Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


EGYPTE versus CI. Lu sur le net " Le jour où le canal de Suez fut nationalisé."

Publié par siel sur 28 Juillet 2020, 18:06pm

Catégories : #INTERNATIONAL, #PEUPLE sans mémoire...

Nasser acclamé par la foule.

Nasser acclamé par la foule.

Il y a 64 ans, le 26 juillet 1956, le gouvernement égyptien décide de nationaliser le canal de Suez qui, malgré l’indépendance du pays, restait entre les mains de grandes compagnies occidentales. Cet acte de souveraineté déclenchera une agression armée de la France, du Royaume-Uni et d’Israël.

 

La première réaction à la nationalisation fut une tentative de sabotage. Les compagnies occidentales retirent leurs techniciens en espérant rendre impossible la gestion du canal. 

 

Mais le monde a changé et plusieurs pays non-alignés et en particulier l’Inde envoient des techniciens qui maintiennent le canal en activité. 

 

Une campagne est alors déclenchée médiatiquement comparant Nasser à Hitler et Mussolini afin de préparer l’opinion publique à son renversement. « L’Hitler du Moyen Orient » ou le « Mussolini du Nil » sont des expressions qui apparaissent dans les titres et articles des journaux anglais et français. 

 

Le chef du gouvernement français, le socialiste Guy Mollet est particulièrement virulent. Il accuse Nasser d’être derrière la guerre de libération nationale qui s’est déclenchée en Algérie en 1954. Les services secrets français et anglais préparent des tentatives d’assassinats qui sont tous déjoués par les renseignements que donne le KGB soviétique aux Égyptiens. 

 

Le jour de la nationalisation Nasser fait un discours qui est un véritable appel aux peuples du tiers-monde à nationaliser eux aussi la production de leurs matières-premières : « La pauvreté n'est pas une honte, mais c'est l'exploitation des peuples qui l'est. Nous reprendrons tous nos droits car tous ces fonds sont les nôtres ». 

 

Le succès est immédiat. Le nom de Nasser évoque désormais en Afrique, en Asie et en Amérique Latine l’espoir d’une réelle indépendance économique, une seconde indépendance selon l’expression qui se diffusera dans le tiers-monde. 


Un accord secret est alors signé entre les trois Etats qui se préparent à agresser l’Egypte. Il s’agit de renverser Nasser et d’imposer un chef d’Etat fantoche qui reviendrait sur la nationalisation. Les accords de Sèvres stipulent : « L'État hébreu attaquera l'Égypte le 29 octobre 1956 dans la soirée et foncera vers le canal de Suez. Profitant de cette agression « surprise », Londres et Paris lanceront le lendemain un ultimatum aux deux belligérants pour qu'ils se retirent de la zone du canal. Si l'Égypte ne se plie pas aux injonctions, les troupes franco-britanniques entreront en action le 31 octobre. »

 

Le 29 octobre Israël envahit la bande de Gaza et le Sinaï et atteint rapidement la zone du canal. Comme convenu le Royaume-Uni et la France lancent un ultimatum aux belligérants leur enjoignant de se retirer chacun à plus de 15 km du canal. Nasser refuse bien entendu et est soutenu par d’immenses manifestations populaires. 

 

Le 31 octobre, la France et le Royaume-Uni entament une vague de bombardements sur l'Égypte afin de forcer la réouverture du canal. Bombardant les aérodromes militaires, ils détruisent notamment au sol plus de 260 avions égyptiens. Au total se sont 155 bâtiments de guerre dont 5 porte-avions qui sont engagés dans cet acte de brigandage impérialiste. Malgré une résistance acharnée l’armée égyptienne ne peut bien sûr pas faire face à une telle armada. 

 

Mais la victoire militaire sera de courte durée. Les agresseurs ont tout simplement oublié que le monde change rapidement. Tous les pays non alignés condamnent l’agression. Ceux qui sont membres du Commonwealth menacent de le quitter. L’Union Soviétique menace d’intervenir à son tour si les troupes étrangères ne se retirent pas. Des manifestations monstres ont lieu dans tout le tiers-monde, dans les pays indépendants mais aussi dans ceux étant encore colonisés. L’ONU exige un cessez le feu et l’évacuation des troupes étrangères que les agresseurs sont contraint d’accepter. 

 

La victoire égyptienne est totale. C’est celle de la solidarité des peuples. Elle donna une impulsion nouvelle aux luttes de libération nationale du continent africain.

 

 

Texte: FUIQP

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents