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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Pour libérer les prolétaires du capital mortifère -Par Robert Lodimus

Publié par Robert Lodimus sur 21 Août 2017, 12:13pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Quelle histoire !

La journée du vendredi 14 juillet 2017 a fourni une nouvelle preuve du « démonisme politique » qui brunit la société haïtienne. Auril Dérilus est exécuté sommairement par des « gangsters » à la solde du maire de Pétion-Ville, Dominique Saint-Rock : un délinquant récidiviste. Ce douteux personnage a déjà comparu par devant le juge Jean Wilner Morin dans une affaire de meurtre d’un agent de la police nationale. L’épouse du « Lee Van Clef » de la municipalité, selon le témoignage du frère de la victime, aurait ordonné cyniquement le crime. Et ce n’est pas étonnant : « Birds of a feather flock together (Qui se ressemble, s’assemble) ». Selon les informations recueillies par le journal hebdomadaire Haïti Liberté, l’opération brutale de déguerpissement des commerçants informels des trottoirs de la « banlieue désembourgeoisée », couverte de fatras et de mouches, en est à sa cinquième victime [2]. Le défunt refusait de se laisser confisquer sa « marchandise » constituée probablement de quelques ouvrages jaunis par le temps qu’il revendait aux passants pour une bouchée de pain. Et le jeune homme a payé de sa vie sa résistance héroïque. Auril a trépassé face contre terre, écrasé sous son sac à dos rempli de consonnes, de voyelles et de signes de ponctuations, comme un gamin qui revenait de l’école. Si aujourd’hui, les bandits légalement armés mitraillent les « bouquinistes » sans être inquiétés, demain, ils fusilleront certainement les « écrivains » progressistes…

Dans une société conscientisée, l’histoire tragique de ce malheureux vendeur de livres usagés aurait conduit au soulèvement de la population. Les philosophes, les romanciers, les essayistes, les poètes, les professeurs, les étudiants, les élèves, les écoliers, les dramaturges, les comédiens, les cinéastes, les journalistes, les musiciens, les sculpteurs, les peintres… se placeraient en tête de file pour marcher contre la brutalité impondérable. Il y aurait eu des manifestations bruyantes et bouillantes dans les villes et dans les campagnes. Ou même – dans certains cas – des échauffourées avec la police des bourgeois. Les média parlés, écrits et télévisés – dans un premier temps – auraient évoqué le bourgeonnement d’une insurrection populaire qui se serait muée finalement en « Révolution ».

Tunisie. 17 décembre 2010. Mohamed, un jeune marchand s’immole publiquement en vue de protester contre la saisie des produits de son petit commerce. Sans le savoir, le commerçant tunisien a mis le feu aux poudres des frustrations sociales et dégoupillé les grenades d’une révolte généralisée qui bouleversait la Tunisie, l’Égypte, la Lybie, la Syrie, le Yémen, le Maroc… Il ne faut pas occulter l’implication des puissances impériales – particulièrement les États-Unis et la France – dans cette escalade de conflits sociopolitiques internes. Les requins de la « cosmocratie » en ont profité pour déstabiliser complètement le Maghreb.

Depuis des années, des compatriotes se sont convertis en de minuscules librairies ambulantes afin de rester accrochés aux épaves fragiles de l’existence humaine. Ils vendent des livres qu’ils n’ont ni la compétence de lire ni la capacité de comprendre. Mais peu importe… Cela les aide à installer un toit sur la tête de la petite famille, à nourrir la marmaille, à couvrir le corps de l’épouse fidèle ou de la concubine dévouée, durement éprouvée, extrêmement fatiguée, totalement meurtrie, injustement défigurée sous les raclées de la misère. Ils rendent service aussi – à leur façon – aux citoyens désireux de s’instruire. Ils vulgarisent, distribuent dans les rues les idées, les opinions, les réflexions qui peuvent renverser et changer le système économique et financier basé sur l’exploitation outrancière de la main-d’œuvre ouvrière. Les laquais de l’impérialisme n’ont jamais appris l’histoire de Jean Genet, le célèbre voleur d’ouvrages luxueux que Jean Cocteau et d’autres intellectuels de l’époque défendaient souvent par devant les tribunaux et sortaient de prison. Lorsque le juge demanda à Genet s’il connaissait le prix des livres qu’il dérobait, l’inculpé répondit étonnamment : « Non votre Honneur, je n’en sais pas le coût, mais j’en connais la valeur. » Et les rires fusèrent de partout.

Le miséreux bouquiniste a choisi de mourir plutôt que de trahir les écrivains qui lui assuraient son gagne pain. Le monde intellectuel retiendra qu’Auril Dérilus – le nom d’un petit paysan devenu désormais important – a préféré se sacrifier, se martyriser plutôt que de livrer à l’autodafé Thomas Madiou, Anténor Firmin, Louis-Joseph Janvier, Etzer Vilaire, Oswald Durand, Justin Lhérisson, Fernand Hibbert, Jean-Price Mars, Jacques Roumain, Jacques Stephen Alexis, Émile Olivier… Son sang a coulé sur des personnalités célèbres et prestigieuses qui ont légué à l’humanité des œuvres intemporelles et pérennes. Quelle fin honorable et envieuse pour un homme ou une femme que de mourir avec un ouvrage de l’un de ces grands intellectuels à la main ! Exactement comme Ives Volel pressait la constitution du 29 mars 1987 contre son cœur percé par les balles des gendarmes incultes d’Henri Namphy! Dire que le « militaire voyou » ose encore se prononcer publiquement sur les affaires d’une République qu’il a taillée en pièces avec les autres « goujats » qui formaient le haut état major des forces armées antinationales !

Les voix d’Henri Namphy, Prosper Avril, Hérard Abraham, William Régala, Raoul Cédras, Michel François, Albert Pierre, Jean Valmé, John Duperval… nous rappelleront toujours ces temps de deuil et de détresse abyssale traversés péniblement par les familles haïtiennes persécutées. Le mystère ne demeure-t-il pas entier sur la disparition tragique de Charlot Jacquelin à Cité Soleil? À cette période où Henri Namphy trônait comme Hérode Antipas, plus de 200 000 compatriotes envahissaient les rues de la capitale pour exiger le retour de l’activiste politique dans son foyer. Aucune explication n’a été fournie à la Nation. L’indécent général installé par la CIA au palais national après l’abdication du tyran et son départ pour la France avec sa famille, allait même jusqu’à nier l’existence de la victime. Henri Namphy devrait être actuellement en prison, en train de purger les crimes que son gouvernement a cautionnés, commandités ou commis.
Il faut arrêter de tâtonner

Seule une « Révolution » sociale, politique, économique et culturelle permettra au peuple haïtien de venger ses morts et de retrouver le sommeil qu’il a perdu depuis l’avènement du macoutisme duvaliérien. Aujourd’hui – nous le rappelons ironiquement – le fils de Charlot Jacquelin, qui voudrait poursuivre la militance d’un père qu’il n’a pas connu, a choisi le mauvais « camp politique ». Il vend ses idées – paraît-il – à Jovenel Moïse, le « domestique » de la « bourgeoisie syro-libanaise », qui sera jugé tôt ou tard pour blanchiment d’argent sale, détournements des fonds de l’État, népotisme aggravé... Et – peut-être – pour bien d’autres « mobiles occultes »…! Les milieux de la pègre réservent parfois des « surprises désagréables » à leurs membres. Et si le fantôme d’Évinx Daniel – le baron de la drogue du département du Sud – se mettait à errer dans les compartiments du palais national – comme dans un film d’horreur d’Alfred Hitchcock – à la recherche des « traîtres » qui l’auraient enlevé cruellement de la circulation et à sa famille ?

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