Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Navarro, le ministre des Aff. étrangères de la RD se croit à l'ère de Trujillo

Publié par siel sur 22 Juillet 2015, 19:52pm

Catégories : #AYITI-RD relations

Vous avez vu qu'en 1937, après une intervention de Trujillo au Quai d'Orsay, notre cher Jacques Roumain avait été incarcéré à Paris.

Incroyable, n'est-ce-pas ?

Le monde tête en bas, la réalité à la Orwell.

L'agressé transformé en agresseur.

C'est celui qui dénonce,  à juste titre, le massacre des Haïtiens  qui est mis en prison et le dictateur qui, lui, obtient  réparation de l'offense qui lui aurait été faite avec 1 franc symbolique de dommages et intérêts.

 

Le PLD de Fernandez et de Medina reprend cette recette d'inversion des valeurs.

Comme ça marché en 1937, les autorités de la RD se disent qu'il n'y a pas de raison que ça ne fonctionne pas en 2015.

Dans cette logique, ils tentent de se présenter devant les organismes internationaux et dans la presse en victimes.

Navarro, exige  (rien que ça) que le gouvernement haïtien cesse sa campagne négative  contre la RD.

Encore une fois, Navarro ment.

Le gouvernement haïtien a, au contraire,  été on ne peut plus coopératif avec la RD depuis le début de cette affaire.

Rappelez-vous des faits.

Au départ les organisations internationales, les  pays de la Caraïbe, avec à leur tête le Premier ministre de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, étaient montés au créneau pour dénoncer la composante raciste de cette loi avec sa rétroactivité remontant à 1929.

D'ailleurs, cette même année 2013 alors que Gonzalves, le PM de Saint-Vincent  s'offusquait de cette loi et réclamait des  sanctions contre la RD, le gouvernement des Haïtiens à la tèt kale, demandait conseil à la RD pour moderniser son système d' adduction d'eau.

Vous voyez donc, alors que la Cour constitutionnelle avait déjà adoptée la loi avec son volet  de" dénationalisation " rétroactive à 1929,  combien les relations étaient au beau fixe entre les 2 gouvernements. 

 

Mario Garcias LLosa, prix Nobel s'était fendu d'un article dans le journal espagnol  El Païs, pour critiquer  cette loi qu'il comparait, à juste titre, aux lois de Nuremberg prises par le parlement du IIIème Reich, précisément pour sa dimension raciste.

La RD ne demanda pas l'incarcération de Vargas Llosa - un prix Nobel quand même ! - mais obtient du journal El Païs qu'il enlève la croix gammée, le symbole nazi, qui illustrait l'article.

Par la suite, dans la logique des choses,  telles qu'elles se déroulaient dans le régime nazi, des Dominicains brûlèrent des ouvrages de l'écrivain.

Ne s'arrêtant pas sur cette bonne voie, le Péruvien prix Nobel de  littérature fut déclaré persona non grata à la foire du livre organisée en RD en avril 2015 où, tenez-vous bien, le Pérou était l'invité d'honneur.

Ces tentatives d'intimidation et de marginalisation, ne peuvent pas fonctionner sur une personnalité de l'envergure de Vargas LLosa.

Mais, on peut imaginer les pressions exercées sur d'autres  personnes qui ne bénéficient pas d'une aura internationale.

Ainsi, comme le note Leslie Péan, les`journalistes qui se sont prononcés contre la loi avec son volet raciste de"dénationalisation" remontant à 1929, ont reçu des menaces de mort. L'un d'entre eux, Marino Zapete, a été cambriolé et son ordinateur emporté (puis retrouvé, je crois).

Que ce soit la mise au feu d'ouvrages d'un écrivain, les menaces de mort à l'encontre de journalistes, la violation de domicile, l'ensemble de ces pratiques renvoie à des régimes autoritaires dans lesquels critiques et contestations ne sont pas autorisées.

 

Mais revenons à notre calendrier des faits qui démontrent qu'au contraire le gouvernement d'Haïti s'est montré plein de bénévolence à l'égard de celui de la RD.

Pour désamorcer les critiques et la mobilisation internationale, les deux gouvernements, Haïti et RD, avaient  décidé de court-circuiter les organisations internationales et d'engager ce qu'ils ont appelé un dialogue billatéral.

Au cours de ces séances de discussions les observateurs ont pu noter avec stupéfaction que l'objet des échanges portait exclusivement sur le commerce entre les deux pays. C'est à-dire sur les exportations de la RD en Haïti. Le commerce se faisant one way.

Colette Lespinasse dans un article publié dans Alterpresse en février 2014, constatait  que :"la souffrance des milliers de personnes victimes de cette sentence inique est en passe d’être négociée au profit des intérêts économiques et politiques des grands de cette île.

 

Il faut se rappeler que  le volume des  exportation de la RD en direction d'Haïti  a considérablement augmenté au cours de ces dix dernières années. En 2009, le journal Le Nouvelliste notait qu'il pourrait atteindre 1 milliard de dollars US.

Le 17 juillet 2015, le même journal note qu'elles ont augmenté de 64% entre 2004 et 2014. C'est-à-dire à partir ldu moment où après l'éviction d'Aristide, la CI a pris la direction de la "gouvernance" du pays.

 

Donc, comme vous pouvez le constater à travers ce succint rappel de faits, le gouvernement haïtien, au contraire de ce que dit le  très virulent  ministre des Affaires étrangères de la RD, n'a jamais entrepris une campagne négative sur la RD.

Au contraire, ses représentants en RD que ce soit Cinéas ou l'actuel Supplice ont toujours défendu les intérêts de la RD. Supplice allant jusqu'à mettre en cause son propre gouvernement en confondant intentionnellement la question des immigrés illégaux et le cas des Dominicains d'origine haïtienne, privés d'une nationalité qu'ils avaient acquises et  frappés de "dénationalisation" par la rétroactivité à 1929 de la loi du sang, remplacant celle du sol.

.Ceux qui ont fait et font  campagne, non pas contre la RD, le ministre confondant son gouvernement avec le pays, mais contre la loi inique et fasciste de "dénationalisation" se trouvent être :

- des Haïtiens de la diaspora , comme ceux de Montréal qui avaient organisé une action d'information à l'aéroport, aux USA, en France

- des organisations de défense des droits de la personne.

-des écrivains  comme Edwidge Danticat, Mario Vargas LLosa et d'autres personnalités

- la Caricom. 

- des  groupes comme à Puerto-Rico, à Sainte Lucie, à la Martinique, des professeurs en Floride, quelques personnalités du monde politique en France,.

- la presse internationale

Mais c'est surtout la presse  des USA qui a  le plus couvert le sujet qui fait peur à la RD. Du New York Times au Boston Globe en passant par le Miami Herald, et Aljazeera US, l'ensemble des journalistes mettent l'accent sur l'inhumanité, l'immoralité et l'iniquité de cette "dénationalisation" rétroactive à 1929.

 

C'est à-dire qu'elle dévoile le point crucial que la RD s'efforce de cacher en prenant des postures d'offensés,d'oies blanches,d'ultra-nationalisme guerrier façon grenn-nanbounda.

Cette offensive de la RD contre le gouvernement haïtien avec lequel elle entretient  en rélaité d'excellents rapports - lequel  en dehors de quelques rodomontades de Martelly visant à faire bonne figure devant la Caricom est plutôt  passif - n'est qu'une manipulation de plus en direction de sa population et de l'international.

Une manipulation visant une fois de plus à casser la mobilisation internationale en l'attribuant à une campagne menée par le gouvernement haïtien contre la souveraineté de la RD.

C'est grotesque.

 

Si c'eût été le cas, les autorités et la presse haïtienne n'utiliseraient  pas le mot "rapatriement" mais celui de "déportation", comme le fait la presse internationale, qui se réfère au cas des Dominicains d'acendance haïtienne.

Le gouvernement haïtien  aurait rappelé son ambassadeur en RD après que Navarro ait traité le représentant d'Haïti à l'OEA de menteur. Il aurait pris des mesures pour porter le cas des personnes dénationalisées devant la Cour de Justice internationale. Il aurait commençé à démarcher pour trouver d'autres sources d'approvisionnement que les produits de la RD.

Et, le journal Le Nouvelliste traduirait, relaterait qutotidiennement dans ses colonnes les articles parus dans la presse internationale sur ce sujet.

 

La RD sait parfaitement que le gouvernement des tèt kale ne pèse pas un petit pois sur la balance.

Ses contradicteurs sont les organisations des droits humains, les media, les groupes organisés dans la diaspora, les réseaux sociaux.

Raison pour laquelle elle a entrepris une vaste campagne de lobbying afin de se faire passer pour un pays attaqué dans sa souveraineté.

La RD joue à faire comme si c'était sa politique de régularisation de l'émigration qui était mise en cause, et non pas sa loi fasciste de "dénationalisation" de personnes nées sur son territoire, que dans une grande proportion elle a fait venir pour couper la canne, auxquelles elle n'a pas délivré d'actes de naissances ou auxquelles elle se propose d'enlever la nationalité qu'elles avaient acquises. 

Mais aujourd'hui, il lui est de plus en difficile de se cacher derrière le rideau de fumée de ses mensonges et de son  patriotisme à la Trujillo. 

Nous ne sommes pas en 1937.

Sur internet, il est possible visionner des centaines de reportages décrivant les conditions de vie des Haïtiens dans les bateyes, on peut avoir accès aux documents d'archives qui montrent la demande faite par la RD de ces travailleurs pour la coupe de la canne au gouvernement haïtien, on peut lire les analyses et livres de tous ceux qui ont travaillé sur ce sujet depuis des décennies. 

Les Haïtiens ne sont pas seuls dans ce combat parce que la loi inique de la rétroactivité  à 1929 de la dénationalisation, concerne toute l'humanité. Et les Dominicains en font partie jusqu'à nouvel ordre.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents