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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


L'éditorialiste de Listin Diaro présente une version revue et corrigée du plan de régularisation

Publié par siel sur 27 Juillet 2015, 22:16pm

Catégories : #AYITI-RD relations

Tout d'abord le titre : The Dominican-Haitian Dispute Leaves the Most Vulnerable to Suffer

Ce qui signifie : Ce sont les plus vulnérables qui souffrent de la dispute entre la RD et Haïti .

Ce qui laisserait entendre qu'il y aurait des victimes des 2 côtés de la frontière et qui transforme un tantinet la réalité. 

Pour l'instant, les victimes sont les Haïtiens et les Dominicains descendants d'Haïtiens. A moins que la situation évolue de sorte que les échanges commerciaux en faveur de la RD seraient ralentis. Ce qui, bien entendu, toucherait certains  Dominicains pauvres qui eux également, à un autre niveau que les entreprises, vivent de ces échanges en revendant leurs produits soit agricoles ou de consommation courante dans le cadre du commerce informel aux Haïtiens.

Le commerce informel rapporte  annuellement des millions de dollars à la  RD.

Ce n'est pas rien du tout. Vu que le niveau de pauvreté chez les Dominicains "de souche" -pour employer le langage à la mode chez les crânes rasés  ici en France mais aussi chez tous les ultranationalistes fous en RD et ailleurs comme en AF. du Sud tout récemment avec les "pogroms" anti-étrangers- est important.

Dispute n'est pas le mot adéquat, conflit, en anglais conflict, serait le terme plus appproprié.

 

 

Conditions de vie dans les bateyes

Conditions de vie dans les bateyes

De la responsabilité du gouvernement de la RD

Pourquoi conflit ? Je le répète, parce que la dénationalisation est et reste une mesure fascisante, injuste et inacceptable. Il n'est pas possible qu'un Etat octroie la nationalité pendant des années à des personnes et que brusquement, il décide de la lui retirer. Ca ne se fait pas, comme disent les enfant ici, pour signifier que ce n'est pas juste ni correct.

Ces personnes, parce que travaillant et vivant sur le territoire dominicain pendant des années se trouvaient logiquement sous la responsabilité des autorités de ce pays.

Les personnes humaines ne sont pas des kleenex jetables après utilisation.

Ces personnes ont vécu dans les bateyes pendant des décennies.

Le gouvernement dominicain ne leur a apporté aucune protection. Il ne  leur a pas délivré de papiers d'identité. Il ne leur a pas octroyé l' accès aux soins de santé, à l'école, à la sécurité sociale.

Ce groupe  - ils sont combien ?- dit l'auteure, principalement des descendants d'Haïtiens mène une lutte depuis des années pour obtenir des certificats de naissance, une carte d'identité pour leurs enfants, pour avoir accès aux soins de santé, à un emploi, pour s'instruire au collège. Certains ont été dans l'incapacité de poursuivre une carrière à l'étranger parce que dans l'incapacité de se voir délivrer un passeports. Leur vie a été en suspens pendant presqu'une dizaine d'années depuis que le service national en charge de l'identification et des cartes électorales a décidé, à travers une note administrative, qu'il devrait avoir une enquête sur les gens portant un nom "bizarre" afin de vérifier l'authenticité de leur enregistrement.

Ce n'est pas moi qui le dit. C'est une traduction de l'extrait ci-après. 

 

That group, mostly of Haitian descent, had been struggling for years to get birth certificates to register their own children, to access healthcare or jobs and to enroll in college. Some could not pursue careers abroad because they couldn't get a passport. Their lives had been on hold for almost a decade since the National Registration and Elections Board (Junta Central Electoral) determined, by an administrative memo, that people with "odd names" had to be examined to verify the authenticity of their registration.

Au centre Medina président de la RD et Fernandez ex-président.

Au centre Medina président de la RD et Fernandez ex-président.

Comment le gouvernement de la RD fait basculer ses propres responsabilités sur le dos  du gouvernement haïtien 

Le gouvernement de Medina fait porter l'échec -ou la non volonté-  des gouvernements antérieurs à régulariser les Dominicains d'acendance haïtienne, à Haïti  parce qu'elle ne leur aurait pas procuré de papiers d'identité.

Le décret portant  la dénationalisation des gens vivant sur le territoire dominicain depuis 1929 touche principalement les personnes qui ont été utilisées pour couper la canne, travailler dans la banane depuis 1929.

Or, comment les gouvernements haïtiens auraient t-il pu procurer des papiers d'identité à ces personnes vivant dans les bateyes depuis des décennies, nées sur le sol dominicain, donc, ne relevant pas de son autorité ?

Les gouvernements de la RD n'ont jamais entrepris après chaque zafra de rapatrier les Haïtiens, ni non plus exiger du gouvernement haïtien qu'il le fasse, -comme il sait très bien le faire pour obtenir de la main d'oeuvre-.

On peut le comprendre. Parce que, exactement comme dans le système esclavagiste, en maintenant les travailleurs sans identité et leurs progénitures sur place, les entrepreneurs se garantissaient des générations de coupeurs de canne, pris en otage, sans recours, avec l'assurance de reproduction de la force de travail à peu de frais.

 

 

Sources :  http://braceros.blogspot.fr/

Sources : http://braceros.blogspot.fr/

Comment le gouvernement de la RD transforme des travailleurs réclamés et obtenus, dont les descendants sont nés sur son territoire, en envahisseurs 

La propagande du PLD, comme celle des nazis - désolée, mais quoi que dise l'auteure elle donne raison à ce parallèle quand elle mentionne le mémo administratif requérant une enquête sur les  personnes portant des noms "bizarres."

Noms bizarres également sous le IIIème Reich, que l'on disait à consonnance juive. En RD bizarres, parce qu'à consonnance française ou créole.

Or, ce que l'auteure s'abstient de rappeler c'est, encore une fois et je le répète, sur demande des autorités de la RD : Trujillo, Balaguer, Fernandez, que les gouvernement haïtiens  ont,  moyennant  rétribution- et c'est bien évidemment odieux-  expédiés ces travailleurs en RD.

La presse de la RD ne mentionne jamais ce fait déterminant  qui implique la responsabilité de la RD par rapport à cette présence haïtienne sur son territoire.

C'est la RD qui a donc demandé et parfois exigé en usant de menaces que les gouvernements haïtiens lui fournissent les bras nécessaires année après année, depuis 1929  au moins, pour couper la canne à chaque récolte.

Ces personnes vulnérables ont été -sont-  durement exploitées, d'autant plus qu'elles n'avaient  -n'ont- aucune existence légale.

Les gouvernements de la RD ont failli totalement à ce qui était de leur devoir: recevoir correctement, protéger cette population d'immigrés dans les bateyes et lui accorder des droits . A eux et à leurs enfants nés dans ces bateyes au moment où le droit du sol était en application.

Cette réalité documentée et connue du monde entier est niée par Navarro l'arrogant ministre des Aff. étrangères de la RD, par l'ensemble du staff du PLD, à commencer par le président du parti : Leonel Fernandez.

La source du conflit  ne se trouve nulle part ailleurs que dans la décision de la RD de refuser à cette population ses droits et, d'autre part, de "dénationalsier" ceux qui les avaient acquis.

 
Sources : http://nancyroc.com/francois-guillaume-ii-a-saint-domingue

Sources : http://nancyroc.com/francois-guillaume-ii-a-saint-domingue

De la responsabilité des gouvernements haïtiens

Quand nous accusons le gouvernement de la RD de mentir en n'exposant que partiellement la réalité, ça ne signifie pas pour autant qu'il faille dédouaner les gouvernements haïtiens.

Le seul chef d'Etat à avoir adressé la question des conditions de vie des travailleurs haïtiens dans les bateyes en RD, est Aristide.

Ce qui n'a pas plu ni à la RD, ni à ses entrepreneurs, ni à ceux d'Haïti, ni à la classe moyenne qui, par la suite, deviendra grenn-nanbounda. Son intervention avait été qualifiée du mot passe partout " populiste" par tout ce monde.

Il y a eu le massacre des Haïtiens par Trujillo et les quelques dollars par tête d'homme, de femme et d'enfant tués offerts en compensation par le même Trujillo. Argent accepté par le gouvernement haïtien et qui n'est pas allé aux victimes et aux parents des victimes par ailleurs.

Depuis cette date où le gouvernement s'est comporté de manière totalement indigne en acceptant -déjà- un dialogue bilatéral au lieu de porter l'affaire devant les tribunaux internationaux, jusqu'à aujourd'hui, les gouvernements haïtiens n'ont jamais protégé leurs ressortissants en RD.

Bien au contraire, ils les ont livré aux entrepreneurs de la RD, à charge pour eux de se débrouiller avec "ça" et en échange de les payer.

En principe, dans les accords régissant ce trafic humain, il était question de rapatrier après chaque zafra les travailleurs.

Haïti, de même que la RD a choisi de laisser ses ressortissants dans les bateyes pour différentes raisons, dont la non-volonté de mener une politique agricole qui aurait permis à ces paysans de n'être que des saisonniers en RD. Et, de retour au pays natal reprendre leurs activités.

Des travailleurs saisonniers, il y en a plein de par le monde. Ici, au moment des récoltes de fruits, des vendanges (raisin) Espagnols, Italiens, des frontaliers, citoyens de pays moins prospères (because of dictature) arrivaient tous les étés et repartaient chez eux. Evidemment, un petit contingent s'arrangeait pour rester sur place dans l'illégalité et essayer d'obtenir des papiers. Parce qu'il ne faut pas oublier que grande était la misère dans ces pays là.

De même, la France a fait venir, Algériens, Portugais pour les employer dans des travaux de construction. Gérald Bloncourt a photographié en 1964 les bidonvilles autour de Paris où était parquée cette main d'oeuvre portugaise. Les descendants de ces Portugais, Espagnols, Italiens sont devenus  Français. 

C'est l'absence de considération pour le bien commun et sa population depuis toujours d'Haïti,  qui a autorisé aujourd'hui la RD à "dénationaliser" les descendants d'Haïtiens.

C'est aussi l'appât du gain facile.

On récolte ce qu'on sème.

M. Supplice l'a dit. Petit détail d'importance :  en omettant de signaler que, comme  haut  fonctionnaire du régime de Duvalier J-C, il était au coeur du système. Et qu' au vu des postes qu'il y a occupé,  il était particulièrement concerné.

 

Extraits de la biographie de Daniel Supplice rédigée par l'interressé lui-même.

 

"J’ai occupé les postes suivants : Consul général à Tokyo, Japon (1973-1974) ; Premier secrétaire, ambassade d’Haïti, Rome, Italie (1974-1976) ; Premier secrétaire, ambassade d’Haïti, Mexico, Mexique (1976-1977) ; Directeur général adjoint de l’Immigration et de l’Emigration (1977-1979) ; Directeur général de l’Immigration et de l’Emigration (1979) ;  Sous-Secrétaire d’Etat de l’Intérieur et de la Défense nationale (1979-1981) ; Sous-Secrétaire d’Etat des Affaires sociales (1981-1983) ;  Secrétaire d’Etat des Affaires sociales (1983-1985) ; Secrétaire d’Etat de l’Immigration et de l’Emigration (1985) ; Secrétaire d’Etat de la Sécurité sociale et du Logement (1985) ; Ministre des Affaires sociales (1985-1986)"

Sources : http://www.danielsupplice.org/resume.html

 

 

Les termes de la négociation  Haïti/ RD.

1- La situation des descendants d'Haïtiens

Cependant,  à l'inverse de ce que les Dominicains veulent faire accroire, leur responsabilité en tant qu'Etat souverain était d'offrir des conditions de vie décentes aux immigrés,  l'accès aux soins de santé, enregistrer les naissances de leurs enfants pour leur permettre de devenir des citoyens dominicains à part entière, comme cela se fait dans les pays où c'est la loi du sol. Et puis, s'ils n'en voulaient pas sur leur territoire, faire en sorte d'organiser leur rapatriement -comme ils  le font actuellement- en mettant des autobus à leur disposition.

L'Etat haïtien ne peut pas être désigné comme  responsable du fait que la RD ait  par choix  économique, maintenu cette population sans existence légale. Et que soudain l'idée lui prend de dénationaliser tous ceux sur son territoire à partir de 1929, pour en renationaliser certains.Selon quels critères ? Quelle aberration !

Haïti devrait n'avoir qu'une exigence dans l'immédiat. Toutes les personnes nées sur le sol dominicain de 1929 à 2013, de parents illégaux ou pas,  qui par leur travail  et leur consommation -aussi minime qu'elle puisse être- ont contribué au développement de la RD,  devraient conserver leur nationalité dominicaine quand ils l'ont acquise, ou obtenir des papiers d'identité dominicains.

2- La situation des immigrés illégaux

Concernant les  migrants qui ont traversé la frontière pour aller travailler là bas illégalement, il est du devoir du gouvernement haïtien de procurer des pièces d'identité à ses citoyens afin de leur permettre d'entreprendre les démarches en vue de régulariser leur situation.

Pour ceux qui ne rempliraient pas  les conditions requises, en bien, il faudra se remuer le popotin- non pas gouyader sur scène- pour aménager leur retour. Parce que sans encadrement, comme c'est déjà la pagaille sur place, la situation deviendra intenable; et les mêmes refoulés essayeront de repartir vers la RD ou dans d'autres pays de la région où leur présence est jugée indésirable.

 

PS: il y a un truc qui m'échappe. Comment une génération de gens jeunes, dont certains bien formés, ne ressent aucun enthousiasme à l'idée de relever le défi de procurer des conditions de vie décentes à leurs concitoyens ?  Ce n'est pas une belle aventure, ça ? Est-ce que ce n'est pas pénible -voire humiliant- de regarder ses concitoyens vivre dans un cloaque et  être rejetés de partout ? Dégoutant de constater cet assistanat permanent ? Pourquoi et comment en sommes-nous arrivés à cette monumentale indifférence envers le passé et le futur chez des gens jeunes ? Et à cet intérêt uniquement porté vers l'enrichissement personnel et/ou le ramassage de prix, médailles, décorations et autres confitures (Napoléon) ?

 

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H
#BoycotDR #DominicanRepublic #apartheid #tourism #corruption
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