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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


WILHEMS EDOUARD... Par Pradel Henriquez

Publié par Pradel Henriquez sur 12 Juillet 2016, 15:27pm

Catégories : #REFLEXIONS perso, #AYITI ACTUALITES

 WILHEMS EDOUARD... Par Pradel Henriquez

Je me demandais ici, qui était M. Wilhems Edouard, assassiné par des bandits.

Pradel Henriquez en brosse un portrait et décrit leurs itinéraires communs sous ce titre :

DE QUOI EST- IL MORT WILHEMS EDOUARD...

A propos d'itinéraires, j'ai été stupéfaite de découvrir la richesse du parcours de ces deux-là : apprentissages, études, rencontres...

Et à chaque fois revient la question lancinante : comment se fait-il que des personnes avec un tel bagage aient été ou soient dans l'incapacité d'opérer des transformations importantes à l'intérieur de la société haïtienne ?

Qu'est-ce qui fait, que même quand elles occupent des postes de direction, elles ne parviennent pas à donner les résultats espérés, au vu  de leur formation ?            

Est-ce le système qui les barre ?

Ou bien sont-ce eux qui se moulent dans le système ?

M. Tardieu a bien parlé des mécanismes socio-politiques qui maintiennent et encouragent même, la non-assistance à personnes en danger de « sous-alphabétisation ».

Que dire de tous ces jeunes, ayant fait leurs études en Haïti, les ayant approfondies à l'étranger, ont eu des échanges avec des professionnels, ont été en contact avec ce qui se fait de mieux dans leurs domaines respectifs, qui de retour en Haïti sont dans l'incapacité de s'organiser, de créer des réseaux, des think tanks pour créer une nouvelle synergie ?

J'ai constaté en Haïti comment ça marchait - ou plutôt comment ça ne marchait pas.

En dehors des cérémonies religieuses catholiques ou protestantes, remises de prix, rencontres littéraires, carnavals et bals, inaugurations de tôles rouges, colloques dans des hôtels, achats  de produits étrangers dans les supermarchés climatisés et dîners à l'Oloffson pour faire genre, c'est l'inertie : la cata.

Dans la diaspora, `celle de France du moins - c'est du pareil au même.

5 ans de Tèt kale, pas d'élections,  5 ans de Psugo et pas une interrogation.

Le niveau des échanges surles réseaux sociaux commençant et finissant par des niaiseries du style  "bay peyi a an chans" des "ratpakaka, lavalas sal", "aigri, jaloux", et  autres stupidités, témoigne de cette sous-culture.

Ce n'est pas possible que l'expression " cerveaux lents" de M. Hall soit valable pour toutes les catégories : journalistes, profs, médecins, cadres, artistes, écrivains, infirmières, psychologues, sociologues, architectes, entrepreneurs - parce qu'il y a tout ça en Haïti.

Il serait bon que cette génération d'après 1986, - de laquelle j'exclue d’emblée les "enfants de Zacharie Delva" nostalgiques du paradis perdu de la dictature -  se mettent à écrire pour témoigner de leurs propres expériences au sein de leurs activités professionnelles.

Parce que si l'on ignore comment ça se passe à l'intérieur, la nature des obstacles rencontrés, comment trouver les moyens pour les dépasser ?

L’ignorance des enjeux favorise la répétition du pareil au même.

Regardez le comportement des médecins résidents. Jugez-vous mêmes du niveau d’immaturité de ces étudiants. Pendant 5 ans, ils se soumettent à un système, font  soudain semblant de découvrir leurs conditions de travail et exigent du jour au lendemain qu’un gouvernement vieux de trois mois réponde immédiatement à leurs revendications.

Ces médecins résidents ne font que répéter ce qu'ils voient  à l’œuvre dans la société haïtienne. 

Et que voient-ils ?

Infantilisme, égotisme, Alzheimer précoce, arrogance, violences physiques et verbales.

Et ce qui marche de pair avec l'arrogance : la lâcheté.

Ils ont vu pendant 5 ans que tout le monde la fermait. Qu'aussitôt après le départ du gouvernement tèt kale, tout le monde se précipitait au guichet des réclamations.

Ils n'on fait ni une ni deux – encouragés peut être en sous main par les « kouzen » des Gonaïves- et se sont mis dans la queue.

Avez-vous vu des "adultes", des personnes aux tempes blanchissantes, s'adresser à eux, pour leur expliquer ne serait-ce qu'une chose, qu'une grève de médecins ne peut pas être totale, qu'un hôpital public doit rester ouvert de manière à répondre aux urgences ? Se proposer de dialoguer avec eux ?

En gros leur dire qu'ils peuvent faire mieux.

Eh bien, non.

Les anciens laissent les jeunes s'enferrer dans leur grève et leurs frustrations, tentent d’attiser le mécontentement des classes défavorisées, qui ne peuvent se faire soigner, contre le gouvernement- ce qui arrange, comme on dit en Haïti, un certain secteur - pour être clair celui des réactionnaires roses - mais qui bien évidemment pénalise tout un pays.

Ce ne sont pas seulement les médecins résidents qui font dans la bêtise et la méchanceté mais  aussi ceux qui ont en charge de transmettre, de guider, 

Après ça, ils sont aussi étonnés de voir l’état dégeulasse de l’hôpital général, de découvrir que les mairies ont  été mal gérées, que les comptes des administrations sont mal taillés, que Laleau fait des mamours à HLSI et que des Roro se prennent pour des Ti-Bobo ?

Sans examen des faits, sans transmission des expériences et des savoirs, c'est la stagnation assurée.

Alors, les gars de la génération des années 1990, faîtes preuve de patriotisme, pensez au bien collectif, prenez votre plume et témoignez, non pas pour régler des comptes (une pratique qui a pour objectif de se donner bonne conscience et pour effet de jeter de l'huile sur le feu, donc complètement improductive) , mais pour apporter une petite lumière dans les ténèbres actuelles qui font le lit de tant de crimes restés impunis.

Et puis, ce serait une façon d'honorer la mémoire de tous ces médecins, agronomes,  ingénieurs, cadres, journalistes, militants, syndicalistes et  anonymes assassinés.

Allez les gars et filles, on ne vous demande pas d'être des héros, ni des lanceurs d'alerte, mais de faire ce que le paysan fait quotidiennement en prenant sa houe et sa machette au pipirit chantant, pour aller travailler la terre pour sa famille et contribuer au bien-être général.

Allez, vous qui êtes des lettrés « francisants », vous connaissez de La Fontaine, le : " C'est le fond qui manque le moins" du Laboureur et ses enfants.

Le fonds vous l'avez : vos connaissances et expériences;  le labour faut vous mettre au travail devant l'ordinateur ou  prendre la plume.

Je sais, je sais, il y a le black-out, la chaleur, les moustiques, l'argent à trouver pour nourrir la famille, envoyer les enfants à l'école, les factures d'électricité, de santé, d'assurances, l'essence à payer, la voiture à réparer.

Tous ces handicaps qui font partie de votre quotidien, sont réels. Ils pèsent comme une chape de plomb qui vous assomme et paralyse vos neurones vous contraignant à vivre au jour le jour.

C'est pourquoi vos témoignages sont essentiels,  d'autant plus importants qu'ils permettront de trouver les moyens pour dépasser ces conditions de mal-vie qui sont les vôtres et que vous feignez d'ignorer le temps d'un cocktail à l'Oasis.

Réveillez-vous, générations des années 1990 et arrêtez de vous laisser culpabiliser par des abrutis qui ne vous arrivent pas à la cheville.

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