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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


AYIBOPOST. Un entretien avec l'anthropologue haïtienne Gina Athéna Ulysse « Le pouvoir des stéréotypes, dans la sphère populaire, est très grand.Et...

Publié par siel sur 22 Novembre 2020, 19:11pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #CULTURE, #PEUPLE sans mémoire...

...ce sont ces gens, qui regardent ce qui se dit à la télévision, ou qui lisent les journaux au lieu de rapports ou d’études anthropologiques, qui vont occuper des positions où ils décideront sur des sujets qui concernent Haïti »

L’anthropologue haitiano-américaine Gina Athéna Ulysse est professeure à l’université de Santa Cruz, aux États-Unis. Elle est artiste, photographe, et écrivaine. Son livre, « Why Haiti needs new narratives », traduit par « Pourquoi Haïti a besoin de nouveaux discours », est une référence, cité à maintes reprises. Il a été publié en 2015, en trois langues: anglais, créole et français. Les traductions sont de Nadève Ménard, et Évelyne Trouillot.

Dans cet ensemble de textes écrits en grande partie après le séisme du 12 janvier 2020, la professeure questionne la façon dont l’image d’Haïti est diffusée à l’étranger. L’anthropologue a accordé une entrevue à AyiboPost, dans laquelle elle aborde cette nécessité de voir Haïti autrement, à l’aune de l’histoire du pays, dans un contexte mondial où le racisme est loin de disparaître.

AyiboPost : Gina Athéna Ulysse, quelle est votre relation avec Haïti, ce pays que vous avez quitté depuis votre enfance ?

Gina Athéna Ulysse : Je suis née en Haïti. J’ai quitté le pays à 12 ans, en direction des États-Unis. Quand je suis arrivée, la façon dont les gens parlaient d’Haïti a eu un profond impact sur moi. Les gens ne comprenaient pas qu’Haïti était plus complexe que ce qu’ils croyaient. J’étais trop jeune pour pouvoir leur expliquer. C’est en partie pour cette raison que je suis devenue anthropologue. Pour aider à faire mieux comprendre le pays.

Au moment où j’allais avoir mon diplôme, le coup d’État contre Aristide a eu lieu. Du coup, je ne voyais pas comment j’allais pouvoir poursuivre mes recherches dans le pays, qui était alors si instable. C’est à ce moment que j’ai rencontré Michel-Rolph Trouillot (1949-2012). Il m’a conseillé de mener des recherches dans un pays différent, dans la Caraïbe. Selon lui, ce n’était pas toujours idéal qu’un Haïtien mène des études sur Haïti, parce qu’en pensant que l’on connaît le pays, beaucoup de choses peuvent vous échapper. Mais en étudiant un autre pays de la Caraïbe, on peut voir comment Haïti leur est semblable.

Ce conseil était le meilleur qu’on pouvait me donner. Il a élargi mon monde. J’ai pu chercher à comprendre ce qui différenciait Haïti, un pays qui a lutté pour son indépendance, avec ces autres pays, surtout de la Caraïbe anglophone, à qui l’indépendance a été accordée par le colon, bien plus tard. Je suis allée en Jamaïque, par exemple, où j’ai étudié les “Madan Sara”.

Les gens disent souvent « regardez la République dominicaine, pourquoi est-elle si différente d’Haïti ? ». Je leur réponds qu’il faut jeter un coup d’œil à l’histoire des deux peuples pour le comprendre.

Mais je ne dis pas que j’ai la légitimité pour parler d’Haïti, car après tout, j’ai vécu la plus grande partie de ma vie à l’étranger. Je suis Haïtienne, je me battrais pour mon pays, mais ce n’est pas facile de parler de quelque part, avec une perspective d’ailleurs.

SUITE dans le lien.

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