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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Quand le colonel Himmler Rébu se fait prophète de malheur…! - Par Robert Lodimus

Publié par Robert Lodimus sur 21 Juillet 2015, 10:52am

Catégories : #AYITI ACTUALITES

Comme d'hab, le texte de M. Lodimus mérite d'être lu  attentivement. Je l'ai déjà dit, j'aime la manière dont il nous convie à parcourir avec lui les chemins de sa pensée. Rythme, style, forme et fond, tout me va. Même si parfois -mais il s'agit de détails- je n'adhère pas totalement  à  certains de ses points de vue. Ce que dis là,  reste une opinion toute personnelle.

Récemment, je faisais part  à un ami, de mon inquiétude concernant ces élections présidentielles à venir. Parce qu'après avoir lu le lobbyng que  Stanley Lucas,  Damian Merlot ( l'Espagnol d'extrême droite conseiller de Lamothe) et Lamothe sont en train de faire auprès des politiciens républicains et  réactionnaires aux USA, je craignais une répétition de la déstabilisation de 2003-2004 dont Lucas a été l'un des principaux "maniganciers".

Je lui disais que ce n'est pas tant l'appui politique que ces types cherchent mais le financement nécessaire ( comme ils l'ont trouvé en 2003-2004) pour payer leurs agents intérimaires exécutifs chargés d'organiser le désordre.

Je lui rappelais que Lamothe avait acheté des armes de guerre, dont nul ne s'intéressait à savoir le pourquoi ni le lieu où elles étaient entreposées;  que Lamothe avait chanté avec le père Sicot, un ex-macoute " Martelly mache pran yo, Lamothe mache pran yo, pè siko mache pran yo".

 Et que les trois personnages en question avaient de sérieux appuis dans les milieux de l'extrême-droite des macouto/militaro/duvaliéristes,(Chamblain le féroce étant l'un d'eux.) jamais avares d'atrocités.

Et je lui rappelais que ces gens-là étaient sans pitié, qu'ils comptaient dans leurs rangs des criminels notoires, et que mettre le pays à feu et à sang pour accéder au pouvoir ne leur posait aucun problème.

 

Mon ami  m'a répondu que je faisais faute route, que mes inquiétudes n'étaient point fondées, que j'avais trop tendance à voir les choses en négatif.

Seulement, je me souviens qu'en 1991, j'avais fait remarqué aux uns et aux autres en passant par là, après avoir circulé dans les milieux bourgeois et entendu leurs propos, qu'un coup d'Etat semblait en péparation.

La réponse était : pas du tout, tu te trompes, le peuple ne laissera pas faire ça , etc.

Comme si le peuple aux mains vides avait les moyens de livrer bataille contre des militaires et mercenaires lourdement armés ...

Il faut dire que la parole d'une femme, pas politicienne, pas copine de x ou y ,ne faisant pas partie du sérail, compte pour du beurre  dans ces milieux haïtiens sectaires, refermés sur eux-mêmes et assurés de détenir la vérité. En tant que femme ne faisant pas partie du clan (progressiste ou réactionnaire) tu n'existes pas plus que les Haïtiens des bateyes abandonnés à leur sort.

A l'époque, comme aujourd'hui, je suis frappée par le refus d'écouter, d'envisager un autre scénario et de s'y préparer. Par la méconnaissance des rapports de force.

Si Lucas, Lamothe et Merlot s'activent aux USA, ce n'est pas pour amuser la galerie. Il faudrait en tenir compte.

Lamothe sait parfaitement que, s'il devait aller aux élections et qu'elles se déroulaient sans triche, sans achat de votes (comme il l'a fait avec les parlementaires) vu le degré zéro de sa popularité, il n'aurait aucune chance de devenir président.

Donc, en faisant ce lobbiying, ils sont à la recherche de quelque-chose. Soit  que ces trois larrons essaient d'obtenir le renvoi des élections, ou bien une aide financière pour un coup d'Etat.

Je ne dirai pas "L'avenir dira le reste" comme un commentateur qui termine ainsi tous ses posts.

Parce que l'avenir se construit ici et maintenant.

Quel est l'intérêt de creuser un trou profond quand on ne dispose pas d'échelle pour en sortir ?

 

Je viens de lire dans le quotidien « Le Nouvelliste », la publication du 17 juillet 2015, « Élections 2015 – illogiques et injustes ».

Cette critique inquiétante de la situation pré-électorale, des conditions socio-économiques exécrables des Haïtiens des classes moyennes et pauvres, et surtout du pourrissement politique devrait retenir l’attention des principaux dirigeants de la « famille gouvernementale » dont fait partie son rédacteur, le colonel réformé Himmler Rébu. Le bateau coule. Il le dit clairement. Auront-ils la sagesse d’enfiler les gilets de sauvetage qu’il leur a lancés ? L’initiative – j’en suis presque convaincu – pourrait bien ne pas obtenir la faveur des oreilles du « prince » de la débauche et des âneries auquel semble destinée la teneur spirituelle des réflexions alarmantes. Toutefois, l’auteur de la publication a quand même vidé son cœur à la limite de sa colère, de sa déception et de sa frustration. J’ai noté. Et surtout retenu que, cette fois-ci, les linges sales ne peuvent plus se laver en famille. Mais au bord de la rivière. Depuis cette journée néfaste de l’année 2011, n’est-ce pas la passion démentielle qui domine sur la raison pure ? L’expression « grandeur patriotique » ne fait plus partie du champ sémantique des politiciens haïtiens. Cette race amorale de vipère qui a émergé après le 7 février 1986 ne cherche-t-elle pas toujours à « vaincre sans péril et à triompher sans gloire »?  

