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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


La mauvaise foi chez Sartre. Un peu de philo ne peut pas faire de mal.

Publié par siel sur 13 Octobre 2020, 21:00pm

Catégories : #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Jovenel et Privert " Le corps est l'alibi qui nous disculpe, qui nous empêche de voir la comédie que nous nous jouons..."

Jovenel et Privert " Le corps est l'alibi qui nous disculpe, qui nous empêche de voir la comédie que nous nous jouons..."

La mauvaise foi tient une place importante dans la philosophie de Sartre, car elle est l’envers de la liberté, comme le mensonge est l’envers de la vérité.

J'ai fait le choix de cet extrait de Jacqueline Morne parce que renvoyant  aux observations faites sur ce blog sur le langage corporel de JOVENEL, sur celui hystérique des marchands de micro : L. Désir, BOB C, GPPC entre autres et, pour être honnête,  sur ceux de certains membres de l'opposition qui font grandement usage de ce " rituel incantatoire du corps" pour faire passer leurs messages.

EXTRAIT 

C'est par cette incarnation que la conscience de mauvaise foi se laisse piéger par son propre mensonge. C'est le corps qui donne du sérieux à ce double jeu, qui permet de croire à la comédie qu'on se joue à soi-même. Si la conscience croit à son propre mensonge, c'est parce qu'elle l'inscrit dans le corps, le corps qui est en quelque sorte le garant de la bonne foi du sujet, le corps qui devient le témoin objectif de la sincérité de la conscience. C'est très exactement ce qui se passe dans l'émotion : la crise de nerfs, la crise de larmes, l'évanouissement, sont autant de « preuves » de la sincérité de notre désarroi, autant de masques qui nous permettent de ne pas nous apercevoir que nous désertons, que nous choisissons de résoudre la situation en la fuyant, comme l'hystérique fuit dans la souffrance le désir qu'il devine en lui et contre lequel il se défend. Le corps est l'alibi qui nous disculpe, qui nous empêche de voir la comédie que nous nous jouons, et qui par là même prend l'autre à témoin de notre propre sincérité. Le corps est le moyen incantatoire qui donne crédibilité à une conduite de type magique : « La conscience ne se borne pas à projeter des significations affectives sur le monde qui l'entoure : elle vit le monde nouveau qu'elle vient de constituer […]. Autrement dit la conscience change de corps, ou, si l'on préfère, le corps – en tant que point de vue sur l'univers immédiatement inhérent à la conscience – se met au niveau des conduites. […] Ainsi l'origine de l'émotion c'est une dégradation spontanée et vécue de la conscience en face du monde. Ce qu'elle ne peut supporter d'une certaine manière, elle essaye de le saisir d'une autre manière, en s'endormant, en se rapprochant des consciences du sommeil, du rêve et de l'hystérie. Et le bouleversement du corps n'est rien d'autre que la croyance vécue de la conscience en tant qu'elle est vue de l'extérieur[27]. »

Le corps est ainsi l'agent de la mauvaise foi, il est comme le rituel incantatoire de cette conduite d'auto envoûtement à laquelle nous croyons, il en est l'indispensable instrument, celui qui donne du sérieux et de la crédibilité à notre conduite, non seulement à nos propres yeux mais aussi, et c'est indispensable, aux yeux des autres. Nous sommes d'autant plus dupes de nous-mêmes que notre corps en témoigne et qu'ainsi les autres en sont dupes. 

 

 

 

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