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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Les ONG internationales et l’industrie de la catastrophe : l’exemple haïtien

Publié par Le Partage sur 7 Décembre 2015, 10:48am

Catégories : #AYITI ACTUALITES

Le néolibéralisme agit pour le compte de la classe des capitalistes, en rétablissant le concept de bénéfices et de croissance — si inégal soit-il — dans le système mondial. Mais le néolibéralisme exige un coût social énorme dans tous les domaines. Dans les pays pauvres, il a déplacé les agriculteurs, appauvri les ouvriers et créé d’énormes bidonvilles dans de nombreuses parties du monde. Par-dessus le marché, le démantèlement de l’État a empêché de nombreux pays de fournir des services publics, de réguler le capital, ou de faire face aux catastrophes naturelles ou sociales.

Pour combler ce vide, les puissances impériales, les Institutions financières internationales, et les fondations patronales ont détourné les fonds destinés aux états du Tiers Monde pour les distribuer aux ONG. Et c’est ainsi que les ONG ont, de fait, accéléré l’ouverture des marchés des pays pauvres.

David Harvey appelle ce processus « la privatisation par les ONG ».

A la fin des années 1970, les États-Unis avaient convaincu Baby Doc de mettre en place un projet néolibéral pour ouvrir Haïti au marché de l’agro-business américain, de construire des usines d’esclaves (« sweatshops ») pour l’industrie textile internationale et de créer des stations touristiques pour les yuppies.

Pauvres et écœurés, les ouvriers et les pauvres des villes se révoltaient, chassaient du pouvoir Baby Doc, puis, en 1990, élisaient Jean-Bertrand Aristide à la tête du pays sur un programme de réformes sociales. Les États-Unis ripostaient en soutenant la classe dirigeante d’Haïti lors de deux coups d’état, l’un en 1991 et l’autre en 2004.

Leur objectif était de réprimer les mouvements de masse et d’empêcher le gouvernement de prendre des mesures pour améliorer les conditions de vie de la population d’Haïti. Depuis 2004, les États-Unis soutiennent l’occupation du pays par les Nations-Unies pour maintenir l’ordre contre la résistance, tout en cherchant encore à imposer leur projet économique.

A Haïti, les États-Unis ont délibérément utilisé les ONG volontaires comme alliées pour déstabiliser et renverser le gouvernement d’Aristide. Les États-Unis ont imposé un embargo de l’aide humanitaire pour empêcher Aristide de mettre en place toute réforme sociale. Ils ont ensuite versé de l’argent aux ONG par le biais d’USAID. Beaucoup de ces ONG soutenaient le Groupe des 184 (une coalition d’hommes d’affaires hostiles à Aristide), certaines ont même soutenu les escadrons de la mort que soutenaient les États-Unis, d’autres ont soutenu le coup d’état US.

Aujourd’hui, Haïti est une néo-colonie des États-Unis. Les États-Unis ont un pouvoir d’état effectif grâce à l’occupation de l’ONU. Ils contrôlent son économie grâce à la CIRH. Ils dominent pratiquement tous les aspects de la société civile grâce à leur emprise sur les ONG.

C’est pour toutes ces raisons que l’ancien représentant de l’OEA à Haïti, Ricardo Seitenfus, a déclaré que l’ONU « transformait les Haïtiens en prisonniers de leur propre île ».

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