Dans un langage simple, accessible, M. Rébu a brossé avec franchise un tableau exhaustif qui ne laisse aucun doute sur la gravité des maladies dont souffre la République d’Haïti et qui la rapprochent à chaque seconde de sa fosse en terre battue. Les « cadavres » des « misérables » n’ont ni caveau ni épitaphe. Et Parfois même, ils sont descendus sans « cercueil » dans la gorge de la terre. Le diagnostic désespérant du colonel rejoint  celui de plusieurs compatriotes qui sacrifient la nuit leur sommeil réparateur pour penser au devenir  funeste d’un peuple à bout de souffle, écrasé sous les bottes d’un État bourgeois, pris pour cible par les « barons » de l’ « Injustice sociale »,  tenu au collet par les oligarques que Varoufakis, l’ex-ministre de la Grèce appelle les « terroristes » de la finance internationale. Une clique de bandits sans moralité.
Et sans âme. Malgré les pleurs et les grincements de dents des innombrables victimes, ils refusent de manifester ce brin de conscience dont fit montre Javert, le persécuteur infaillible de Jean Valjean, dans l’œuvre immortelle de Victor Hugo. Les puissances politiques qui maintiennent les « pauvres » dans la déréliction mortifère sont incapables de pitié, de contrition et de repentance. Le cas de la Grèce « tsiprasienne » étouffée par ses créanciers impassibles, sans humanité, dont l’Allemagne d’Angela Merkel, semble être une évidence des sentiments de mépris et de méchanceté qui caractérisent les bailleurs de fonds internationaux, détenteurs du « capital » globalisé, et qui les poussent à humilier les nations fragilisées par les conditions dégradantes de l’endettement qui les étouffe. 

Sans la moindre hésitation, le Fondateur du GREH a effectué une sortie en règle contre les héritiers indignes et illégitimes du pouvoir post-prévalien. Il a fustigé du même coup les attitudes cyniques des « néocolons » retranchés dans les missions diplomatiques et au sein de la Minustah qui imposent arrogamment une mise au pas à l’État. L’homme n’y est pas allé avec le dos de la cuiller. Comme le sorcier d’un village africain, le colonel a prophétisé sur les probabilités d’une issue endeuillée des élections de 2015 que le Programme des nations unies pour le développement (PNUD) est en train de brasser et de faire bouillir dans une chaudière d
e tromperie consciente. La recette est explosive. En bon prophète de malheur, M. Rébu prévoit déjà lui-même l’inconcevable et l’irréparable qu’il traduit par « enfer de violence ». Si un ancien colonel le dit, alors c’est peut-être vrai! Car les forces armées d’Haïti n’ont-elles pas décroché la palme d’or en matière de coup d’État, de fraude électorale et de « bousillage » de processus de vote? 

10 mai 1950. Le colonel Paul Eugène Magloire passe les menottes aux poignets de  Dumarsais Estimé et le catapulte vers l’exil avec ses proches. Il ravit le fauteuil présidentiel pour 6 ans. 22 septembre 1957. Le général Kébreau impose le taciturne « docteur du pian » au palais national. 29 novembre 1987. Henry Namphy lâche ses fauves enragés à la ruelle Vaillant. Les malheureux votants sont déchiquetés par les tigres affamés, dévoreurs de chair humaine. Les États-Unis sourient dans sa barbe. Gérard Gourgue ne sera pas élu président. Le danger communiste est conjuré. Désinor, le candidat macoute écarté des bureaux de vote avait malheureusement raison. Le scrutin organisé par feu Jean-Robert Sabalat répandait réellement une senteur de cadavres. Une odeur de « grabuge », pour reprendre le mot menaçant utilisé par le vampire   déchaîné ou le cyclope enragé. 17 janvier1988. Henry Namphy cède sa place à Lesly François Manigat. Après 4 mois et 13 jours, le Chef du RDNP connaît le sort de Dumarsais Estimé. Il est chassé à son tour par les militaires. Le peuple ne réagit pas. Les affaires de « Satan » ne sont pas les siennes. Et ce n’est pas fini. 17 septembre 1988. Un sergent analphabète du nom d’Hébreu décide de faire aussi son cinéma politique. Avec Prosper Avril, le producteur coquin, dans le rôle principal. Quel beau palmarès en vérité pour la « Garde nationale » d’Haïti!

Ouf! J’ai failli oublier. En avril 1989, il y a eu également la tentative du coup d’État avorté du colonel pour renverser le général putschiste Prosper Avril. Les médias nationaux et étrangers parlaient, à tort ou à raison, de cet événement politique raté – probablement improvisé ou mal planifié et organisé – en termes d’exploit héroïque. Quoique cette « affaire » bizarre nage jusqu’à présent dans une certaine profondeur de nébulosité, Himmler Rébu, Philippe Biamby, Guy François sont passés tout près, eux aussi, d’être  les Napoléons d’une aventure politique au destin aléatoire. 

M. Rébu figure parmi les rares « gendarmes » qui aient réussi leur réinsertion dans la société civile. Il faut dire aussi que son nom, comme militaire réformé, n’a pas été associé publiquement – jusqu’à présent – aux actes d’atrocité commis par le régime politique des Duvalier père et fils de 1957 à 1986. Cependant, les générations contemporaines et subséquentes absoudront difficilement Evans Paul, Himmler Rébu, Victor Benoît… du péché d’avoir accepté de devenir les marionnettes  d’un « bouffon » ignare et minable. Comment peut-on revenir du cœur de la jungle sauvage sans être couvert de boue? 

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