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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Lettre ouverte au compagnon Jean-Charles Moïse - Par Obed Alexis

Publié par Obed Alexis sur 6 Juin 2015, 10:53am

Catégories : #AYITI ACTUALITES

Lettre ouverte au compagnon Jean-Charles Moïse - Par Obed Alexis

Cher Jean-Charles Moise, honneur et respect !

 

            Tout d'abord, permets-moi de t'exprimer ma haute considération pour ton engagement constant  en faveur de l'instauration de la démocratie dans notre pays.

            C’est en qualité de patriote haïtien que je publie cette lettre ouverte qui t’est destinée* ; et  aussi aux personnalités progressistes, à la classe moyenne étudiante et aux intellectuels qui, pour une raison ou pour une autre, se sont écarté de l’Organisation. Si le contenu de la lettre t’est inconnu jusqu’ici, je t’avais néanmoins mis au courant sur ton Messenger de mon intention de l’écrire.

             Je participe officiellement, depuis peu, à l’organisation Fanmi Lavalas, après en avoir été de longues années un sympathisant. C’est en qualité d’homme libre que je prends cette initiative, sans en référer au parti, tout en étant aussi certain de respecter sa Charte.

            Mon cher Jean-Charles, Haïti traverse une crise politique structurelle depuis son accession à l’indépendance. L’unité politique a été réalisée et utilisée uniquement dans les luttes contre l’esclavagisme. Elle s’est arrêtée au soir du 31 décembre 1803 -même si ce premier janvier 1804 le peuple haïtien aura fait du concept de liberté, une réalité universelle du droit humain.

            Mais que reste-t-il après ?  Heureusement que le Bois-Caïman a accouché d’une famille haïtienne solidaire et unie malgré son appartenance à des ethnies différentes et diverses. Or, la classe politique s’est toujours montrée profondément divisée et rapace à travers l’histoire. Nos aïeux ont sans doute fait des erreurs, mais il faut tenir compte des moyens en leur possession et du contexte dans lequel ils vivaient.

            Le fait est que la classe politique, qui parle au nom du peuple, ne s’est jamais mise d’accord sur l’essentiel ; qui se résume à l’honneur, le respect, la justice, la compétence, le partage et l’unité. Cela parait simpliste à réaliser ; mais l’histoire montre que les politiques envoient généralement les masses populaires au charbon !

            Et tu sais pourquoi ? Chacun décortique les problèmes et leurs conséquences, mais personne ne propose les moyens à mettre en œuvre pour créer une alternative face à l’environnement économique et politique international. On reste constamment  dans un entre-soi haïtiano-haïtien, nourri de zen politique et d’attaques ad hominem ; sans prendre en compte que nous vivons dans un système mondialisé ou s’affronte le social contre le libéral et l’ultralibéral. Et nous savons que dans les pays ayant un Etat faible comme Haïti, l’ultralibéral,  stade suprême de la mondialisation, est porteur d’une culture de violence et de corruption. Demande à monsieur dix pour cent, il pourra t’en dire plus !

             On compte sur le Blan pour faire à notre place. Or celui-ci intervient parfois, quand il y a inaptitude à gouverner selon le mode de production capitaliste. Ou encore si vous représentez une menace pour ses intérêts idéologiques et économiques. Aujourd’hui, avec la mondialisation, les Etats faibles sont pris en main par les États forts, soit manu militari, soit via des gouvernements qui leurs sont imposés. Nous sommes les seuls à pouvoir apporter une alternative à cette politique. Elle passe par une indispensable unité au sein de sa propre organisation politique afin de constituer un rapport de force. L’unité doit être renforcée par l’appui des gouvernements étrangers qui partagent une vision similaire ou celui des courants démocratiques de tout horizon.

            Compte tenu de ce que je viens d’exposer, je me permettrai de te dire que ton choix de te mettre en dissidence et de te porter candidat à la présidence est inadéquat. Quand tu as organisé une manifestation devant l’ambassade américaine pour protester contre les Américains et la MINUSTAH, alors que l’organisation à laquelle tu appartenais en organisait une autre ailleurs pour un autre motif, je considère qu'il s’agit d’une erreur de stratégie. Même si un courant de Fanmi Lavalas a applaudi ton courage, néanmoins, tu ne peux pas ignorer que le Département d’Etat surveille le moindre faux pas de l’organisation, pour serrer les boulons au président Aristide. De même, j’avais aussi fermement condamné ton exclusion par le directoire. Il appartient à chacun, quelque soit la place qu’il occupe au sein de l’organisation, de faire son autocritique afin de construire l’unité du parti et également l’unité nationale fondée sur le principe démocratique.

