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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Un peu de lecture ne peut pas faire de mal. Les Mots et les Torts du philosophe Jacques Rancière

Publié par siel sur 28 Février 2021, 22:50pm

Catégories : #CULTURE, #REFLEXIONS perso, #AYITI ROSE RAKET, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Les mots et les maux. Car les mots peuvent soigner de même qu'ils peuvent détruire.

C'est ainsi que les mots des dirigeants tèt kale, ceux de leurs propagandistes sur les ondes et sur Youtube,  ceux de leurs partisans sont une photographie des maux qui frappent les environnements sociaux et physiques d'Haïti.

Sur ce blog, j'ai souvent attiré l'attention des lecteurs sur la propagation d'un langage vulgaire, parfois même obscène comme celui de MARTELLY et de sa valorisation sur les réseaux sociaux, notamment le plaisir non dissimulé - pour ne pas dire la jouissance que prennent certains à traiter ceux avec lesquels ils ne sont pas d'accord de "kaka".

Le vocabulaire de certains Haïtiens qui commentent sur les réseaux sociaux semble, ces dernières années, se situer entre injures sales et flagorneries ( tu es le meilleur, le plus intelligent, le plus instruit) . Argumentaires et analyses étant assimilés pratiquement comme des blasphèmes.

L'exemple de Martelly, -le M. a été quand même président-, a sans doute joué un rôle dans cette valorisation des mots sales. Vous vous rappelez que les tèt kale, pour justifier le droit de l'ex-président à hurler dans un micro ses obscénités, répétaient ce slogan : Martelly dit des saletés, par contre il n'en fait pas. De sorte que pour les ignorants et les méchants l'usage des insultes est devenu pratiquement un signe de noblesse, les hissant au niveau du président.

Doit avoir joué un rôle également dans cette valorisation des injures, le style de communication d'Antonio Solà, reconnu en AM. du sud comme pratiquant une campagne politique sale "sucia" en considérant les adversaires de ses candidats comme des ennemis, des diables et non comme des opposants défendant des idées différentes.

A ceci, il faudrait ajouter le culte l'ignorance, lequel depuis toujours a été une des armes des dirigeants haïtiens et tout particulièrement ceux qui ont décidé qu'un peuple sans connaissances est un peuple facilement exploitable ( Duvalier F. fermant tous les laboratoires scientifiques dans le pays, l'école de sciences politiques fondées par L. Maniga. Et le duvaliérisme  qui pendant 29 ans de pouvoir absolu  et d'une soi-disant  idéologie "noiriste", n'ayant pas  créé d'universités de qualité dans le pays mais au contraire forçant les enseignants à s'exiler.)

Le culte de l'ignorance a fabriqué sur plusieurs générations de " tèt pete" et des "élites"  se prévalant de diplômes acquis à l'étranger pour l'entretenir, s'assurant ainsi une place dans la société  restreinte des "supérieurs" travaillant à maintenir les "inférieurs" dans la misère économique, intellectuelle et morale.

Les mots ont en Haïti construit des hiérarchies  et non pas comme dit Rancière contribué au processus d'émancipation politique. "Les mots," dit-il, "sont eux-mêmes des réalités dont l’action construit ou subvertit un ordre du monde."

Ceux utilisés par les dirigeants du pays, notamment ceux de JOVENEL, sont porteurs par leur violence,( ceux qui ne veulent pas me suivre doivent se mettre de côté s'ils ne veulent pas qu'un accident leur arrive, son serpent à 7 têtes, son kroke nan goj) le détournement de leur sens, véhiculent  bêtise, arrogance, méchanceté et haine.

Ce sont des mots qui construisent des barrières et enferment ceux qui sont obligés de les subir à travers les émissions de radio locales et les youtubeurs dit de "l'équipe" dans une réalité où les menteurs, voleurs, incompétents, flagorneurs, bêtes et méchants - arce que possédant le pouvoir des armes et de l'argent- sont hissés au rang d'Honorables, d'Excellence, de moralistes. 

 

 

 

 

Un peu de lecture ne peut pas faire de mal. Les Mots et les Torts du philosophe Jacques Rancière

Javier Bassas, Jacques Rancière

Les mots et les torts

Dialogue avec Javier Bassas

En dialoguant avec le jeune philosophe espagnol Javier Bassas, Jacques Rancière explicite deux idées qui sont au cœur de son travail. Les mots ne sont pas des ombres auxquelles s’oppose la réalité solide des choses. Ils sont eux-mêmes des réalités dont l’action construit ou subvertit un ordre du monde. Et l’écriture n’est pas l’illustration de la pensée. Elle est un travail de la pensée qui défait le tissu consensuel des rapports entre le perceptible et le pensable et ébranle les hiérarchies entre les modes de discours. Dans l’écriture philosophique comme dans les processus d’émancipation politique, il s’agit de construire des plans d’égalité en détruisant les barrières qui enferment les humains, leur expérience et leur pensée dans des mondes séparés. C’est ainsi tout un discours de la méthode égalitaire que Jacques Rancière développe ici et que Javier Bassas l’amène à préciser en confrontant ses analyses à d’autres entreprises théoriques : marxisme althussérien, phénoménologie ou déconstruction derridienne.

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