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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Haïti/ RD : après Trujillo, Fernandez et Medina ?

Publié par journal 509 sur 31 Juillet 2015, 10:34am

Catégories : #AYITI-RD relations

 


Les politiciens dominicains sont pris à leur propre piège ?


Malgré tous leurs avantages quantitatifs, ce sont les Dominicains qui sont pour l’instant bloqués.
Ils ne veulent pas accepter le face à face entre eux et Haïti sous la supervision de l’Organisation des Etats Américains (OEA), il n’est pas question non plus pour les autorités haïtiennes de leur adresser des excuses comme ils le réclament au préalable.

Cette dernière demande n’étant peut-être qu’une manoeuvre pour ne pas paraître s’opposer directement, frontalement à l’organisation continentale dont c’est le rôle premier : prévenir l’aggravation de conflits entre Etats membres.
Or en même temps ils ne peuvent pas continuer à pousser dehors des milliers d’immigrants haïtiens, y compris des descendants de ces derniers nés dans leur pays et qui se sont vus dépouiller de leur nationalité acquise par le droit du sol uniquement pour pouvoir les chasser un jour, les rendant du coup apatrides, ce qui constitue pour l’OEA une seconde préoccupation majeure, sinon la première.


‘Etranje pa mele’ …

Mais surtout, Santo Domingo a perdu l’avantage primordial qu’il avait jusqu’ici : un gouvernement haïtien acceptant de se courber devant lui pour éviter on ne sait quoi. Ce que certains acteurs haïtiens, et non des moindres, voient comme une option ‘sage, prudente et équilibrée.’ Mais que le président Michel Martelly a reconnu lui-même devant le dernier sommet de la Caricom (communauté Caraïbe), à la Barbade, comme ayant été une erreur de la part du gouvernement haïtien, les Dominicains en ayant uniquement tiré avantage pour accomplir leur dessein : faire partir les plus de 200.000 immigrants haïtiens dont soudain ils ne veulent plus, pour toutes sortes de raisons, y compris apparemment raciales. Eh oui !
En d’autres temps, et depuis le dictateur Rafael Trujillo, la solution était simple. ‘Etranje pa mele’. On n’avait pas besoin de l’OEA, ni même du Département d’Etat américain pour résoudre ce genre de difficultés. Dès qu’un pouvoir haïtien manifestait une quelconque velléité de tenir tête aux dirigeants du pays voisin, soit on complotait son renversement, souvent avec succès (comme le coup d’état militaire de septembre 1991 qui renversa le président élu Jean-Bertrand Aristide, qui avait eu l’audace de confronter le président Joaquin Balaguer toujours dans le dossier des immigrants haïtiens), soit par le chantage que Trujillo aurait utilisé avec succès pour rappeler à tel ou tel gouvernant haïtien ses engagements, souvent en lui faisant parvenir des reconnaissances de dettes signées de sa main, bref le plus honteux étant que c’est par leur veulerie que les gouvernants haïtiens se sont le plus souvent laissés manœuvrer. Et cela jusqu’à Baby Doc Duvalier, le président à vie et sa famille ayant tiré des millions du commerce du bois d’ébène (paysans haïtiens embarqués par-delà la frontière pour la coupe de la canne).
Or voici que cela avait commencé à très bien marcher aussi avec le gouvernement actuel …

Une occasion en or !

Une fois l’éclatement du dossier avec d’abord l’annonce que les Dominicains nés de parents haïtiens, ou même d’un seul parent haïtien, n’auront plus droit à la nationalité dominicaine, cela en vertu d’une nouvelle disposition constitutionnelle (168-13) mais dont on fait remonter exprès l’application jusqu’à 1929, eh bien on ne sait trop quelle mouche les a piqués, mais on voit le président Martelly et son premier ministre (lors), Mr Laurent Salvador Lamothe, sauter sur le dossier comme une occasion en or pour soi-disant remettre de l’ordre dans les relations commerciales entre Haïti et la République dominicaine qui accusent en effet un déséquilibre vertigineux (pour 2 milliards de dollars d’importations de nos voisins, nous leur exportons difficilement pour 500 millions).
Petit à petit, au fil des rencontres bilatérales, prises en main côté haïtien par Mr Lamothe comme seul et maitre, la question primordiale, celle de la ‘dénationalisation’ des Dominicains d’origine haïtienne ou même semi-haïtienne, puis de la menace d’expulsion massive de plusieurs dizaines de milliers d’immigrants sans papiers, est repoussée de côté pour se concentrer sur la seule option économique.

Sans crier gare …

Or c’est exactement ce qui a été délaissé par les Haïtiens, qui constituait l’objectif principal de la partie dominicaine qui a donc profité de la négligence haïtienne pour avancer leurs pions.
Et une fois encore, comme maintes fois dans notre Histoire, à l’insu de tout le reste du continent.
En effet, alors que la Caricom et l’OEA (via la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme. CIDH) s’étaient saisies de la question de la ‘dénationalisation’ comme une violation fragrante des droits humains ainsi que de nombreuses Conventions internationales, la décision du couple Martelly-Lamothe de traiter le dossier seulement au plan binational contraignit l’international à s’en dessaisir.
Puis, une fois sûr de son affaire, soudain le gouvernement du président Danilo Medina rappela, sans crier gare, que passé le 17 Juin 2015, tous les étrangers qui ne seront pas en règle avec le PNRE (Programme national de régularisation des étrangers) seront renvoyés illico dans leur pays. On parle de quelque 250.000 Haïtiens.

Du tac au tac …

Le gouvernement Martelly est pris de court. Entre-temps, Laurent Lamothe a été remplacé par un nouveau premier ministre, Mr Evans Paul, avec probablement moins d’intérêts personnels en jeu (Lamothe est lui-même un grand patron en affaires, ainsi qu’un potentiel candidat à la présidence). Le nouveau chef du gouvernement ne ménage pas ses mots pour répondre du tac au tac à nos voisins. Aussi n’a-t-il pas tardé à devenir la nouvelle cible de ces derniers qui pensent que en l’abattant, ils pourront à nouveau prendre le contrôle exclusif des événements.
Pendant que la señora Margarita Cedeño, actuelle vice-présidente et épouse de l’ex-président Leonel Fernandez, rejoint le chancelier Andres Navarro pour refuser la rencontre avec les Haïtiens sous les bons auspices de l’Organisation des Etats Américains, sous prétexte que l’OEA n’est pas partiale et a toujours pris parti en faveur de la partie haïtienne en matière migratoire (alors que pour les organisations haïtiennes de la société civile qui ont organisé le mardi 21 juillet écoulé une grande marche dite de la dignité à travers la capitale haïtienne, c’est d’une question d’apatridie et de menace de catastrophe humanitaire qu’il s’agit, donc qui relèvent du domaine des droits humains), la branche ultra-droite, avec les Vinicio Castillo, s’en prend directement à ce nouveau premier ministre qui utilise envers ses homologues de l’ancienne partie de l’Est un langage auquel ces derniers n’étaient plus habitués depuis, disons, le premier mandat d’Aristide (1991 – et à peine 7 mois seulement au pouvoir avant son renversement par un coup d’Etat militaire).

Les électeurs sont donc avertis …

Aussi pas étonnant que, pour ne pas perdre la face, la troisième voie pour nos voisins restent de comploter le renvoi de l’actuel premier ministre haïtien.
A moins d’attendre les élections haïtiennes qui renouvelleront en cette année 2015 tous les postes élus (moins un tiers du sénat), y compris celui de président de la république.
Et de ne pas hésiter à y mettre le prix comme autrefois. Comme avec le président Elie Lescot (1940-1946) mais qui eut quand même le mérite de ne pas avoir satisfait les visées expansionnistes de Trujillo, déchainant la haine de ce dernier.
Comme plus près de nous avec le président Martelly, on devait en effet apprendre à la faveur des démêlés du sénateur dominicain Felix Bautista, qui avait bénéficié de la majorité des contrats de reconstruction pour la capitale haïtienne détruite par le séisme de janvier 2010, qu’il avait donné de nombreux millions pour la campagne électorale de Michel Martelly.
Les électeurs de 2015 sont donc amplement avertis.http://www.journal509.com/politique/les-politiciens-dominicains-ont-pris-a-leur-propre-piege.html
 
Les politiciens dominicains sont pris à leur propre piège ?

Malgré tous leurs avantages quantitatifs, ce sont les Dominicains qui sont pour l’instant bloqués.
Ils ne veulent pas accepter le face à face entre eux et Haïti sous la supervision de l’Organisation des Etats Américains (OEA), il n’est pas question non plus pour les autorités haïtiennes de leur adresser des excuses comme ils le réclament au préalable.

Cette dernière demande n’étant peut-être qu’une manoeuvre pour ne pas paraître s’opposer directement, frontalement à l’organisation continentale dont c’est le rôle premier : prévenir l’aggravation de conflits entre Etats membres.
Or en même temps ils ne peuvent pas continuer à pousser dehors des milliers d’immigrants haïtiens, y compris des descendants de ces derniers nés dans leur pays et qui se sont vus dépouiller de leur nationalité acquise par le droit du sol uniquement pour pouvoir les chasser un jour, les rendant du coup apatrides, ce qui constitue pour l’OEA une seconde préoccupation majeure, sinon la première.

‘Etranje pa mele’ …
Mais surtout, Santo Domingo a perdu l’avantage primordial qu’il avait jusqu’ici : un gouvernement haïtien acceptant de se courber devant lui pour éviter on ne sait quoi. Ce que certains acteurs haïtiens, et non des moindres, voient comme une option ‘sage, prudente et équilibrée.’ Mais que le président Michel Martelly a reconnu lui-même devant le dernier sommet de la Caricom (communauté Caraïbe), à la Barbade, comme ayant été une erreur de la part du gouvernement haïtien, les Dominicains en ayant uniquement tiré avantage pour accomplir leur dessein : faire partir les plus de 200.000 immigrants haïtiens dont soudain ils ne veulent plus, pour toutes sortes de raisons, y compris apparemment raciales. Eh oui !
En d’autres temps, et depuis le dictateur Rafael Trujillo, la solution était simple. ‘Etranje pa mele’. On n’avait pas besoin de l’OEA, ni même du Département d’Etat américain pour résoudre ce genre de difficultés. Dès qu’un pouvoir haïtien manifestait une quelconque velléité de tenir tête aux dirigeants du pays voisin, soit on complotait son renversement, souvent avec succès (comme le coup d’état militaire de septembre 1991 qui renversa le président élu Jean-Bertrand Aristide, qui avait eu l’audace de confronter le président Joaquin Balaguer toujours dans le dossier des immigrants haïtiens), soit par le chantage que Trujillo aurait utilisé avec succès pour rappeler à tel ou tel gouvernant haïtien ses engagements, souvent en lui faisant parvenir des reconnaissances de dettes signées de sa main, bref le plus honteux étant que c’est par leur veulerie que les gouvernants haïtiens se sont le plus souvent laissés manœuvrer. Et cela jusqu’à Baby Doc Duvalier, le président à vie et sa famille ayant tiré des millions du commerce du bois d’ébène (paysans haïtiens embarqués par-delà la frontière pour la coupe de la canne).
Or voici que cela avait commencé à très bien marcher aussi avec le gouvernement actuel …

Une occasion en or ! …
Une fois l’éclatement du dossier avec d’abord l’annonce que les Dominicains nés de parents haïtiens, ou même d’un seul parent haïtien, n’auront plus droit à la nationalité dominicaine, cela en vertu d’une nouvelle disposition constitutionnelle (168-13) mais dont on fait remonter exprès l’application jusqu’à 1929, eh bien on ne sait trop quelle mouche les a piqués, mais on voit le président Martelly et son premier ministre (lors), Mr Laurent Salvador Lamothe, sauter sur le dossier comme une occasion en or pour soi-disant remettre de l’ordre dans les relations commerciales entre Haïti et la République dominicaine qui accusent en effet un déséquilibre vertigineux (pour 2 milliards de dollars d’importations de nos voisins, nous leur exportons difficilement pour 500 millions).
Petit à petit, au fil des rencontres bilatérales, prises en main côté haïtien par Mr Lamothe comme seul et maitre, la question primordiale, celle de la ‘dénationalisation’ des Dominicains d’origine haïtienne ou même semi-haïtienne, puis de la menace d’expulsion massive de plusieurs dizaines de milliers d’immigrants sans papiers, est repoussée de côté pour se concentrer sur la seule option économique.

Sans crier gare …
Or c’est exactement ce qui a été délaissé par les Haïtiens, qui constituait l’objectif principal de la partie dominicaine qui a donc profité de la négligence haïtienne pour avancer leurs pions.
Et une fois encore, comme maintes fois dans notre Histoire, à l’insu de tout le reste du continent.
En effet, alors que la Caricom et l’OEA (via la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme. CIDH) s’étaient saisies de la question de la ‘dénationalisation’ comme une violation fragrante des droits humains ainsi que de nombreuses Conventions internationales, la décision du couple Martelly-Lamothe de traiter le dossier seulement au plan binational contraignit l’international à s’en dessaisir.
Puis, une fois sûr de son affaire, soudain le gouvernement du président Danilo Medina rappela, sans crier gare, que passé le 17 Juin 2015, tous les étrangers qui ne seront pas en règle avec le PNRE (Programme national de régularisation des étrangers) seront renvoyés illico dans leur pays. On parle de quelque 250.000 Haïtiens.

Du tac au tac …
Le gouvernement Martelly est pris de court. Entre-temps, Laurent Lamothe a été remplacé par un nouveau premier ministre, Mr Evans Paul, avec probablement moins d’intérêts personnels en jeu (Lamothe est lui-même un grand patron en affaires, ainsi qu’un potentiel candidat à la présidence). Le nouveau chef du gouvernement ne ménage pas ses mots pour répondre du tac au tac à nos voisins. Aussi n’a-t-il pas tardé à devenir la nouvelle cible de ces derniers qui pensent que en l’abattant, ils pourront à nouveau prendre le contrôle exclusif des événements.
Pendant que la señora Margarita Cedeño, actuelle vice-présidente et épouse de l’ex-président Leonel Fernandez, rejoint le chancelier Andres Navarro pour refuser la rencontre avec les Haïtiens sous les bons auspices de l’Organisation des Etats Américains, sous prétexte que l’OEA n’est pas partiale et a toujours pris parti en faveur de la partie haïtienne en matière migratoire (alors que pour les organisations haïtiennes de la société civile qui ont organisé le mardi 21 juillet écoulé une grande marche dite de la dignité à travers la capitale haïtienne, c’est d’une question d’apatridie et de menace de catastrophe humanitaire qu’il s’agit, donc qui relèvent du domaine des droits humains), la branche ultra-droite, avec les Vinicio Castillo, s’en prend directement à ce nouveau premier ministre qui utilise envers ses homologues de l’ancienne partie de l’Est un langage auquel ces derniers n’étaient plus habitués depuis, disons, le premier mandat d’Aristide (1991 – et à peine 7 mois seulement au pouvoir avant son renversement par un coup d’Etat militaire).

Les électeurs sont donc avertis …
Aussi pas étonnant que, pour ne pas perdre la face, la troisième voie pour nos voisins restent de comploter le renvoi de l’actuel premier ministre haïtien.
A moins d’attendre les élections haïtiennes qui renouvelleront en cette année 2015 tous les postes élus (moins un tiers du sénat), y compris celui de président de la république.
Et de ne pas hésiter à y mettre le prix comme autrefois. Comme avec le président Elie Lescot (1940-1946) mais qui eut quand même le mérite de ne pas avoir satisfait les visées expansionnistes de Trujillo, déchainant la haine de ce dernier.
Comme plus près de nous avec le président Martelly, on devait en effet apprendre à la faveur des démêlés du sénateur dominicain Felix Bautista, qui avait bénéficié de la majorité des contrats de reconstruction pour la capitale haïtienne détruite par le séisme de janvier 2010, qu’il avait donné de nombreux millions pour la campagne électorale de Michel Martelly.
Les électeurs de 2015 sont donc amplement avertis.
http://www.journal509.com/politique/les-politiciens-dominicains-ont-pris-a-leur-propre-piege.html
 
Les politiciens dominicains sont pris à leur propre piège ?

Malgré tous leurs avantages quantitatifs, ce sont les Dominicains qui sont pour l’instant bloqués.
Ils ne veulent pas accepter le face à face entre eux et Haïti sous la supervision de l’Organisation des Etats Américains (OEA), il n’est pas question non plus pour les autorités haïtiennes de leur adresser des excuses comme ils le réclament au préalable.

Cette dernière demande n’étant peut-être qu’une manoeuvre pour ne pas paraître s’opposer directement, frontalement à l’organisation continentale dont c’est le rôle premier : prévenir l’aggravation de conflits entre Etats membres.
Or en même temps ils ne peuvent pas continuer à pousser dehors des milliers d’immigrants haïtiens, y compris des descendants de ces derniers nés dans leur pays et qui se sont vus dépouiller de leur nationalité acquise par le droit du sol uniquement pour pouvoir les chasser un jour, les rendant du coup apatrides, ce qui constitue pour l’OEA une seconde préoccupation majeure, sinon la première.

‘Etranje pa mele’ …
Mais surtout, Santo Domingo a perdu l’avantage primordial qu’il avait jusqu’ici : un gouvernement haïtien acceptant de se courber devant lui pour éviter on ne sait quoi. Ce que certains acteurs haïtiens, et non des moindres, voient comme une option ‘sage, prudente et équilibrée.’ Mais que le président Michel Martelly a reconnu lui-même devant le dernier sommet de la Caricom (communauté Caraïbe), à la Barbade, comme ayant été une erreur de la part du gouvernement haïtien, les Dominicains en ayant uniquement tiré avantage pour accomplir leur dessein : faire partir les plus de 200.000 immigrants haïtiens dont soudain ils ne veulent plus, pour toutes sortes de raisons, y compris apparemment raciales. Eh oui !
En d’autres temps, et depuis le dictateur Rafael Trujillo, la solution était simple. ‘Etranje pa mele’. On n’avait pas besoin de l’OEA, ni même du Département d’Etat américain pour résoudre ce genre de difficultés. Dès qu’un pouvoir haïtien manifestait une quelconque velléité de tenir tête aux dirigeants du pays voisin, soit on complotait son renversement, souvent avec succès (comme le coup d’état militaire de septembre 1991 qui renversa le président élu Jean-Bertrand Aristide, qui avait eu l’audace de confronter le président Joaquin Balaguer toujours dans le dossier des immigrants haïtiens), soit par le chantage que Trujillo aurait utilisé avec succès pour rappeler à tel ou tel gouvernant haïtien ses engagements, souvent en lui faisant parvenir des reconnaissances de dettes signées de sa main, bref le plus honteux étant que c’est par leur veulerie que les gouvernants haïtiens se sont le plus souvent laissés manœuvrer. Et cela jusqu’à Baby Doc Duvalier, le président à vie et sa famille ayant tiré des millions du commerce du bois d’ébène (paysans haïtiens embarqués par-delà la frontière pour la coupe de la canne).
Or voici que cela avait commencé à très bien marcher aussi avec le gouvernement actuel …

Une occasion en or ! …
Une fois l’éclatement du dossier avec d’abord l’annonce que les Dominicains nés de parents haïtiens, ou même d’un seul parent haïtien, n’auront plus droit à la nationalité dominicaine, cela en vertu d’une nouvelle disposition constitutionnelle (168-13) mais dont on fait remonter exprès l’application jusqu’à 1929, eh bien on ne sait trop quelle mouche les a piqués, mais on voit le président Martelly et son premier ministre (lors), Mr Laurent Salvador Lamothe, sauter sur le dossier comme une occasion en or pour soi-disant remettre de l’ordre dans les relations commerciales entre Haïti et la République dominicaine qui accusent en effet un déséquilibre vertigineux (pour 2 milliards de dollars d’importations de nos voisins, nous leur exportons difficilement pour 500 millions).
Petit à petit, au fil des rencontres bilatérales, prises en main côté haïtien par Mr Lamothe comme seul et maitre, la question primordiale, celle de la ‘dénationalisation’ des Dominicains d’origine haïtienne ou même semi-haïtienne, puis de la menace d’expulsion massive de plusieurs dizaines de milliers d’immigrants sans papiers, est repoussée de côté pour se concentrer sur la seule option économique.

Sans crier gare …
Or c’est exactement ce qui a été délaissé par les Haïtiens, qui constituait l’objectif principal de la partie dominicaine qui a donc profité de la négligence haïtienne pour avancer leurs pions.
Et une fois encore, comme maintes fois dans notre Histoire, à l’insu de tout le reste du continent.
En effet, alors que la Caricom et l’OEA (via la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme. CIDH) s’étaient saisies de la question de la ‘dénationalisation’ comme une violation fragrante des droits humains ainsi que de nombreuses Conventions internationales, la décision du couple Martelly-Lamothe de traiter le dossier seulement au plan binational contraignit l’international à s’en dessaisir.
Puis, une fois sûr de son affaire, soudain le gouvernement du président Danilo Medina rappela, sans crier gare, que passé le 17 Juin 2015, tous les étrangers qui ne seront pas en règle avec le PNRE (Programme national de régularisation des étrangers) seront renvoyés illico dans leur pays. On parle de quelque 250.000 Haïtiens.

Du tac au tac …
Le gouvernement Martelly est pris de court. Entre-temps, Laurent Lamothe a été remplacé par un nouveau premier ministre, Mr Evans Paul, avec probablement moins d’intérêts personnels en jeu (Lamothe est lui-même un grand patron en affaires, ainsi qu’un potentiel candidat à la présidence). Le nouveau chef du gouvernement ne ménage pas ses mots pour répondre du tac au tac à nos voisins. Aussi n’a-t-il pas tardé à devenir la nouvelle cible de ces derniers qui pensent que en l’abattant, ils pourront à nouveau prendre le contrôle exclusif des événements.
Pendant que la señora Margarita Cedeño, actuelle vice-présidente et épouse de l’ex-président Leonel Fernandez, rejoint le chancelier Andres Navarro pour refuser la rencontre avec les Haïtiens sous les bons auspices de l’Organisation des Etats Américains, sous prétexte que l’OEA n’est pas partiale et a toujours pris parti en faveur de la partie haïtienne en matière migratoire (alors que pour les organisations haïtiennes de la société civile qui ont organisé le mardi 21 juillet écoulé une grande marche dite de la dignité à travers la capitale haïtienne, c’est d’une question d’apatridie et de menace de catastrophe humanitaire qu’il s’agit, donc qui relèvent du domaine des droits humains), la branche ultra-droite, avec les Vinicio Castillo, s’en prend directement à ce nouveau premier ministre qui utilise envers ses homologues de l’ancienne partie de l’Est un langage auquel ces derniers n’étaient plus habitués depuis, disons, le premier mandat d’Aristide (1991 – et à peine 7 mois seulement au pouvoir avant son renversement par un coup d’Etat militaire).

Les électeurs sont donc avertis …
Aussi pas étonnant que, pour ne pas perdre la face, la troisième voie pour nos voisins restent de comploter le renvoi de l’actuel premier ministre haïtien.
A moins d’attendre les élections haïtiennes qui renouvelleront en cette année 2015 tous les postes élus (moins un tiers du sénat), y compris celui de président de la république.
Et de ne pas hésiter à y mettre le prix comme autrefois. Comme avec le président Elie Lescot (1940-1946) mais qui eut quand même le mérite de ne pas avoir satisfait les visées expansionnistes de Trujillo, déchainant la haine de ce dernier.
Comme plus près de nous avec le président Martelly, on devait en effet apprendre à la faveur des démêlés du sénateur dominicain Felix Bautista, qui avait bénéficié de la majorité des contrats de reconstruction pour la capitale haïtienne détruite par le séisme de janvier 2010, qu’il avait donné de nombreux millions pour la campagne électorale de Michel Martelly.
Les électeurs de 2015 sont donc amplement avertis.

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