Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Impressionnant. Le compte du nombre de personnes tuées par la police aux USA

Publié par siel sur 16 Août 2015, 10:23am

Catégories : #INTERNATIONAL

Il y a une quinzaine d'années, je me trouvais aux USA, un été, avec un ami haïtien de France qui ne parle pas anglais et ignorait tout des moeurs policières aux USA.

Nous étions en voiture, en pleine campagne, et avions perdu notre chemin. Mon ami avise une voiture de police stationnée à un carrefour. Il décide d'aller leur demander des informations - bien que je lui aie demandé de ne pas le faire-.  

Donc, le voici qui sort de la voiture et bras ballants, tranquillement, se dirige vers celle de la police, comme il l'aurait fait en France.

Un policier lui crie de s'arrêter. Mais comme il ne comprend pas l'anglais, le voici qui continue à avancer.

J'ai tout de suite compris, moi qui parle anglais et qui connaît l'historique des relations de la police US avec les Noirs- surtout les hommes Noirs- la gravité de la situation.

En fait, j'ai eu très peur que le flic ne fasse un carton sur ce Noir qui s'avançait vers lui, mains libres de toute arme, mais qui à ses yeux, de toutes les façons, représentait comme ils disent "un individu avec un comportement étrange". Notez bien qu'aux USA, quelqu'un, une personne Noire  désarmé en T-Shirt et en pantalon, (c'était l'été) qui s'approche de policiers pour lui demander un renseignement est considéré comme un individu ayant un comportement menaçant .Ceci en dit long sur la nature des relations entre la police et la communauté africaine-américaine.

 

Le flic, voyant mon ami qui continuait à avancer, a dégainé son arme.

La peur parfois est paralysante, dans ce cas là, à l'inverse, elle m'a propulsée dans une colère- qui aurait pû me couter gros également.

J'ai crié au flic que l'ami ne parlait pas l'anglais, qu'il n'avait pas compris son injonction, qu'il venait de France où sortir de sa voiture pour demander à un policier son chemin était normal, qu'il ignorait qu'aux USA, un Noir s'approchant d'un policier était immédiatement considéré comme un suspect voulant attenter à la vie du flic. Et que les étrangers, même Noirs,  n'étaient pas forcément au courant des pratiques des policiers US avec les jeunes hommes Noirs. Qu'il devait mettre dans sa caboche que tout le monde ne parlait pas anglais.

J'ai dit tout ça, d'une traite, en hurlant parce que je sentais instinctivement que seule cette violence de la parole pourrait arrêter la pulsion du flic à tirer.

Effectivement. C'est ce qui s'est passé, le flic à ranger son arme. Les policiers m'ont regardée bizarrement, comme s'ils avaient affaire à une ovni - un objet volant non identifiable. Se lisait dans leurs yeux,  la surprise que, moi,  femme Noire, puisse oser leur tenir un tel discours. Je devais être d'une autre planète ou bien folle, seule explication plausible à un tel comportement.

Les flics nous ont renseignés. Nous sommes remontés dans la voiture et sommes partis, mon ami- qui soudain avait compris le danger de mort auquel il venait d'échapper et moi le coeur battant de cette sortie hors de moi.

Tout ceci a duré quelques minutes, quelques minutes qui auraient pu être fatales pour mon ami.

Et qui  auraient ajouté un chiffre supplémentaire au compte des personnes tuées par la police US.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents