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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Monsieur le Premier ministre, vous avez tort. Par Jean André VICTOR. Une excellente mise au point qui a de plus la qualité d'être, précise, concise et bien écrite

Publié par Jean André VICTOR sur 3 Juillet 2020, 20:32pm

Catégories : #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Comment comprendre que des Haïtiens puissent accepter de telles incohérences, de tels abus de pouvoir et cette systématique dilapidation des ressources de l'Etat ?

Qu'ils acceptent que des psychopathes enfoncent un peuple dans la misère et veuillent se déplacer en hélicoptère, les Haïtiens trouvent ça normal.

Pour aller où ? Pour faire quoi ? Aller réparer des mobylettes ?

Ils acceptent de vivre dans une précarité qui frise des conditions de vie infra humaines, que les enseignants et le personnel de santé soient payés quand bon semble à l'administration. Comme si ces gens n'avaient pas de vie propre, de famille dont il faut assurer le quotidien et l'avenir.

Avec ça, les psychopathes et sociopathes du palais national disent que l'Etat n'a pas d'argent - il faut faire preuve de beaucoup d'abnégation pour écouter leurs infâmes radotages et mensonges sans avoir de pulsion de crime-  et leurs journalistes commerçants le répètent dans toutes leurs émissions. Journalistes commerçants qui, pour se faire bien voir du gouvernement et de la population, se transforment de temps à autres en distributeurs de gourdes à leur public.

L'Etat ne baisse pas le prix de l'essence au galon quand le cours baisse sur le marché international. Et les marchands de micro, au lieu de batailler pour que cela se fasse comme prévu, jouent au bon samaritain en distribuant des bons pour essence aux chauffeurs de moto

Et la diaspora à laquelle on fait appel à son bon coeur rentre dans ce jeu pervers qui encourage la mendicité plutôt que le respect des lois.

Avoir du coeur pour la diaspora ce serait, à l'inverse avoir le courage,  d'exiger que le gouvernement respecte les accords qui veulent que les prix soient indexés sur ceux du marché international de pétrole.

Est-ce que Pepe Mujica, ex-président de l'Argentine qui donnait la moitié de son salaire à différentes organisations, se déplaçait en hélicoptère ?

Est-ce que posséder 3000 costumes et 500 paires de chaussures comme Wilson Jeudi,  le maire de Delmas, est une marque de propreté, selon les estimations saugrenues de Guerrier H, le boukanteur de paroles rouillées ? Il y a de quoi être fier d'un telle stupidité  de parvenu, alors que au Pont Rouge, la tombe de Dessalines n'est même pas entretenue, qu'à Titanyen la personne en charge de veiller, nettoyer le mémorial pour les victimes  du séisme, ne reçoit pas un centime pour ce service.

Avec à sa tête une association " tèt pa dwat" de malfaiteurs en bande organisée, Haïti, de plus en plus s'apparente à un asile de dingues.

L'article de M. Victor  à ne pas manquer suit. 

 

 

Psychopathes et sociopathes placés à la tête de la nation haïtienne par la CI.
Psychopathes et sociopathes placés à la tête de la nation haïtienne par la CI.

Psychopathes et sociopathes placés à la tête de la nation haïtienne par la CI.

J’ai lu avec beaucoup de stupéfaction dans Le Nouvelliste No 41088 du samedi 27 et du dimanche 28 juin 2020 un entrefilet de Roberson Alphonse intitulé « La Cour des comptes bloque un projet de contrat de location d’hélicoptères » dans lequel l’auteur a rapporté des propos surprenants tenus par le Premier ministre en réponse à l’avis défavorable de la CSCCA relatif à un contrat de location d’hélicoptères.  Je crois opportun, en cette circonstance peu commune, d’apporter une modeste contribution à la compréhension d’un problème de rationalisation des choix budgétaires dans ce pays où l’on préfère les combats aux débats.

De quoi s'agit-il ?

Tout serait parti d’un contrat de location de trois hélicoptères de la firme Hélico SA pour un montant de 3, 3 millions de dollars pour la période allant du 1er octobre 2019 au 30 septembre 2020, dans le but d’assurer le transport de hauts dignitaires de l’État haïtien ainsi que des dignitaires étrangers en visite en Haïti.  Et comme l’Administration actuelle a voulu renouveler le contrat dans les mêmes termes, la CSCCA a donné un avis défavorable et proposé de faire plutôt l’acquisition de plusieurs aéronefs au lieu d’engager la république dans une opération sans effet structurant.  Le Premier ministre a rétorqué qu’il croit sincèrement que la CSCCA a raison, mais il a vite fait de souligner que l’Etat ne peut même pas gérer une motocyclette, comment pourrait-il assurer le fonctionnement et le maintien d’une flotte aérienne ?  On pourrait dire tout aussi bien : est-ce qu’on peut gérer l’Etat si l'on ne peut pas gérer une moto ?

Deux ou trois petites questions pour faire le point

Le contrat 2019 / 2020 couvrant la location des hélicoptères est-il le premier ?  Comme la république était en mode de budget reconduit, faute de nouveau budget, y avait-il des provisions dans le budget précédent pour couvrir de telles dépenses ?  Est-ce qu’il y avait un appel d’offres ?  Comment savoir qu’il n’y a qu’un seul fournisseur en l’absence de marché public ?  Qui étaient, avant l’État haïtien, les clients de ce fournisseur unique ?  Une fois, on avait besoin d’un spécialiste en biologie marine au MARNDR.  Mes collaborateurs ont tout de suite argumenté qu’une telle expertise n’existe pas en Haïti, car si elle était disponible, c’est à Damien qu’on l’aurait trouvée.  Faites quand même un appel public, ai-je répondu.  Après l’appel, trois experts se sont présentés dans le délai indiqué.  Combien de fois et à quelles fins les trois hélicoptères ont-ils été utilisés durant l’année 2019 / 2020 ?  Est-ce qu’il y a eu d’autres contrats du même genre pour d’autres motifs (transport de malades – ensemencement aérien dans les zones forestières, etc)?  Bref, a-t- on fait une évaluation terminale du projet de location 2019 / 2020 pour en tirer les avantages et les inconvénients ?

Des arguments specieux mais fallacieux

Tous les citoyens sont conscients de l’écroulement par effet domino des institutions nationales.  Les reproches adressés par le Premier ministre à l’Etat sont exactement les mêmes que fait Monsieur Tout le Monde à l’endroit du pouvoir en place.  La responsabilité du Premier ministre, en tant que chef du gouvernement, n’est pas de répéter ce que tout le monde connait déjà, mais plutôt de corriger ce qui mérite de l’être afin de sortir le pays de la mauvaise gouvernance.  Si l’Etat ne peut pas gérer une motocyclette, le Premier ministre a pour fonction de faire en sorte qu’il en soit capable.  Sinon, il est aisé de soutenir qu’il n’y a pas de pilote à bord du vaisseau national. Le franc-parler, même quand il est vrai, ne peut justifier le déni d’administrer.  Les ministres sont faits pour administrer et les fonctionnaires pour fonctionner. Il est facile de dire « nous sommes tous coupables », mais la Constitution précise qui est responsable de quoi.  On devient aveugle et sourd quand, après avoir détruit le pouvoir institutionnalisé, on demande allègrement au pouvoir individualisé de convoquer une assemblée constituante alors que le chef de l’Etat a juré de faire respecter la Constitution qui interdit un tel coup de force.

Courtoisie administrative et responsabilité d'État

Je crois comprendre que la CSCCA a agi dans le cadre d’une procédure administrative actuellement en vigueur, et que la Cour a adressé au ministère concerné son avis et ses recommandations par correspondance officielle.  S’il en est ainsi, pourquoi le Premier ministre a-t- il choisi de formuler sur le sujet des remarques désobligeantes par voie de presse ?  Doit-on s’attendre à voir le pouvoir en place asséner sa botte secrète à la CSCCA en déclarant qu’il s’agit d’une affaire d’Etat ?  On ne peut s’empêcher de penser à Dermalog et à ses thuriféraires dont l’arrogance n’a d’égale que leur indécence. Dans cette conjoncture politique où tous les pouvoirs sont concentrés au Palais national, « tout voum se do ».  Comment expliquer, en effet, qu’une administration qui ne peut même pas gérer une motocyclette a jugé bon de dépenser 23 millions de dollars pour acheter une flotte de tracteurs qui a disparu avant même que les responsables réalisent qu’il y a une grande différence entre la mécanisation et la motorisation de l’agriculture?

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