Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


ÉLECTIONS EN HAÏTI Sauver une île de la noyade - Par Guy Taillefer

Publié par Guy Taillefer sur 16 Décembre 2015, 10:59am

Catégories : #AYITI ACTUALITES

Le cycle d’élections législatives et présidentielle enclenché ces derniers mois en Haïti est censé remettre le pays sur ses rails politiques. Avec, à la clé, obligation de progrès institutionnel, tant le chaos y est devenu chronique. En lieu et place, le pays déraille à nouveau de manière consternante. Le deuxième tour de la présidentielle doit avoir lieu le 27 décembre prochain — dans un peu moins de deux semaines. Dans l’état actuel des choses, il est inutile de procéder.
 

Haïti a si grand besoin de normalité politique, sociale et économique. Lui sera-t-il jamais donné de pouvoir en vivre un peu ? On ne peut pas ne pas se désoler de la lente noyade que l’île vit sans même jamais de temps en temps avoir réussi à sortir la tête de l’eau pour souffler un peu — sauf peut-être pendant un moment, sous Jean-Bertrand Aristide. Pour l’essentiel, le pays haïtien trébuche, va de crise en crise depuis la fin du duvaliérisme en 1986, quand Ronald Reagan a poussé « Bébé Doc » vers la sortie. La noyade n’est pas que nommément environnementale… L’État se défait, la démocratie ne s’y bâtit pas, les Haïtiens ont à peu près complètement perdu foi en l’idée que puisse un jour être élu un gouvernement qui pourrait vouloir, même à l’occasion, agir par souci du bien commun.

 

Scénario sombre ? Plutôt. Or, le nouveau cycle électoral lancé l’été dernier, et censé jeter les bases d’une sortie de crise politique, donne lieu à une énième descente aux enfers.

 

Le 9 août dernier se sont donc tenues dans le désordre et la violence des élections législatives qui auraient dû avoir lieu il y a quatre ans. Après quoi, le 25 octobre, les Haïtiens retournaient aux urnes pour cocher le deuxième tour des législatives et voter au premier tour de la présidentielle à la succession de Michel Martelly, élu en 2011 dans des circonstances plus que troubles. Les législatives, où se bousculaient les candidats de plus de cent partis, déboucheront inévitablement sur la formation d’un Parlement aussi éclaté et dysfonctionnel que le précédent. Cette cacophonie n’augure rien d’utile au développement d’une culture démocratique. Mais plus tragique et plus dommageable encore pour la suite des choses, vu la concentration du pouvoir entre les mains du président, est la crise ouverte par les soupçons de fraude massive commise dans le cadre de la présidentielle.

 

Pleuvent depuis des semaines les allégations de falsification du vote à la faveur de Jovenel Moïse, dauphin du sortant Martelly, arrivé en tête du premier tour avec presque 33 % du vote. L’ampleur des soupçons est stupéfiante. Des vérifications effectuées au hasard d’environ 10 % des feuilles de décompte des votes ont montré qu’il y avait potentiellement lieu de les invalider toutes, de la première à la dernière. Fin novembre, un groupe d’avocats américains s’étant rendus à Haïti en mission d’observation a publié un rapport dévastateur qui conclut à des signes probants de fraude systémique et d’électeurs ayant voté plus d’une fois grâce à un système de cartes d’accréditation distribuées par centaines de milliers à des représentants de partis politiques.

 

SUITE à :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents