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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Coke en stock.: Haïti, un « pays de merde » selon Trump, et la corruption de ses élites, entretenue par… les USA

Publié par siel sur 4 Janvier 2021, 21:36pm

Catégories : #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Je vous en avais déjà dressé un tableau édifiant en février 2017, et un an après on peut constater que rien n’a changé.  Haïti, qui ne s’est toujours pas relevé de son terrible tremblement de terre et des ouragans qui l’ont traversé depuis a fait l’objet hier d’un traitement de faveur du vocabulaire de charretier coutumier à Donald Trump (1).  Si Haïti est selon lui « un pays de merde » (2), il ferait mieux d’en découvrir et d’en comprendre les maux profonds et leurs origines véritables.  Ceux d’une corruption effrénée des élites de la nation depuis le règne désolant du père Aristide et de ses successeurs, dont un ex-chanteur de variété locale devenu président inconséquent qui a laissé les barons de la drogue envahir tout le territoire, ce qu’avait commencé à faire l’ex-curé défroqué devenu dictateur.  Les USA participant activement au dépeçage du pays, comme j’ai déjà pu vous l’expliquer en décrivant l’attitude inconsidérée du couple Clinton, les grands rivaux de Donald Trump, venus se gaver au passage avec la nomination de Bill, comme « président de la commission dite Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) ».  Un exemple encore relativement récent – le 5 janvier 2017-  avec l’arrestation de Guy Philippe, fraîchement élu sénateur du département de la Grand’Anse d’Haïti, celui-là même qui avait été à la tête du coup d’Etat pour renverser Aristide, aidé par des Navy Seals.  L’homme avait été coincé juste avant qu’il ne puisse prêter serment, le lundi suivant, ce qui lui aurait procuré l’immunité qu’il espérait.  A Haïti, c’est simple, le trafic de la coke est en effet à la tête du pays depuis des lustres maintenant (et ce n’est pas avec  Jovenel Moïse que ça va changer (3)).  Mise au point sur la situation actuelle en Haïti, donc, pour rectifier les propos insoutenables du pantin sans cervelle qui dirige les USA.

La phrase immonde de Donald Trump révèle avant tout une grande incompréhension de sa part du problème haïtien.  Sa proximité de pensée avec les néo-nazis explique en grande partie sa saillie (4).  Sur les sites d’extrême droite US, tels que celui de Jeff Rense, proche de Bannon, on n’hésite pas à montrer les désastreuses conditions de vie dans le pays et à en parler de la même façon, en effet. L’exemple ci-contre  à droite le démontre sans ambiguïté.  Trump a beau tenter de minimiser ses propos, maladroitement d’ailleurs, il parle de la même façon que ses fascisants, à l’évidence.

 Car ce que Trump méconnaît, c’est que le pouvoir en place en Haïti doit tout aux USA, qui ont toujours poussé les mêmes personnes, dont ils connaissaient pourtant les implications dans le trafic de drogue.  A cet égard, l’élection de Moise Jovenel a bien été une catastrophe pour le pays, comme l’avait si justement formulé Frédéric Thomas ici dans Libération.  Le dauphin de Martelly, cet ex-vedette du showbiz devenu président, marche en effet sur les traces corrompues de ce dernier.  Avec un soutien de taille, celui dont avait bénéficié son prédécesseur  : « En effet, Michel Martelly, malgré ses frasques, a reçu jusqu’au bout le soutien des Etats-Unis, de l’Union européenne et de l’OAE [Organisation des Etats américains, un espace de coopération entre 35 Etats américains, ndlr].  Jovenel Moïse aussi.  Les autres candidats face à lui s’étaient montrés, eux, plus indépendants.  Du moins dans les paroles.  En octobre 2015, l’Occident avait condamné le choix du Conseil électoral provisoire d’annuler, pour fraude, les résultats du premier tour de la présidentielle qui donnaient déjà Moïse vainqueur.  L’UE avait même retiré sa mission d’observation des élections.  Finalement, ce scrutin s’est déroulé sans incident majeur et, pourtant, avec beaucoup moins de financements.  C’est un très bon signe, mais l’élection de Moïse va signifier un retour en arrière, et la mise à mal d’institutions démocratiques déjà fragiles ».  En somme, Trump décrète hier Haïti «Etat de merde », un état qui est aussi celui que les Etats-Unis ont toujours soutenu, ce qui ne manque pas d’ironie.  Allez comprendre…  Les USA ont donc fait élire Jovenel Moïse, pour dire après que son pays est un « pays de merde »… ???  Surprenante déclaration (à droite « l’humour » sordide de l’extrême droite US à propos d’Haïti avec la photo de ce qui est présenté comme la « beauté des autres cultures »:  en prime, la photo a été prise à Lagos au Nigeria, et non à Haïti, mais l’extrême droite à la Trump ne s’embarrasse pas avec les faits, à fabriquer constamment des fake-news (5) !!) !

La livraison express de Philippe, trafiquant ayant fait campagne pour Moïse

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