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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


2 articles passionnants sur la fabrication de l'Etat policier US

Publié par Christian Parenti sur 16 Août 2015, 11:22am

Catégories : #INTERNATIONAL

2 articles écrits par Christian Parenti qui a beaucoup écrit sur le système carcéral aux USA.

Le traitement fait aux Noirs aux USA concerne les Haïtiens. Pas seulement parce que vit dans ce pays une forte communuaté d'Haïtiens et d'Américains d'origine haïtienne, mais principalement parce que les USA, le roi et la reine d'Haïti, l'ambassade US, USAID, Kenneth Marten  (ancien ambassadeur nommé coordonateur spécial pour Haïti qui vient s'ajouter à la liste des personnes et institutions US ) sont à la table de contrôle d'Haïti.

Aussi, comprendre comment les USA fonctionnent avec leurs Noirs, avec les organisations qui militent et résistent contre l'exploitation du plus grand nombre par une minorité, leur système politique, leur moeurs et coutumes,  est important -parce que permetttant de comprendre à quelles différentes sauces ils ont l'intention de "manger" Haïti. Afin de se garder de gôuter à ces sauces empoisonnées ou bien de fabriquer un contre poison.

Est-il possible d'ignorer le fonctionement du pays qui agit en commandeur en Haïti ?

Cette réflexion à la suite de la réaction de quelqu'un me disant : les Américains n'ont qu'à se débrouiller avec leur racisme. Les Haïtiens ont leur propres problèmes. Oui, mais il se trouve que les problèmes des Haïtiens sont en général provoqués par les Américains.

"Pauvre Mexique si loin de Dieu et si près des USA "aurait dit Porfirio Díaz dictateur ayant présidé au destin du Mexique de1876 et 1880, puis de 1884 à 1910.

"Pauvre Haïti si loin de Dieu et si près des USA." C'est aussi ce que les Haïtiens sont amenés à penser tant ce pays a exercé -exerce encore- une domination excessive, perverse et  parfois d'une grande cruauté sur Haïti.

Il s’agissait là des vieilles expressions démonisantes du racisme blanc. Les Noirs étaient dépeints comme étant dangereux, ignorants, indignes d’une citoyenneté pleine et entière et, ainsi, nécessitant la répression de l’Etat. Ainsi que l’écrivit dans son journal H. R. Haldeman, le chef de cabinet de Nixon [président entre 1969 et 1974]: «[le président] a insisté qu’il faut reconnaître que tout le problème, c’est véritablement les Noirs. La clé est d’élaborer un système qui reconnaisse cela tout en n’en ayant pas l’air.» Une guerre fédérale contre l’héroïne suivit. Elle fut accompagnée par de nouvelles lois comme le RICO Act qui attribuait des pouvoirs supplémentaires aux procureurs. Au même moment, Nixon commença avec son appel dirigé à la «majorité silencieuse», un groupe qui n’était pas désigné comme étant blanc mais cela était compris ainsi [discours sur la guerre au Vietnam, prononcé à la télévision le 3 novembre 1969; Nixon faisait appel au soutien de la «majorité silencieuse», soit ceux qui, prétendument, ne participaient pas aux manifestations, mouvements, etc.].

D'autant plus important que Mme  H. Clinton est candidate à la présidence; qu'elle est décrite comme la reine d'Haïti; que son mari, B. Clinton alors qu'il était président n'a pas lésiné sur les lois pour punir et asservir les plus faibles dont les Africains-Américains.

Sa "prétendue solidarité avec les Afro-Américains" n'est pas plus réelle que sa totalement fake , simulée,  solidarité avec Haïti.

La présidence Clinton [1993-2001] multiplia les mêmes recettes. Après les émeutes de Los Angeles [1992] vint en 1994 le Violent Crime Control and Law Enforcement Act. Les flics locaux obtinrent 30,2 milliards de dollars supplémentaires d’argent fédéral. (Il est bon de se souvenir que peu importe combien les Clinton jouent leur prétendue solidarité avec les Afro-Américains, la présidence réelle de Bill Clinton fut extrêmement tyrannique pour des millions de Noirs pauvres et de la classe laborieuse rattrapés par son programme de maintien de l’ordre).

Deux ans plus tard, une nouvelle élection en vue, Clinton signa le Anti-Terrorism and Effective Death Penalty Act, étendant massivement l’utilisation de la peine de mort et vidant de son contenu l’habeas corpus fédéral. Immédiatement ensuite suivit le Prison Litigation Reform Act, qui interdit à de nombreux prisonniers d’accéder à des tribunaux civils, contribua à supprimer les bibliothèques de droit dans les prisons, retint les juges d’imposer des peines significatives à des administrateurs de prison abusifs et dépouilla les avocats de la possibilité de recevoir des dédommagements lorsqu’ils menaient des poursuites en matière de droits civiques dans les prisons.

Au cours de l’année électorale de 1996, Clinton, dans une passe de brutalité totale et complaisant avec la droite, délivra l’Illegal Immigration Reform and Immigrant Responsibility Act, qui, entre autres choses, éliminait le droit d’un sans-papiers à une procédure régulière tout en déversant des sommes faramineuses au Immigration and Naturalization Service.

Tout au long des années 1980 et 1990, les législatures d’Etat imitèrent et répondirent aux signaux en provenance du gouvernement fédéral. La Californie à elle seule réalisa au cours de ces années plus d’un millier de changements dans son code pénal.

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