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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


L'avocat et journaliste Peggy Jean avait 6 ans en 1986, ce qui ne l'empêche nullement d'affirmer que...

Publié par siel sur 3 Août 2020, 19:44pm

Catégories : #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

... les choses allaient mieux sous les Duvalier.

C'est avec tristesse et indignation qu'on entend de telles déclarations.

Peggy Jean tient des propos correspondant à ceux de l'enfant qu'il était à l'âge de 6 ans.

Imaginez une famille d'esclaves fuyant la plantation, la peur au ventre, montant mornes après mornes pour se trouver un refuge et les enfants épuisés et affamés disant :" papa, c'était mieux dans la plantation, on avait une case et de quoi manger un peu"

Tristesse quand on sait comment la population de ce pays a été saccagée par ce régime;

Un saccage économique, un saccage intellectuel, un saccage moral.

Pour le saccage économique, voir les rapports de la CIA sur cette période de 29 ans.

Pour le saccage intellectuel, voir l'exil des rares lettrés et le taux de plus de 85% d'analphabètes dans le pays au départ de Duvalier Jean-Claude.

Pour le saccage moral, voir la soumission aux macoutes, aux crimes, à l'arbitraire.

A ceci il faut ajouter le saccage familial :

-familles de paysans privés de leurs pères, frères, oncles vendu en RD et dont le duvaliériste Supplice, fonctionnaire au département de la migration, disait une fois qu'ils étaient partis on ne s'occupait plus de savoir quel état leur sort;

-familles de la classe moyenne, privées de pères emprisonnés, tués, fait disparus ou forcés à l'exil;

- familles divisées, déchirées, habitées par la peur et allant- comme sous tous les régimes fascistes - jusqu'à dénoncer les leurs;

Indignation quand on sait ce qui se passait derrière la scène : les milliers de gens mourant de faim, ceux jetés à Titanyen après avoir été sauvagement torturés, les centaines de boatpeople morts en mer, la vie des paysans haïtiens réduits à l'esclavage dans les batayes et les assassinats de centaines de militants anti-fascistes auxquels Peggy Jean dit en quelque sorte " vous êtes morts pour rien."

C'est assez fatiguant pour le peuple haïtien d'entendre ces espèces de fanfaronnades semées par les duvaliéristes qui dévoilent à quel point  le ver est dans le fruit et comment cette société s'est enfermée dans le déni, les mirages, l'obscurantisme.

Et comment, à l'inverse de la RD, elle choisit de faire l'apologie du crime... Et par conséquent en ne se remettant pas en question de poursuivre dans le même chemin comme on le voit aujourd'hui.

Et c'est tout particulièrement désespérant de constater que des personnes qui officient dans une radio puissent se complaire dans l'anachronisme. Il va même jusqu'à prétendre que sous les Duvalier Haïti n'était pas dépendante des USA comme aujourd'hui.  Voici une note  du ministère des Affaires étrangères des USA, datant de 1969,  qui dit le contraire. 

Quant à la misère, voir ce reportage qui date de 1984

"Conclusion. Duvalier has tried various tacks in the past in his efforts to obtain resumption of US aid. A crackdown on communists to coincide with the advent of a new administration in Washington probably seemed to him to offer reasonably good prospects. At the same time, there is no indication that the [Page 5]“President for Life” is any more prepared now than previously to change the brutal and corrupt practices of his regime"

Peggy Jean, n'a sans doute pas lu, entre autres documents sur cette période, le livre de la journaliste américaine Elisabeth Abbott,  la belle -soeur de Namphy( femme de son frère) et de ce fait bien  mieux placée  qu'un enfant de six ans  pour parler de ce régime.

 

L'avocat et journaliste Peggy Jean avait 6 ans en 1986, ce qui ne l'empêche nullement d'affirmer que...

Written by the senior editor of the Haiti Times (and sister-in-law of Baby Doc's successor, General Henri Namphy), this is the most intimate and revealing examination to date of the Duvalier years. Based largely on interviews with former officials, intellectuals, voudou priests and ordinary folk, Abbott provides a shocking view of conditions in the Black Republic from the 1957 election of Duvalier pere to the exile of his son, Jean-Claude, in 1986, and up to the installation of President Leslie Manigat two years later. For the most part, it is a nightmarish chronicle of corruption, greed and relentless slaughter, climaxing in an account of ``Blood Sunday'' (29 November 1987) when the dreaded Tonton Macoutes reemerged to sabotage Haiti's first free election in 30 years. Abbott traces the transformation of Francois Duvalier from puritanical country doctor to mad despot, the rise of the Macoutes gangs under Madame Max Adolphe and their political rivalry with the Haitian army, and the bizarre, lackadaisical reign of Jean- Claude Duvalier, including details of the reckless squandering of public funds by his wife Michelle. Photos. Author tour. (Oct.)

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