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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


François Duvalier dans les milieux internationaux du crime organisé. Leslie Jean-Robert Péan, 2007. L'ensauvagement macoute et ses conséquences (1957-1990).

Publié par siel sur 11 Novembre 2020, 20:44pm

Catégories : #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER, #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ROSE RAKET

Le retour du pareil au même.

Les liens entre l'extrême-droite tèt kale et le banditisme international.

Les  relations kole/sere entre les tèt kale et le gangstérisme local.

 

EXTRAIT.

Pourtant dès 1957, Duvalier prit des contacts avec la mafia nord-américaine pour trouver de l’argent afin de construire un aéroport international. Duvalier a donc un projet déjà bien conçu et ficelé. L’idée de gérer Haïti comme un chef mafieux est centrale dans sa conception du pouvoir. Il veut d’un espace à lui, dans lequel il peut tout faire, en se comportant en vrai brigand. C’est à partir de cette approche novatrice pour les milieux de la pègre qu’il montre ses préférences quand il décida en 1961 d’établir des rapports étroits avec le mafioso David Iacovetti, représentant la famille mafieuse de Carlo Gambino de New York, pour la mise en place en Haïti d’une loterie basée sur les courses de chevaux du Kentucky Derby. Duvalier percevra personnellement une partie des $US 6 millions qui furent collectés à l’occasion.

Coincé par la cessation de l’aide américaine imposée par l’administration de Kennedy en 1962, le Président Duvalier va élargir son pacte avec la mafia américaine afin d’avoir les ressources en argent, acheter des armes et obtenir le feu vert des américains pour se perpétrer au pouvoir après la date légale de fin de son mandat le 15 mai 1963. Il va contacter les quatre autres familles de la mafia new-yorkaise, c’est-à-dire les familles Bonanno, Colombo, Lucchese et Genovese (la cinquième étant celle de Gambino déjà impliquée dans la loterie mentionné antérieurement) pour voler à son secours. Duvalier ne compte pas seulement sur la répression aveugle des tontons macoutes. Si les autres familles mafieuses hésitent, celle de Joseph Bonanno décide d’y aller seule et gagne ainsi de Papa Doc la concession des machines à sou et des casinos. 

C’est dans cette conjoncture qu’arrive en Haïti Georges de Mohrenschildt, un géologue associé à Clint Murchison, le multimillionnaire texan proche des milieux mafioso de la famille Genovese. Officiellement, De Mohrenschildt est détenteur d’un contrat pour un montant de $US 300.000 avec l’Etat haïtien pour faire un relevé géologique d’Haïti. Georges de Mohrenschildt est aussi un familier de la CIA et un ami de Lee Harvey Oswald, l’assassin du Président John Kennedy, le 22 novembre 1963. Il porte plusieurs chapeaux et semble avoir des missions contradictoires dont l’une d’entre elles serait de déstabiliser le gouvernement de Duvalier. Cette dernière hypothèse, bien qu’évoquée par certains analystes, est moins plausible car Georges de Mohrenschildt apportera son soutien à Duvalier longtemps après l’assassinat de Kennedy.

En effet, Georges de Mohrenschildt est principalement le partenaire de Clémard Joseph Charles, alors proche de François Duvalier, à travers la Banque Commerciale d’Haïti (BCH), sa banque privée, pour la création d’un holding industriel et financier dénommé Curtis Lee Inc. Dans les documents présentés à la Warren Commission lors de l’enquête sur l’assassinat de Kennedy, Georges de Mohrenschildt explique que le holding s’intéresse à de nombreuses activités qui sont énumérées comme suit :

1) la construction de maisons à loyer modéré
2) la construction de dépôts
3) la construction d’un quai
4) la construction d’une usine électrique
5) l’organisation d’une compagnie d’assurances
6) le développement de plantations agricoles pour la culture du tabac et la construction d’une usine de confections de cigares
7) la pêche aux homards et la mise en boite des queues de homard pour l’exportation
8) la production de noix de coco séché
9) la participation dans le développement d’une compagnie de téléphone
10) le développement d’une usine de fabrication de tissus de coton
11) le développement des plantations de sisal
12) une raffinerie pour les huiles essentielles
13) la production de containers pour la distribution de l’huile domestique
14) la production de margarine
15) la participation dans le développement de petites usines sucrières dans l’aire des coopératives existantes
16) la construction d’un casino à Pétion-Ville
17) la gestion d’un hôtel donné en hypothèque à la BCH
18) la participation dans d’autres projets qui seront soumis à la BCH parmi lesquels la production de films cinématographiques.


Mais les contacts pris par Clémard Joseph Charles ne concerneront pas uniquement les activités de production. La BCH sera aussi intéressée par l’achat d’armes clandestinement pour Duvalier. En compagnie de Georges de Mohrenschildt, Clémard Joseph Charles prit des contacts avec la CIA et les milieux d’intelligence à Washington au mois de mars 1963, trois mois avant que De Mohrenschildt décide de venir habiter en Haïti. Selon Dick Russell, Clémard Joseph Charles «passa trois semaines aux États-Unis avec un montant non spécifique d’argent qu’il voulait investir» mais avec un objectif qui n’était pas clair. Quelques mois plus tard, selon les témoignages donnés à la Commission de la Chambre des Représentants américains investiguant les assassinats (House Assassinations Committee), une somme de $US 250.000 fut déposée sur le compte en banque de Georges de Mohrenschildt en Haïti et ce dernier l’utilisa pour payer quelqu’un. A la lumière de ces faits s’explique la rumeur alimentée par les Duvalier que les tontons macoutes avaient le bras long et financé ou participé dans le complot visant à l’assassinat du Président John F. Kennedy. On ne niera pas que Duvalier avait ses exécuteurs de basses oeuvres aux États-Unis. Selon le Hispanic American Report, il avait envoyé une quinzaine de gros bras pour éliminer des membres de l’opposition à New York en 1963 dont Luc Fouché, Camille Lhérisson, Gaston Jumelle, Émile Saint Lot et Pierre Benoît.

L'article complet dans le lien

 

Édouard (Dadou) Berrouët recevant une délégation américaine

Édouard (Dadou) Berrouët recevant une délégation américaine

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