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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Référendum et Réforme de la Constitution, l'exemple du CHILI à comparer avec la mascarade sous l'égide du CORE GROUP organisée en Haïti.

Publié par siel sur 12 Avril 2021, 13:26pm

Catégories : #NUESTRA AMERICA, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Le 25 octobre, les Chiliens sont appelés à voter pour un référendum sur la réforme de leur Constitution, héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990). Le 18 octobre 2019, une protestation contre une hausse du prix du ticket de métro avait débouché sur un vaste mouvement populaire. Cette journée avait été le point de départ de manifestations massives, de pillages et d'affrontements avec les forces de l'ordre.

TV5MONDE : Ce 25 octobre que va-t-il se passer ? Pourquoi les Chiliens veulent-ils reformer cette Constitution ?

Mathilde Allain : La Constitution date des années 80, de la dictature. Elle a été rédigée par les idéologues du régime d’Augusto Pinochet et ratifiée par référendum par les Chiliens, mais un référendum frauduleux, truqué, mis en place dans un contexte de répression des opposants politiques. Or cette Constitution perdure jusqu’à maintenant, depuis 40 ans.

Certains aspects de la Constitution ont été modifiés sur ses volets politiques, mais cela a pris un certain temps. Il y a eu une première vague de modifications dans les années 90 puis ensuite, en 2000 et en 2005, sous la présidence de Ricardo Lagos (gauche). Un certain nombre de "verrous autoritaires", ont été supprimés comme l’élection des sénateurs à vie - il faut savoir que Pinochet était sénateur à vie.
En revanche, le cœur de la Constitution, à savoir les orientations de modèles et de choix économiques, perdurent encore jusqu’à maintenant. Et c’est sur ce volet que le bât blesse. C'est la raison pour laquelle des millions de Chiliens sont descendus dans la rue l’année dernière.

Pourquoi maintenant ?

Nous avons eu une mobilisation d’ampleur le 18 octobre 2019, un mouvement qui avait commencé par un refus de payer le ticket de métro plus cher, qui s’est transformé progressivement en une vague de mobilisation, de ras-le-bol, dans tout le pays. Le gouvernement du président Sebastian Piñera a été mis au pied du mur : il fallait réformer la Constitution. Et cela nous emmène jusqu’à aujourd’hui.
 

La réforme de la Constitution est un vieux débat qui revient toujours au premier plan dès qu’il y a une revendication sociale.Mathilde Allain, chercheuse au Centre de recherche et de documentation sur les Amériques (CREDA)

La réforme de la Constitution est un vieux débat qui revient toujours au premier plan dès qu’il y a une revendication sociale : on en revient toujours à la Constitution qui empêche toute réforme sociale d'ampleur. Quand on traite de la question des retraites, de l’éducation, des ressources naturelles, de la question épineuse de l’eau, comme en ce moment, on en revient aux décisions prises en 1980 qui pèsent sur tout le pays. Cette Constitution a été difficile à réformer parce qu’il faut pour cela les deux tiers du Congrès. Même Michelle Bachelet (présidente de la République de 2006 à 2010 pour de 2014 à 2018) qui avait la majorité n’y est pas parvenue. Il faut comprendre qu’au Chili, le parti héritier du pinochetisme, l’UDI, est très présent au Congrès et a bloqué toute tentative de modifier ce texte constitutionnel.

Sur quoi porte le référendum ?

La première question est simple : voulez-vous changer la Constitution ? Puis se pose la question de la manière de rédiger une nouvelle constitution et quel organe sera chargé de mettre en œuvre cette Constitution ? Et là nous avons deux options.

Soit une convention mixte constitutionnelle : composée de parlementaires désignés et de citoyens élus. Soit une convention constitutionnelle. Il s’agirait d’une assemblée constituante, composée uniquement de citoyens élus dans laquelle il y aurait une parité femmes/hommes.

Est-ce que les Chiliens font confiance à leurs représentants pour mettre en place cette réforme en profondeur ou sont-ils désabusés par le pouvoir en place comme on a pu le voir par les nombreuses manifestations de masse ?

Une frange de la population chilienne manifeste un réel désintérêt de la politique, mais c’est en partie à elle que l’on doit le fait qu’un mouvement social classique est devenu une sorte de révolution. Il s’agit de Chiliens qui n’avaient jamais manifesté dans leur vie. Octobre 2019 a été leur premier mouvement social pour exprimer un besoin de changement.

Ensuite, la deuxième question risque de susciter le plus d’inquiétudes car on ne sait pas comment on va faire cette nouvelle Constitution. Il y a un manque profond de confiance envers la classe politique et les partis politiques.
C'est un mouvement social qui refuse d’être identifié à un ou plusieurs chefs. Il refuse d’avoir une organisation qui viendrait parler au nom des manifestants.

Aujourd'hui, un an plus tard, les Chiliens ont eu le temps de s’intéresser à la question de la Constitution. Depuis novembre dernier, il y a eu un mouvement de consultation citoyenne qui a été un peu arrêté à cause du Covid : c'est ce qu’on appelle des « cabildos », c’est-à-dire des rencontres citoyennes dans les quartiers, sur les places, dans les immeubles, pendant lesquelles les gens se retrouvent pour parler de ce qu'est une Constitution, en quoi la Constitution a des effets dans leur vie quotidienne et comment on va la changer, qu’est-ce qu’on souhaiterait y mettre, etc. Ces « cabildos »(qui signifie « petite rencontre », « petite réunion ») ont été organisés partout au Chili. Ils ont donné lieu à des discussions et à une forme de pré-sensibilisation citoyenne.

En Amérique latine, il y a souvent ce type de réunions, notamment pour respecter une certaine diversité d’opinions, de choix, les identités de chacun. Dans d’autres pays d’Amérique latine, les mouvements autochtones ont cette culture des « cabildos » et permet à chacun de sentir que sa parole est écoutée et se reflète dans le projet collectif. C’est quelque chose de très présent en Amérique latine, cela fait partie des moyens de mobilisation et de la culture citoyenne.
 

SUITE dans le lien

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