indemnisation et la souveraineté sous haute surveillance constituèrent les armes les plus dévastatrices contre la République Noire. 

 

        En effet, en imposant à Haïti le versement d’une lourde indemnité de 150 millions de francs dans le but, comme le relève ironiquement Rolph Trouillot dans Silencing the past, de « reconnaître sa propre défaite » (TROUILLOT, 1995, p. 95) la France mit dès le départ l’économie haïtienne en coupe réglée et en situation de produire uniquement pour payer ses dettes. 

 

     Mais au-delà de cette situation de fait et du paradoxe du vainqueur indemnisant le vaincu4, il me semble qu’il faut ré-interprêter cette indemnisation à la lumière du Code Noir (1685). Il stipulait en effet que l’esclave ne pouvait tenir sa liberté que, ou de la magnanimité du maître ou d’un rachat personnel, c’est-à-dire en dédommageant le maître pour la force de travail dont il le privait en se libérant. Or de toute évidence, Haïti avait échappé à l’une et l’autre de ces deux catégories. Aussi y a-t-il tout lieu de penser que l’indemnisation ne fut qu’une ruse pour contraindre les anciens esclaves d’Haïti à payer le prix d’un affranchissement qui avait échappé aux catégories prévues dans le Code noir. Et, comme dit Jean Metellus, en acceptant le principe de l’indemnisation, Haïti inaugura, bien avant la lettre, la dette du Tiers-monde dont il est aujourd’hui établi qu’elle est une des causes premières de son sous-développement. 

 

     Et c’est ici le lieu de rappeler que cette stratégie de la dette n’a vraiment jamais cessé d’être appliquée à Haïti. Et pour aller droit à l’occupation américaine de 1915, il apparaît que les occupants en ont usé de manière évidente, en faisant une obligation à Haïti d’emprunter la lourde 

somme de 40 millions de dollars du trésor américain. Il ne pouvait y avoir meilleurmoyen de pomper tout ce qui tombait dans les caisse de la Banque Nationale Haïtienne au nom duremboursement de la dette5 . Et comme le relève si opportunément Brian Weinsler et Aaron Segal dans leur ouvrage Haïti Political Failures, Cultural Successes, l’emprunt eu un impact plus 

négatif sur le pays que l’occupation elle-même, puisque le remboursement continua pendant près de onze ans après le départ formel des occupants6.

 

     Le deuxième type de stratégie fut, comme je l’ai relevé plus haut, une souveraineté ou indépendance sous contrôle. En effet, malgré la reconnaissance de son indépendance, en 1825 par la France et 1864 par les Etats-Unis, Haïti n’a vraiment jamais été acceptée pour ce qu’elle était, à savoir une nation indépendante et souveraine. Tout laisse en effet à penser que les deux grandes puissances n’ont jamais consenti à la laisser exercer sa souveraineté, à se tenir à l’écart de sa politique intérieure et extérieure. Elles ont manœuvré de diverses manières pour la contrôler, influençant le choix de ses dirigeants, exacerbant les conflits de couleurs entre mulâtres et noirs. A ce propos les événements qu’a connu Haïti durant les dernières décennies, marquées par le règne des Duvalier et la grande instabilité qui s’en est suivi, marquées aussi par l’élection de Jean Bertrand Aristide, son renversement par coup d’état, son exil au Etats-Unis, son retour en Haïti et sa ré-élection à la Présidence de la République, marquées encore par les différents embargos imposés au pays, tout cela montre à merveille combien les ficelles de la souveraineté haïtienne sont tirées par d’autres7 . Et quelle que soit la période considérée de son histoire, cela se vérifie. Et l’occupation américaine de 1915, intervenu 111 ans après l’indépendance en fut le premier point culminant. 

