Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Trujillo, Haïti et le moment présent - Par Bernado Vega

Publié par siel sur 4 Août 2015, 15:14pm

Catégories : #AYITI-RD relations

Le dictateur Trujillo dans une de ses plantations pour lesquelles il avait recours à la force de travail haïtienne. Sources: http://www.noticiassc.com/2012/05/como-fue-ajusticiado-trujillo-un-dia.html#.VcDFvN2yN50

Le dictateur Trujillo dans une de ses plantations pour lesquelles il avait recours à la force de travail haïtienne. Sources: http://www.noticiassc.com/2012/05/como-fue-ajusticiado-trujillo-un-dia.html#.VcDFvN2yN50

Cette  grave crise Ayiti/RD a, néanmoins, un aspect positif celui de nous éclairer sur différents points des relations entre les 2 pays.

Pour faire contre poids avec les prises de position débilitantes des autorités de la RD, je vous résume et traduis en partie cet article.

Disons que je ne suis pas d'accord avec l'auteur, quand il entend que pour des questions morales et chrétiennes, ceux qui sont nés dans les bateyes devraient être considérés comme dominicains.  Genre : soyons humains, ces gens ont travaillé chez-nous, pour notre pays,  ils ont été traités comme des esclaves, offrons-leur la nationalité pour nous faire pardonner. Niet.  C'est l'esprit même de la loi de dénationalisation rétroactive à 1929 qui est inique. Qu'ils s'agissent de malheureux emprisonnés, sans papiers,  dans les bateyes, ou d'autres personnes plus fortunées qui avaient obtenu en bonne et due forme la nationalité dominicaine. Il n'y a pas de charité  qui tienne dans cette affaire.

L'auteur a le mérite d'exposer de manière concise, la question migratoire de Trujillo à Medina,  l'origine de cette loi ( Balaguer 2004) les problèmes posés par la dénationalisation, la réalité des travailleurs haïtiens dans les bateyes interdits de sortie par les gardes. Et donc de toute façon dans l'incapacité physique d'aller déclarer la naisance de leurs enfants.

Bernado Vega est économiste, historien, ex-directeur du journal "El Caribe" etc., et est actuellement président de l'Académie dominicaine d'Histoire. C'est donc une référence. Vous voyez ce à quoi je fais  fais allusion ...

 

Donc, à l'inverse de ce qui semble entendu, Bernardo Vega nous apprend que le dictateur Trujillo pendant les 12 premières années de son régime se montrait plein de sympathie envers Haïti.

L'ambassadeur des USA a rapporté cette phrase tirée du discours de Trujillo en 1934, lors de sa première visite à Port-au-Prince, :

" Je m'enorgeuillis de déclarer devant mes concitoyens et à la face du monde, qu'une grande proportion de sang noir coule dans mes veines."

A la fin de la cérémonie, à la sortie du palais national, Trujillo s'est approché du drapeau haïtien avec la théatralité propre aux sud-américains et l'a embrassé.

 

Le Listin Diaro a rapporté fièrement à la Une l'événement en ces termes :

“Trujillo descendió de la escalinata y se dirigió directamente al centro del regimiento y estampó un beso sobre cada una de las dos banderas dominicanas y haitianas”

"Trujillo est descendu des marches et s'est directement dirigé au centre du régiment et a posé un baiser sur chacun des deux drapeaux, le dominicain et l'haïtien."

 

Lors de sa 3ème visite en 1936, au Cap-Haïtien, Trujillo est allé déposer une gerbe de fleurs devant le monument de Dessalines,à cette occasion il déclare:

" Je désire que le peuple haïtien reste de manière permanente lié au peuple dominicain."

 

Ironiquement, même après le massacre des Haïtiens en 1937, quand son ami Elie Lescot fut élu président d'Haïti en 1941, Trujillo déclara :

" Le président Lescot n'est pas seulement le président d'Haïti, pour moi et pour le peuple dominicain qui l'estimons tant, il est aussi le président de la RD."

Quelques heures avant, il avait officiellement ordonné , pour annoncer la nouvelle, que  résonnent les sirènes de Ciudad Trujillo quand le Parlement haïtien avait déclaré Lescot président

 

Les choses se sont gâtées quand Trujillo a eu l'impression que son ami Lescot le trahissait; c'est à ce moment qu'il s'est mis à lancer une campagne violemment anti-haïtienne et contre la personne même de Lescot. En réaction Lescot refusa de laisser les paysans haïtiens traverser la frontière pour aller couper la canne, comme c'était l'usage depuis des années.

A l'exception de son conflit avec Magloire, Trujillo a toujours eu de bonnes relations avec les dirigeants haïtiens.

"El problema bilateral actual no es personal, ni político, sino migratorio y surge, de nuestra parte, muy tardíamente. La Ley de Migración de 1939 tan sólo fue sustituida durante el gobierno de Hipólito Mejía en el 2004, es decir 65 años después, período equivalente a dos generaciones. Leonel Fernández contaba con seis meses para poner en ejecución su reglamento, pero tardó ocho años, a pesar de que entregó la política migratoria a los “Vinchos”. Danilo Medina ha heredado pues, un problema que debió haber sido enfrentado por Joaquín Balaguer, Antonio Guzmán, Salvador Jorge Blanco y Leonel Fernández y no ha podido posponerlo por las sentencias del tribunal Constitucional."

"Le probème bilatéral actuel n'est ni personnel, ni politique. Il s'agit d'une question migratoire qui  a surgi, de notre côté, assez tardivement. La loi de migration de 1939 fut transformée sous le gouvernement de Hipoliti Meija en 2004, c'est-à-dire, 65 années plus tard, un temps correspondant à celui de 2 générations.

Leonel Fernandez avait six mois pour la mettre en application, mais il a tardé pendant 8 ans, malgré que soit  arrivée la politique migratoire des  "Vinchos". (extrême-droite de la RD)

Danilo Medina a hérité d'un problème qui aurait dû être réglé par Joaquín Balaguer, Antonio Guzmán, Salvador Jorge Blanco et Leonel Fernández et il ne lui  était pas possible de reculer face aux lois votées par la Cour Constitutionnelle."

Para ponerlo en ejecución Medina enfrenta principalmente tres problemas: (1) La retroactividad de una de esas sentencias y el hecho de que muchos hijos de haitianos nacidos antes del 2010 no han podido regularse a pesar de la inteligente ley lograda por Medina. La casi totalidad de la crítica internacional está dedicada a este tema de los “apátridas”. Como el grueso de estos nació en bateyes, desde un punto de vista moral y cristiano los dominicanos debemos sopesar si es justo que hijos de padres traídos por nuestros militares, en contubernio con los de Papa y Baby Doc para trabajar en ingenios, primero de Trujillo y luego del Estado Dominicano, no son dominicanos, más cuando esos guardias no permitían salir de esos bateyes para registrar los nacimientos. (2) El hecho de que el inicio de las deportaciones forzosas coincide con elecciones en Haití, lo que convierte el asunto en tema principal electoral en una nación frágil y (3) que también coincide con elecciones en nuestro lado de la isla, donde Danilo Medina, quien pudo haber actuado solo como estadista, ahora tiene que también maniobrar como candidato.

"Pour la mise en applicaion de ce plan Medina a été confronté à trois problèmes (1) la rétroactivité de l'une de ces lois et le fait que de nombreux enfants haïtiens nés avant 2010 n'ont pas eu la possiblité de régulariser leur situation, malgré la loi intelligente de Medina. La presque totalité de la critique internationale se focalise sur le thème des "apatrides" ;

Comme la majorité de ceux-là sont nés dans les bateyes, d'un point de vue moral et chrétien, les Dominicains doivent réfléchir si il est juste que des enfants de parents trahis par nos militaires, avec la complicité des Papa et Baby Doc pour travailler sur des plantations, d'abord de Trrujillo et plus tard de l'Etat dominician, ne sont pas dominicains, de plus alors que les gardes ne leur permettaient pas de sortir des bateyes pour aller déclarer les naissances de lerus enfants. (2) le fait que le début des déportations forcées coïncide avec les élections en Haïti, ce qui transforme le sujet en thème  électoral central dans un pays fragile et (3) qui également coïncide avec des élections dans notre côté de l'île, où Danilo Medina, qui pouvait agir uniquement comme chef d'Etat, doit maintenant  également maneuvrer en tant que candidat.

 

 

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents