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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le texte du Dr Jean-Claude Desgranges sur l'exécution de son ami est particulièrement touchant. Quand il dit...

Publié par siel sur 9 Septembre 2020, 20:28pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ROSE RAKET, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

"...Un jour tu m’avais demandé quelles sont les recettes qui puissent me permettre d’aller au delà du centenaire."

On ressent que cette demande de M. Dorval n'était pas liée à un quelconque narcissisme, à un simple désir de vivre le plus longtemps possible pour jouir des plaisirs de la vie.

Par rapport à tout ce qui a été dit de l'homme, par rapport à sa déclaration d'amour pour son pays, ce souhait de vivre jusqu'à cent ans de M. Dorval, s'apparente à une compréhension du temps nécessaire pour que son engagement personnel puisse espérer porter des fruits.

On a l'impression que certaines personnalités ont une conscience aïgue que leur engagement, que leur manière de voir le monde met leur vie en péril, qu'ils n'en en auront  pas pour longtemps.

On pense à Jacques Roumain, Jacques S. Alexis, Thomas Sankara  entre autres hommes - et femmes-  qui ont payé le prix de leur amour pour les pays qui les ont vu nâitre

Jacques S. Alexis écrivait dans sa préface à Gouverneurs de la Rosée : "Un pays qui a vu naître Jacques Roumain ne peut pas mourir"

M. Dorval voulait vivre jusqu'à cent ans pour apporter sa contribution à ce pays, Haïti, qu'il disait non administré, ni gouverné afin qu'il ne meure pas.

Car, comme l'a souvent répété Soukar, un pays peut mourir.

Les Taïnos ont été éliminés de l'île et de l'ensemble ds Caraïbes.

Les Haïtiens qui l'ont eu en héritage ont honoré leur mémoire en baptisant la première république Noire au monde du nom que lui donnait les premiers habitants, avant que les colons ne la nomme Saint Domingue.

Ce choix en lui-même était révolutionnaire, parce qu'il redonnait aux anciens habitants leurs droits sur cette terre et rappelait aux colons qu'ils les avaient exterminés.

La symbolique des noms dédaignée par les Haïtiens - appeler la ville de Dessalines Marchand par exemple- est considérée comme une arme par les Occidentaux. Ce qui explique pourquoi ils appellent l'île Hispaniola, du nom que lui avait octroyé  C. Colomb.

On ne nomme pas des pays, des monuments, des villes, des rues comme ça. Il suffit de voir le débat actuel dans les pays occidentaux esclavagistes autour de la question du nom, pour en saisir l'importance.

En ne s'appelant pas, par exemple,  Quisqueya, la République Dominicaine voisine - elle dont bon nombres d'habitants se réclament d'origine indienne-  a fait profil bas.

A l'inverse, les pères fondateurs d'Haïti, ont voulu témoigner de l'histoire de ce pays et rendre hommage à ceux qui étaient là avant eux;  et qui ont tous péri, suite aux cruels traitements, aux massacres et aux maladies importées par les étrangers.

De sorte que l'existence d'Haïti témoigne à la fois de la lutte victorieuse contre le système esclavagiste, de la reconnaissance des premiers habitants et du sort qu'a été fait aux natif-natal Indiens comme aux  captifs africains. 

Cette dimension qui échappe aux Haïtiens en général, n'est pas inconnue des Occidentaux.

M. Dorval aurait voulu vivre cent ans pour aider à ce que cette terre baignée du sang des Indiens et des Noirs puisse respirer.

Ceux qui s'en" foutent royalement" du temps, de l'espace, de l'histoire et de l'Humain ont fait en sorte qu'il disparaisse.

 

 

 

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