 

 

 

6 D’Haïti à l’Afrique contemporaine 

6.1 Quand les mêmes stratégies produisent les mêmes résultats 

 

      Quand on considère, sous l’éclairage de l’expérience haïtienne ainsi décrite, ce qui s’est passé en Afrique subsaharienne, notamment francophone, au lendemain des indépendances tombées en cascade dans les années 1960, on en vient à l’évidence que le vécu de la Première République Noire, comme « Fille aînée de l’Afrique », comme modèle ou contre modèle, selon la manière dont on le prend, n’aura point été mis à profit par les jeunes nations africaines. 

 

        Mais pour tirer les leçons de ce vécu, il eut fallu le connaître, il eut fallu que les Africains qui prenaient en charge les affaires de leur pays aient eu l’opportunité de revisiter les lieux de mémoire haïtiens, lesquels les auraient naturellement édifiés quant à ce qu’il fallait faire ou ne pas faire pour assurer une réelle indépendance à leurs pays. Il aurait fallu que l’histoire d’Haïti ait figuré quelque part dans les manuels et autres ouvrages au programme des divers ordres d’enseignement. Or ces pays tenaient leur indépendance de la même Métropole qui, plus de 150 ans auparavant, avait tout mis en œuvre pour évacuer de la conscience collective, à l’extérieur 

comme dans l’ancienne colonie, tout ce qui pouvait rappeler l’affront de 1804. 

 

      Dans ces conditions, l’on comprend que dans une Afrique où la puissance coloniale française visait uniquement à former des auxiliaires de l’administration, capables de transmettre des ordres, l‘école fût limitée au strict minimum, et que l’histoire d’Haïti, au-delà de son caractère 

éminemment subversif, était loin de constituer une préoccupation et d’apparaître dans les programmes. 

 

          Et cette stratégie d’occultation a tant et si bien réussi que l’élite politique et intellectuelle africaine est entrée dans l’indépendance comme s’il n’y avait pas eu de précédent dans le monde noir, comme si la riche expérience haïtienne n’avait pas existé. Et même si a partir de la fin de la 

première décennie de l’indépendance, on trouve trace d’Haïti dans la conscience collective et l’imaginaire africains, c’est uniquement dans les milieux scolaires et universitaires et la à la faveur de la mise au programme, dans quelques cas plutôt rares, de La Tragédie du Roi Christophe (1963) d’Aimé Césaire qui a été enseigné aussi bien au secondaire qu’au supérieur 

dans un pays comme le Cameroun. Encore que ce fut moins pour ce que la pièce révélait d’Haïti que par rapport au bilan qu’Aimé Césaire avait voulu y dresser des premières années des indépendances africaines. Tant et si bien que l’on a souvent enseigné La Tragédie du roi Christophe en Afrique, singulièrement au Cameroun, sans se préoccuper de l’inscrire dans son 

contexte référentiel qu’est Haïti, c’est-à-dire sans y voir aussi une relecture et une projection de l’histoire haïtienne qui continuait du reste de se répéter dans ces mêmes années 1960. 

 

           Le modèle/contre-modèle ainsi ignoré ou évacué par la ruse de l’ancien colonisateur, l’Afrique francophone n’échappa point à la stratégie de la déportation par la culture expérimentée en la Première République Noire. En effet, tout comme en Haïti, l’indépendance politique n’entraîna point la rupture du lien de dépendance culturelle. L’école héritée de la période coloniale, celle dite de «leurs ancêtres les Gaulois», a continué à dispenser un enseignement complètement extraverti et à former une élite dont la mission paraît avoir été de perpétuer, à divers niveaux de la vie nationale, cette extraversion. Ambroise Kom exprime avec vigueur, dans son ouvrage au titre provocateur, La Malédiction Francophone, Défis culturels et condition post-coloniale en Afrique, cette réalité d’une école extravertie et nullement soucieuse de promouvoir le développement des nouveaux Etats. Il écrit : 

 

Au lendemain des indépendances, les pays de 

l’Afrique francophone subsaharienne n’ont pas adopté 

une nouvelle politique de l’instruction. On s’est avant 

tout affairé à la formation des agents et des cadres 

pour prendre en main les tâches précédemment 

dévolues aux agents et aux administrateurs des 

colonies. La pédagogie répressive et extravertie de la 

période coloniale s’est affirmée et même instituée. En 

dehors de quelques ouvrages d’histoire et d’instruction 

civique (…), les autres aspects des programmes sont 

restés étonnamment conformes aux finalités de la 

formation des auxiliaires de la colonisation (KOM, 

2000, p. 123) 

     

        A ce propos, il est en effet significatif qu’aucun Etat de l’Afrique subsaharienne, ancienne colonie française tout au moins, n’ait, en plus de 40 ans d’indépendance, mis en œuvre une politique de réforme du système éducatif et des programmes digne de ce nom. Il est significatif que les accords de coopération qui ont été imposés a ces Etats au lendemain de l’indépendance n’aient jamais été remis en cause, même si à l’évidence, il s’agissait de grossières supercheries. En d’autres termes, la culture africaine, pour ne pas dire l’Afrique tout court, et avec ses exigences de développement, n’a pas véritablement fait son entrée à l’école, ou, si l’on préfère, cette dernière n’est pas encore pensée en fonction du type d’homme ou de citoyen à former. 

 

       Mais il faut bien le dire, l’école post-coloniale ne s’est pas implantée et perpétuée sans la complicité active des nationaux qui, comme dans le cas haïtien, se sont montrés d’ardents défenseurs d’une pédagogie complètement extravertie . Comment ne pas évoquer ici, pour illustrer cette complicité, le cas de cet universitaire Camerounais, spécialiste, qui plus est, de La Fontaine, l’illustre fabuliste français, se scandalisant à l’idée d’une africanisation des programmes dans son université et qui s’est indigné: "Vous n’allez tout même pas enseigner les contes africains à nos enfants." 

 

Au regard de telles réalités, il y a lieu d’affirmer qu’en matière de pédagogie, l’ancienne métropole a organisé et avec succès, en Afrique francophone comme ce fut le cas en Haïti, la mise en place de mécanismes de contrôle de l’inconscient collectif, par le biais d’une école empruntant ailleurs à la fois son contenu et son véhicule.  ( A suivre)

 

 

 

                                                

4 L’indemnisation de 150 millions de francs imposée à Haïti par la France et que le Président Boyer accepta de payer représente un des plus grands paradoxes de l’histoire militaire des peuples, puisque dans le cas d’espèce, c’est le vainqueur qui indemnise le vaincu. 

 

5  Il est aujourd’hui établi que la dette a été une arme redoutable dont les grandes puissances ont régulièrement fait usage en Haïti pendant le 19è et le 20è siècles. Et l’impact en a été tel sur les finances haïtiennes, au lendemain de l’occupation américaine de 1915 où il fut imposé un emprunt de 40 millions à la Banque Nationale d’Haïti, qu’un Conseiller financier américain, un certain Dr W.W Cumberland a pu dire que « Haïti prêtait de l’argent à Wall Street » Voir à ce 

propos l’ouvrage de BELLEGARDE, Dantès. La resistance haïtienne : l’occupation 

américaine en Haïti. Montréal: Beauchemin, 1937. p. 132. 

 

6  Les deux auteurs relèvent dans le dit ouvrage qu’en 1934, quand les Américains mirent fin à leur occupation, ils laissèrent sur place les agents du trésor pour s’assurer que Haïti continuerait à payer ses dettes qui s’élevaient à 11 millions de dollars. Voir p. 28. 

 

7 A l’observation, il apparaît clairement que la plupart des dictatures qui ont prospéré en Haïti comme en Afrique d’ailleurs, ont pratiquement toujours bénéficié du soutien actif de quelque grande puissance, sinon de plusieurs à la fois. Et si ces dernières donnent parfois l’impression de combattre ces dictatures après coup, c’est toujours après les avoir utilisées à fond pour la défense de leurs intérêts. 

 

 

 

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents