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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Pourquoi les experts refusent de parler de l’Agence nationale d’intelligence de Jovenel Moïse ? L’ANI fait peur

Publié par siel sur 21 Janvier 2021, 22:15pm

Catégories : #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

 La majeure partie des experts contactés par AyiboPost refusent de s’exprimer publiquement sur la décision du président Jovenel Moïse de créer l’Agence nationale d’intelligence à travers un décret pris le 26 novembre 2020.  Ils avancent avoir peur d’éventuelles représailles, de la part des agents de cette nouvelle structure.

 Ainsi, deux avocats, deux historiens, un recteur et trois politiciens contactés ont tous décliné nos demandes d’interviews. « Le bâtonnier Monferrier Dorval est assassiné pour avoir osé dire ce qu’il pense », argumente au téléphone un des historiens.

De telles réactions sont fréquentes chez des citoyens vivant sous des régimes autoritaires. Elles ne cadrent pas à une société démocratique comme Haïti qui garantit la liberté d’expression. Cette autocensure constitue probablement un indicateur du climat de « peur » qui couvre le pays, sous la présidence de Jovenel Moïse.

« Nous avons déjà commencé à surveiller beaucoup de choses dans le pays… », a d’ailleurs déclaré mardi le président de la République, faisant référence au travail de l’ANI. Cette sortie suggère que le Chef de l’État a passé outre les recommandations de l’Office de la protection du citoyen, qui demandait la modification du décret créant l’agence controversée.

Décret en réparation ?

Le très controversé décret était au garage au Palais National, depuis la publication de l’avis de l’OPC le 30 décembre.

Le conseiller du président de la République, Guichard Doré confiait, bien avant la sortie de Jovenel Moïse, que le palais national était en train d’ajuster le texte en prenant en compte les recommandations de l’OPC. « Le texte sera publié sous peu dans le Moniteur », révélait Guichard Doré, sans indiquer une date précise.

Après analyse, l’OPC appelait l’exécutif à « revoir les articles liés à la nomination du directeur général de l’ANI et la mission de ses membres » et à « envisager une procédure claire pour que les agents puissent répondre de leurs actes en cas de violation grave des Droits Humains ou d’excès de zèle ».

Lire aussi : La liste des exactions attribuées à la BSAP s’allonge

Selon les critiques de l’OPC, « au lieu d’assigner l’ANI à un rôle marginal ou subsidiaire en matière de mission de police courante », le décret confère aux membres de l’agence « des prérogatives pour agir comme de véritables agents de la police judiciaire. Cela est inadmissible ».

Pour l’office, ces articles « ouvrent la voie à des risques d’abus d’autorité, de violations graves des Droits humains ou de bavures qui pourraient à eux seuls, justifier pleinement le statut de justiciable des personnels de l’agence ».

L’OPC note aussi, qu’en plus de conduire à une duplication des fonctions courantes et routinières de la police, les prescrits du décret permettent à l’ANI de s’affranchir de la mission de prévention qui guide tout service secret ou d’intelligence, pour s’inscrire dans un cadre de répression.

Contacté, le protecteur du citoyen, Renan Hédouville n’a pas souhaité donner son opinion sur le dossier.

 

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