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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


HAITI/HISTOIRE. La suppression de la culture africaine dans l'histoire d'Haïti "En 1804, deux Haïtiens sur trois sont nés en Afrique."- Par Jean Casimir

Publié par Jean Casimir sur 7 Juillet 2020, 19:29pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #PEUPLE sans mémoire...

HAITI/HISTOIRE.  La suppression de la culture africaine dans l'histoire d'Haïti  "En 1804, deux Haïtiens sur trois sont nés en Afrique."- Par Jean Casimir
HAITI/HISTOIRE.  La suppression de la culture africaine dans l'histoire d'Haïti  "En 1804, deux Haïtiens sur trois sont nés en Afrique."- Par Jean Casimir
 

1Dès que l’on parle de la mise en place des sociétés de la Caraïbe, on pense à l’éta­blissement de groupes ethniques de diverses origines dans des sociétés esclavagistes. Aussi est-il surprenant que ces problèmes ne soient pas une préoccupation de l’élite de la région. L’invention de la nation et le destin de ses composantes dont, au premier chef celle, prépondérante, constituée par les Africains, sollicitent rarement l’at­tention. Pour éviter ces interpellations et esquiver les conflits dont elles sont porteuses, les intellectuels préfèrent traiter des conflits de classes entre maîtres et esclaves et des questions de couleur soulevées par le colon.

2A la réception de la Constitution de 1801, que Toussaint Louverture promulgue pour gouverner Saint Domingue, Napoléon lui écrit qu’elle contenait : 

« (bien des choses) qui sont contraires à la dignité et à la souveraineté du peuple français dont Saint Domingue ne forme qu’une portion. » (L. J. Janvier, 1886 : 23)

3Dans la réponse de Toussaint, on lit : 

« Le pouvoir que je tiens a été aussi légitimement acquis que le vôtre, et rien que le vœu prononcé du peuple de Saint Domingue ne me forcera à le quitter. » (L. J. Janvier, 1886 : 24)

4On comprend aisément la portée politique de la réponse de Toussaint. Mais on est en droit de se poser des questions sur ce peuple dont il parle et sur ses vœux. Pour Toussaint, le « peuple » de Saint Domingue se limite aux Créoles. Il dirige une « Armée indigène ». Les Africains, appelés Bossales, demeurent un ajout, des immigrés de dernières heures. L’esclavage est fondamental à la définition du « peuple » haïtien. Je m’adresserais, également, au rejet ambigu de l’Occident par les élites haïtiennes, le corollaire de ce rejet ambigu étant la liberté, elle aussi douteuse, octroyée aux descendants des Africains ou Bossales et évoquerais les négociations de leurs descendants en vue d’obtenir une plus grande participation au champ du politique.

5Dans la conception de l’élite politique, l’Haïtien surgit de la victoire des esclaves sur leurs maîtres. Le pays participe, au sein de la communauté internationale, à l’élimination de l’esclavage lié à la société et à l’économie coloniale. L’Etat ne considèrant aucune solution alternative, ce faisant, il expulse l’Afrique, les Africains et toute leur vie et culture quotidiennes de l’histoire du pays.

 

L’Afrique comme un ajout

6Les Africains à Saint Domingue (future Haïti) sont des migrants. Ils ne sont généralement pas perçus comme tels puisque certains paramètres du processus migratoire n’opèrent pas dans leur cas. De plus, la « mort civile » qui frappe les captifs permet d’ignorer leurs demandes éventuelles qui ne sont pas, ni ne sauraient être, formulées et enregistrées clairement par les documents de l’époque. Aussi, c’est le développement et la transformation du projet colonial qui monopolisent l’attention de la plupart des historiens, des sociologues et des économistes.

7L’Etat colonial destine aux nouveaux venus un accueil que ceux-ci ne peuvent ni imaginer, ni accepter. Le captif se trouve situé entre le négrier/planteur et le marron (esclave ayant fui la plantation). Le marronnage est un déplacement du plus faible en réponse à l’imposition irraisonnée de la volonté du plus fort. Dans ce marronnage, les immigrés africains et leurs descendants vont s’inventer de nouveaux espaces géographiques, sociaux, politiques et culturels ainsi qu’un projet implicite de transformation des structures d’accueil de la société réceptrice.

8La littérature à propos du marronnage est très variée. Les études classiques sur les marrons d’Haïti, du Suriname, de la Jamaïque, de Cuba, du Brésil et du Mexique offrent un champ d’expériences extrêmement riches. De plus, l’étude des migrations d’engagés européens du XVIIe siècle, de captifs africains du XVIIe au XIXe siècle, d’engagés d’Europe, du Sud-est asiatique et de la Chine au XIXe siècle conduisent à d’utiles comparaisons entre ces différents groupes ethniques et la codification des particularités de leur établissement.

SUITE  dans le lien.

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