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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


En complément de l'article: Haïti : le capitalisme des paramilitaires des remarques de l'auteur Jeb Sprague-Silgado

Publié par siel sur 4 Novembre 2020, 01:37am

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

En complément de l'article:  Haïti : le capitalisme des paramilitaires des remarques de l'auteur Jeb Sprague-Silgado
En complément de l'article:  Haïti : le capitalisme des paramilitaires des remarques de l'auteur Jeb Sprague-Silgado
En complément de l'article:  Haïti : le capitalisme des paramilitaires des remarques de l'auteur Jeb Sprague-Silgado
En complément de l'article:  Haïti : le capitalisme des paramilitaires des remarques de l'auteur Jeb Sprague-Silgado

Bien que mon livre sur ce sujet (Sprague, 2012a) fournisse une documentation détaillée et des recherches d’investigation historiques qui examinent les forces paramilitaires haïtiennes contemporaines, ce article examine ce phénomène à travers le cadre théorique de l’économie politique mondiale. Tout le travail intellectuel est collectif, car mon travail ici s’appuie sur le travail intellectuel de beaucoup d’autres, dont certains ont eu l’occasion d’en être informés. Je remercie en particulier le Dr Hilbourne Watson, le Dr Jasmin Hristov et le futur professeur Salvador Rangel qui, dans l’esprit du compañerismo, me fournit de nombreux commentaires sur une ébauche de ce article. Je dois également remercier Alice Endame pour son aide dans la traduction de cet article. Pour voir les photos qui accompagnent cette recherche, veuillez visiter:

http://jebsprague.blogspot.com/2013/01/paramilitarism-in-haiti-photo-montage.html. Pour lire ma plus récente analyse des conditions politiques et structurelles en Haïti, en République Dominicaine et en Jamaïque, voir : Sprague, 2013, 2014 ; Sprague-Silgado, 2016.


Mon livre offre une documentation détaillée et une enquête sur le paramilitarisme en Haïti avant et après le coup d’état de 2004 et la façon dont les groupes paramilitaires (et ceux qui les soutiennent) ont changé depuis l’ère duvaliériste jusqu’au début du 21e siècle. Le livre a reçu des commentaires positifs en général (Kaussen, 2015 ; Anglade, 2014 ; Podur, 2014 ; Smith, 2013 ; Pierre, 2013 ; Poinsette, 2013 ; Taylor, 2013 ; Barker, 2012 ; Fernandez, 2012 ; Wisskirchen, 2012, Tomes, 2012 ; Terral, 2012 ; Scherr, 2012).

Cependant, le livre a également été critiqué pour d’autres raisons, parmi elles, (1) il n’a pas clairement théorisé le phénomène du paramilitarisme (Gutiérrez, 2015), (2) il met trop l’accent sur le rôle du pouvoir mais pas assez sur les conditions structurelles Gros, 2015), (3) il ne parvient pas à théoriser et à analyser la nature de l’état « raté » ou faible (Gros, 2015), (4) le livre présente parfois « un certain déterminisme pour expliquer les actions des classes populaires et des élites » (Smith, 2014), (5) il était trop peu critique de FL, car Gros (2015) avance que le projet politique FL a aggravé « la structure formelle, comme l’état, des règles et des normes informelles inhérentes à la culture » ou, d’un point de vue opposé, qu’il faisait trop l’apologie pour les politiques relativement modérées du gouvernement Aristide (Gutiérrez, 2015), le livre comprend (6) une mention aléatoire du conflit en Colombie (Gutiérrez , 2015), et (7) il ne reconnaît pas que le paramilitarisme est en fait enraciné dans une culture de banditisme et l’absence d’une culture locale de pardon, par exemple la non-existence du mot « désolé » dans le kreyol haïtien (Gros, 2015).


Sur les points 1 et 2, je suis tout à fait d’accord, et ce sont des domaines que j’ai essayé d’améliorer dans ce article et de traiter plus longuement dans mon prochain livre (Sprague-Silgado, 2018). Sur le point 3, je suis d’accord en partie : l’analyse du paramilitarisme a besoin d’une meilleure théorisation du rôle de l’état, cependant je ne suis pas d’accord avec l’argument de « l’état raté » dont Gros (2015) pense que j’ai besoin. L’approche de « l’état raté » des politologues a tendance à attribuer la plus grande part de responsabilité pour les « états ratés » au rôle des officiels locaux plutôt qu’à contextualiser historiquement les faiblesses de ces états à cause du sous-développement, le colonialisme, l’impérialisme et, par exemple, le rôle des puissants intérêts dans l’affaiblissement des gouvernements progressistes et gauchistes, ainsi que la façon dont les différents groupes sociaux et les forces sociales se solidifient et fonctionnent à travers les appareils d’état.


Sur le point 4, Smith a largement raison ; le livre a besoin d’une explication plus nuancée du conflit de classe et des relations de classe, en reconnaissant plus clairement les nombreuses contradictions, les divers groupes intermédiaires, les complexités de la reproduction sociale et des relations contingentes.

Pour le point 5, oui, il est vrai que le livre pourrait examiner de manière plus critique les politiques de FL et ses responsables, mais comme ces critiques ont été répétées ad nauseam et souvent de manière à ignorer complètement la lutte et les réalisations positives du mouvement Lavalas, je me suis senti obligé de concentrer mon récit sur le rôle non signalé et largement non documenté des groupes puissants dans l’affaiblissement et le renversement du gouvernement réformiste et constitutionnellement légitime du pays et dans le ciblage violent d’un si grand nombre issu des classes populaires du pays. En outre, comme je l’ai expliqué dans mon livre, je suis d’accord avec certaines des critiques de FL que Hallward (2008), par exemple, a faites sur sa désorganisation et plusieurs de ses compromis et échecs.

Sur le point 6, je suis tout à fait d’accord avec Gutiérrez (2015) pour dire que ma brève disjonction d’une phrase pour discuter de la Colombie dans la conclusion de mon livre aurait dû être enlevée, car ce n’est pas mon domaine d’expertise, et la phrase que j’ai incluse était basée sur les commentaires d’un ancien narcotrafiquant que j’ai interviewé. Cependant, il est étrange que Gutiérrez rejette tout le livre à cause de cette digression.


En ce qui concerne le point 7, à mon avis Gros accuse la culture haïtienne pour ce qui est bien évidemment de la violence parrainée par les élites étrangères et nationales au cours de ces années. Peut-il vraiment ne pas avoir vu que c’était les troupes américaines et les forces paramilitaires (et non ses soi-disant « bandits ») qui ont, en fait, effectué le coup d’état et la violence paramilitaire avant et après le coup d’état ? À un moment donné dans sa critique de mon livre, Gros (2015) décrit Emanuel Constant (le fondateur des escadrons de la mort de FRAPH) comme un personnage populaire. Sur quoi se base-t-il ? Aurait-il été aussi populaire que le fondateur du FLRN, Guy Philippe, qui, aux élections de 2006, a réussi à obtenir 2% des suffrages ? Cette culture défectueuse n’aurait-elle pas dû avoir un certain impact aux urnes ? Et Constant, le « populaire », était-il protégé en Haïti par sa culture défectueuse ou par les activités de l’ambassade des États-Unis, de la CIA et de leurs alliés locaux ? La critique de Gros se distingue en ce qu’on dirait qu’elle a été écrite par deux personnes : la première moitié par quelqu’un de prudent et raisonnable, la deuxième partie par quelqu’un qui a peut-être sauté une grande partie du livre. En ce qui concerne sa prétention selon laquelle le mot « désolé » n’existe pas dans le Kreyol haïtien, il doit savoir qu’il existe des expressions avec un sens similaire : « Mande Padon » pour demander pardon, ou, selon la situation, « dezole, ekskiz » pour dire désolé pour une simple erreur.


Avec un texte aussi détaillé et parfois fastidieux à lire (comme Kaussen [2015] le souligne à juste titre), beaucoup de lecteurs de mon livre de 2012 n’ont probablement pas lu toutes les 400 pages, ce qui semble être le cas de Gutiérrez (2015), qui ne mentionne jamais les points les plus importants du livre dans sa brève critique : comme montrer, pour la première fois : 1) que les responsables des États-Unis et des Nations Unies supervisèrent de près l’intégration des anciens paramilitaires dans la police haïtienne ; 2) sa documentation détaillée sur le rôle des responsables du gouvernement dominicain, d’élites haïtiennes particulières et des agents du renseignement étrangers pour favoriser la violence paramilitaire (avec beaucoup plus de détails et d’enquêtes que l’excellente étude de Hallward [2008]) ; et 3) une chronologie de la campagne paramilitaire complexe et difficile à reconstituer. J’ai rédigé la grande majorité de mon livre de 2012 alors que je me concentrais sur la recherche d’investigation et historique, et je n’avais pas encore intégré cela dans une approche plus nuancée sur l’économie politique. Dans ce article, j’ai tenté de donner brièvement les conclusions et les arguments du livre, ainsi qu’une approche plus structurée et théorisée de la compréhension du paramilitarisme dans le contexte des tensions politiques, des conflits sociaux et de la restructuration économique. [↩]


Je voudrais clarifier la différence entre le national, l’international et le transnational. Alors que les processus nationaux se déroulent à l’intérieur des frontières de l’état national, les processus internationaux traversent les frontières. Les processus transnationaux, qui se produisent également au-delà des frontières, se font par intégration fonctionnelle. L’intégration fonctionnelle se réfère à la façon dont la composition de différentes éléments (ou différentes agents) est constituée leur fonctionnement en commun. Les processus qui se déroulent au-delà des frontières modifient les manières dont l’espace et la géographie sont impliqués dans la production matérielle et sociale. [↩]


Alternativement, nous pourrions les décrire comme des « entrepreneurs indépendants engagés par les élites », tout comme un groupe de rara ou un maçon, qui pourrait ou pas choisir de travailler pour un employeur, en fonction de nombreux facteurs. Ainsi, l’étiquette « travailleur » peut être un peu trompeuse. En revanche, un soldat de l’armée avait plus le statut de travailleur : il ou elle devait respecter la discipline, les ordres, les heures, etc. Même les membres des anciens VSN avaient un statut plus « travailleur » par rapport à la nouvelle situation plus précaire des paramilitaires. Les nouvelles forces paramilitaires ressemblent davantage à des « agents libres ». Tout le monde est chef et personne n’est chef, ils ont des alliances, des rivalités, des querelles et des collaborations en dents de scie et certains sont souvent ivres. Cependant, ils peuvent se montrer professionnels et extrêmement dangereux. Cela dit, je crois que le terme flexibilisation aide à décrire comment ils sont passés d’une relation plus permanente dans le passé à une relation plus précaire qui ressemble à un contrat de sous-traitance ces dernières années. [↩]Comme je l’ai mentionné dans le premier chapitre de mon livre (Sprague, 2012a), il existait des formes antérieures de répression interne avant les Tontons Macoutes, mais jamais d’une telle manière institutionnalisée et à grande échelle. [↩]


Heinl est le co-auteur du livre Written in Blood: The Story of the Haitian people (Heinl et Heinl, 2005). Pour en savoir plus sur cette période durant laquelle Heinl a dirigé le contingent militaire américain à Port-au-Prince qui a formé les Tontons Macoutes, consultez l’interview de la journaliste Leslie Cockburn avec l’industriel Butch Ashton sur la façon dont les armes et les entraîneurs américains ont été fournis à l’armée et aux paramilitaires haïtiens au cours des premières années du régime Duvalier. Disponible en ligne ici : http://www.youtube.com/watch?v=CPIwP-T-PpM. [↩]


Pour comprendre ce phénomène, j’ai énormément bénéficié d’interviews approfondies avec un individu élevé dans une famille bourgeoise en Haïti. Cette personne était disposée à me parler ouvertement sur cette expérience. Cet individu a parlé sous couvert d’anonymat (Sprague, 2011). [↩]
Voir l’excellente discussion de Roberto Regalado (2007) sur la démocratie bourgeoise et le changement de moments historiques/moyens de production. [↩]
J’examine en détail cette transition et les nombreux problèmes qu’elle a entraînés dans mon livre (Sprague, 2012a). [↩]


Un bon moyen de résumer les interconnexions entre certaines des personnes qui ont soutenu et participé à la campagne paramilitaire contre le gouvernement élu d’Haïti au début des années 2000 serait peut-être de regarder les origines de Guy Philippe ou de Louis Jodel Chamblain. Comme beaucoup d’enfants des élites ou des familles bien connectées du pays, il a fréquenté pendant une partie de sa jeunesse l’école Saint-Louis de Gonzague, avec son école primaire au centre-ville de Port-au-Prince et son école secondaire dans quartier Delmas 31 de la capitale. Un ancien camarade de classe et ami proche de Guy Philippe explique que Saint-Louis de Gonzague est « une école dirigée par des prêtres. L’instruction est haut de gamme. La plupart des diplômés deviennent des élites ; des élites de la bourgeoisie ou de la classe moyenne, des commandants militaires ou de gros trafiquants de drogue » (Sprague, 2011). Même entre les enfants des familles bourgeoises, il existait des clivages de classe et de race entre les camarades de classe, mais en même temps se formaient d’importantes amitiés durables, des couples et des connaissances. Par exemple, un membre d’une famille de FAd’H ou d’une famille duvaliériste noire n’épouserait pratiquement jamais un membre d’une famille industrielle. S’ils le faisaient, « ce serait un véritable déshonneur » ; quand cela arrive très rarement, c’est un véritable drame », explique la source, qui était élève dans chaque niveau scolaire de l’école (Sprague, 2011). Cependant, en même temps, beaucoup ont appris à se connaître. Dans leur jeunesse, des gens comme Guy Philippe et Jacky Nau (qui devinrent plus tard des dirigeants des « Équatoriens ») allaient à l’école aux côtés des enfants de certains des plus grands industriels et acteurs politiques du pays. Il était tout à fait logique qu’on fasse appel à eux plus tard pour mettre à exécution la violence politique de droite. « Ils se connaissaient tous depuis l’école, même s’ils ne traînaient pas beaucoup ensemble dans la cour de récréation » (Sprague, 2011). Toujours premier de sa classe, Philippe acquit dans sa jeunesse l’amitié et la générosité de partisans comme le romancier haïtien Jean-Claude Fignolé et Pierrot Denize (un ancien chef de police) qui aurait aidé à payer la scolarité de Philippe. Ils auraient, tous deux, aussi aidé Guy Philippe à financer sa formation en Équateur. [↩]


J’ai discuté en détail des divers processus d’enquête et judiciaires menés contre les hommes armés paramilitaires et leurs partisans parmi les élites (Sprague, 2012a). [↩]
Dans une nouvelle tentative de réécriture académique de ce qui s’est réellement passé à Cité Soleil après le coup d’état de 2004, Moritz Schuberth (2015) affirme, sans preuve, que la seule raison pour laquelle les gens de Cité Soleil ont protesté à la suite du coup d’état, c’était parce qu’ils voulaient retrouver les emplois issus du patronage qu’ils avaient perdus. Il ne mentionne jamais le soutien populaire que le gouvernement destitué avait dans cette communauté et le haut niveau de sentiments anti-militaires présents dans sa population. Il ne mentionne jamais comment, avant la plupart des actes violents perpétrés par les groupes armés des quartiers populaires, il y eut de nombreuses attaques mortelles contre des manifestants pacifiques anti-coup d’État. Ces attaques furent menées principalement par la police de Latortue et leurs alliés paramilitaires, les anciens de FAdH, mais parfois sous l’œil attentif des troupes de l’ONU.


Ignorant l’idée que des personnes à faible revenu et qui sont racialisées de façon négative puissent s’organiser contre les élites et comment, proportionnellement, une grande partie de la violence politique est dirigée contre elles, auteur après auteur (comme Katz [2014], Fatton, Jr. [2007] et Dupuy [2007] par exemple) parcourent rapidement ou ne disent rien sur toute la documentation qui montre les campagnes de terreur post-coup d’état menées contre les pauvres : les images de Kevin Pina et de feu Jean Ristil, l’étude sur les droits de l’homme publiée par Thomas Griffin et l’équipe de défense des droits de l’homme de l’Université de Miami, l’étude Lancet, les rapports de IJDH et BAI, le rapport sur les droits de l’homme de la National Lawyers Guild, les rapports recueillis par le photo-reporter des mouvements de base Wadner Pierre ou encore les rapports locaux sur les droits de l’homme de cette période par des avocats des mouvements base comme Evel Fanfan et les autres. La plupart des auteurs contemporains sur Haïti ne voient pas le ciblage violent des mouvements d’en bas et la manière dont les élites facilitent cela. À mon avis, la plus grande contradiction des approches de ces auteurs est que, bien qu’ils entreprennent une analyse historique souvent nuancée, leurs explications du conflit social contemporain adoptent souvent une approche élitiste en attribuant une authenticité aux récits des grands médias. Prenons par exemple la citation peu critique de Dupuy sur les rapports du journaliste pro-coup d’état Michael Deibert qui, à maintes reprises, a ignoré la proportionnalité de la violence et le ciblage massif du mouvement populaire prodémocratique d’Haïti (comme dans le quartier Gran Ravine de Port-au-Prince, voir Sprague, 2012 : 388). Sous la surface de ces approches se trouve une tendance libérale, avec la conviction que les classes populaires ne peuvent pas se mobiliser (ou ne se sont pas mobilisées) de leur propre chef. [↩]


Avec l’émergence du capitalisme, ce qui était auparavant considéré comme des groupes ethniques plus amorphes s’est structurellement mélangé aux relations de classes racialisées (Callinicos, 1993). Cela ne veut pas dire qu’il n’y avait pas de divisions sociales avant l’avènement du capitalisme. Il est clair qu’il y en avait. Comme le fait remarquer David Harvey : « Le capitalisme n’a pas inventé ‘l’autre’, mais il l’a certainement utilisé et promu de façon très structurée ». Parmi les plus significatives de ces nouvelles « façons structurées », on peut citer celles qui ont été provoquées par l’exploitation racialisée et le concept de race. En tant que construction sociale, elle a eu un réel impact matériel sur la vie quotidienne des gens, comme l’explique Stuart Hall : « La race est la modalité dans laquelle la classe est vécue ». En Haïti, nous pouvons observer de nombreuses caractéristiques structurelles générales et particulières de la façon dont les relations de classes racialisées se sont mises à fonctionner. [↩]
Incidemment, à la mi-2016, Saati faisait partie d’un petit groupe d’élites haïtiennes qui escortaient alors le candidat présidentiel Donald Trump dans Miami pendant sa campagne. Saati reste proche de divers politiciens de Washington, même après avoir été exposé comme partisan des escadrons de la mort dans mon livre de 2012. [↩]
Pour un examen plus approfondi du passage du capitalisme national et international au capitalisme mondial dans les Caraïbes, voir : Watson, Eds., 2015 ; Sprague, 2015b ; Sprague-Silgado, 2018. Voir également les travaux de Robinson sur l’Amérique centrale (2003) et l’Amérique latine (2008), ainsi que les récents numéros de revues et volumes de livres édités qui examinent et débattent de la formation transnationale de classe (Harris, Eds., 2009 ; Murray and Scott, Eds., 2012 ; Haase, Eds., 2013 ; Struna, Eds., 2013 ; Sprague, Eds., 2015a). [↩]
Avec le régime intérimaire peuplé de technocrates proches du gouvernement des États-Unis et de décideurs à orientation transnationale, des secteurs radicaux et moins astucieux de la bourgeoisie haïtienne se sentirent mis à l’écart. L’ambassadeur des États-Unis, M. Foley, fit remarquer : « Nous détectons une crainte au sein de la classe politique établie d’être oubliée par la transition » (Foley, 2004). [↩]

Jeb Sprague-Silgado
 

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