            Je ne sais pas si tu as entrepris des négociations pour trouver une entente avec le président Aristide et le directoire. Cependant, camarade Jean-Charles, tu as exigé que le président Aristide fasse un choix entre toi et le directoire. En optant pour Maryse comme candidate à la présidence, il t’a clairement signifié son choix que, de mon côté, j'appuie sans réserve. Nou pran nan dlo cho e poukwapa pou n  pa pè dlo fwèt ? Nous devons aller aux élections pour les gagner. Et c'est avec Maryse Narcisse qui est le choix du parti. Et également un choix positif. C’est celui que la communauté internationale pourrait tolérer à défaut de nous exclure de la course aux élections comme c'est le cas depuis bientôt quinze ans. Si toi, tu devais être élu président, des détracteurs nationaux et internationaux maniganceraient, tout comme en 2004, pour déstabiliser le pays et te pousser à la sortie.

            Le courant dessalinien que tu représentes doit réintégrer la grande famille Lavalas pour aller aux élections unies. Je t’en prie, camarade, mets ton orgueil de côté. Il ne s’agit pas d’une histoire personnelle mais de l’avenir du pays. N’attends pas le second tour pour appeler à voter pour Maryse. Ensemble nous gagnerons dès le premier tour !

            Des Haïtiens de toutes sensibilités politiques essaient de diviser les leaders de la Révolution haïtienne alors qu’ils sont complémentaires et forment un tout : ceux qui se ressemblent s’assemblent ! Si la division politique a débuté ce premier janvier 1804, aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de reconstruire l’unité telle qu’elle avait été appliquée durant les luttes pour l’indépendance.

            Et si le principe d’ouverture de Toussaint Louverture était le mieux adapté pour qu’Haïti intègre concrètement le système capitaliste d’aujourd’hui ? C’est une question à laquelle je réfléchis sans que pour autant cela ne fasse de moi un fondamentaliste louverturien. S’agissant de l’unité de l’organisation, nous devons aboutir à la construction d’un grand parti dans le courant de la sociale démocratie internationale ; l’essentiel c’est de s’unir pour aller dans la bataille pour le développement et la démocratie, bataille qu'après celles de la libération effective des esclaves, il nous faut absolument gagner.

            De nombreux camarades lavalassiens pensent que c’est une chance pour l’organisation Lavalas d’avoir plusieurs candidats liés à Lavalas aux élections. Après toutes mes années de militance au parti socialiste français, je suis convaincu du contraire. Il y a certes, des divisions dans la classe politique française. Est-ce que, pour autant, il y a une quantité de candidats à la présidence ?

            Ansanm nou fô ! Camarade Jean-Charles, je t’en conjure, rejoins tanpri souple le parti Lavalas. 

           

            Vive l’unité de l’organisation Fanmi Lavalas,  vive l’unité de la société haïtienne !

 

                                                                                                         Obed Sergo ALEXIS

                                                                                                        

                                                                                                         Jou ki 3 jen 2015

 

 

*Camarade Jean-Charles, je ne sais pas si je dois m’excuser pour le tutoiement, Au Parti socialiste français où je suis membre,  tous les adhérents du simple militant au premier secrétaire, tout le monde se tutoie. Le parti est considéré comme une grande famille avec ses contradictions. Je conçois Fanmi Lavalas de la même manière dans les relations humaines.  

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M
un texte sans contenu et vide de sens. vous voulez plaire aux Américains ou du moins améliorer la condition des plus démunis?
Répondre
S
Qu'est-ce qui "sans contenu et vide de sens". Votre commentaire ou le texte ?<br /> A votre avis ?
M
Obed Sergo ALEXIS,<br /> <br /> Je partage votre analyse politique dans cette conjoncture . Monsieur Moise doit prendre son courage à deux mains et rejoindre Fanmi Lavalas sans condition.
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C
Ce n'est plus moise lavalassien, c'est un autre moise. Il est mieux et l'homme qu'il faut pour sortir haiti de cette crise,tout simplement il a besoin des esprits convergents pour former une solide equipe. Moisejean
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A
La fanmi LAVALAS ak tout Moise pa gen plas yo nan kous pou HAITI a. Yo twonpe vijilans nou déjà. Yo vyole konsyas nou. Nou twonpe konfyans nou. Nou pa kwè nan yo ankô. Yo kite yon move gou nan BOUCH nou.
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J
Let sa'a bel anpil wi, divizyon'an dja fet,mwn ta renmen Moise fe yon sel ak fanmi lavalas pou eleksyon'an,, s'il pa twota,,leas'a mwn tap we nou gen fos,? Yon sel nou feb,gade kijan yo van ayiti,,ansan'm , nap fo, pou nou ka bare diles drog yo,kidnape yo,,,ansan'm ansan'm ,nap sove ayiti.
A
Vous avez raison monsieur intel, Lavalas est mort pour les haitiens.

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