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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


COVID-19 ou la danse sur le volcan en Haïti - Par Nesmy Manigat. Un article à lire

Publié par Nesmy Manigat sur 9 Juillet 2020, 19:17pm

Catégories : #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

J’emprunte ce titre du célèbre roman de Marie Vieux-Chauvet[1] sur l’histoire coloniale de Saint-Domingue pour décrire le chaos financier, curriculaire, sanitaire du système éducatif haïtien sur fond de ségrégation scolaire, aggravé par le choc de COVID-19. L’école déjà accusée parfois de creuser les inégalités, sources d’instabilité, d’insécurité est aussi dans la tourmente.

Dans un contexte de contraction du PIB et de dépréciation accélérée de la gourde, il y a d’abord le risque financier des 80% d’établissements privés payés par des parents et une diaspora appauvris, qui ne pourront pas supporter tous les coûts additionnels d’un calendrier scolaire 2019-2020 qui s’éternise.

Également, le risque financier des 20% d’écoles publiques déjà mal-financées qui ont vu les dépenses publiques d’éducation passer de 20% en 2015 à environ 10% dans le budget 2019-2020, par non-respect du Pacte d’Éducation.  Il est donc à craindre un exode massif d’enseignants tant du public que du privé vers d’autres secteurs d’activités pour ceux qui ne seront pas tout simplement au chômage.

Des milliers d’enfants menacés de redoublement et d’abandons 

COVID-19 a changé à jamais la réalité scolaire et il est difficile de retourner à l’ancienne normalité. Dans ce contexte, combien de milliers d’enfants pauvres se retrouveront sans écoles, car fermées pour cause de faillite, combien de milliers d’enfants sont menacés de redoublement et d’abandons avec le dernier calendrier scolaire prolongé proposé ? Combien de filles sont menacées de grossesses précoces pour cause d’abandons ?  Combien de jeunes abandonnant l’école seront des « soldats » faciles à recruter par les gangs ?

Cette  situation complexe ne peut pas se satisfaire de réponses simplistes, car elle engage l’avenir de quatre millions d’élèves et d’environ deux cent mille enseignants. Financièrement, plusieurs établissements seront obligés de choisir entre les règles de distanciation sociale qui limitent les effectifs et leurs charges financières et fiscales.  D’autres  navigueront entre les coûts pour se mettre aux normes de l’école hybride présentielle et à distance et l’excellence académique.

Nesmy Manigat: «Enterè ekonomik manipile anpil opinyon sou zafè refòm»

Par ailleurs, les investissements pour maintenir des apprentissages réels dans les écoles dans ce nouveau monde qui sera dominé par le numérique sont hors de portée de la grande majorité des parents et de l’État si ce dernier ne change pas ses priorités. En résumé, on dispose de moins de ressources pour résoudre davantage de problèmes dans un contexte d’inégalités  sociales toxiques. Donc, sans surprise, les mêmes profils réussiront et les mêmes profils resteront en dehors des bancs de l’école, redoubleront ou abandonneront, à quelques exceptions près.

Depuis des décennies, moins de 10% d’une même cohorte bouclent le cycle du secondaire. On brandit les  échantillons brillants qui ont survécu à ce tri social pour caractériser le succès scolaire. Quant à ceux qui « échouent », ou qui n’ont pas les métiers adaptés au marché du travail, ils forment en grande partie les exclus qui alimentent les gangs de rue.

La suite dans  le lien.

 

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