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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Un peu de culture ne peut pas faire de mal. "Haïti mon amour" de la pianiste franco-haïtienne Célimène Daudet

Publié par siel sur 24 Juin 2021, 21:20pm

Catégories : #CULTURE, #AYITI ACTUALITES

  ‘Feuillets d’album numéro 1’, de Ludovic Lamothe, ouvre l’opus et pousse à s’asseoir tant la délicatesse et le spleen contenu qui s’en dégagent font l’effet d’une gifle émotionnelle bienvenue en notre époque débile sens dessus dessous, privée de temps mort et d’introspection. 

Nul besoin de s’y connaître en musique de chambre ni d’avoir suivi pas à pas le parcours de la soliste Célimène Daudet depuis ses débuts sur la mythique scène du Carnegie Hall pour se retrouver dès la première écoute happé par ce troisième album, solaire. Pas plus n’est-il nécessaire de maîtriser sur le bout des doigts tous les chapitres de la Révolution haïtienne de 1804 (qui vit la naissance de la première république noire au monde, liberté arrachée aux Français par les anciens enchaînés eux-mêmes, Toussaint Louverture et Jean-Jacques Dessalines sabre levé) pour frémir aux envolées lyriques et romantiques, aux accélérations oniriques qui évoquent les transes paysannes dédiées aux loas (esprits vaudous).

 

La pianiste multi-primée à l’international, formée au Conservatoire d’Aix-en-Provence (puis à Lyon et Paris), renoue ici avec ses origines (sa mère est haïtienne) en reprenant les partitions négligées par la postérité de trois compositeurs de la ‘Perle des Antilles’, formés en France mais précipités dans le gouffre de l’oubli par les crises successives et l’absence de projecteurs braqués, de reprises : Ludovic Lamothe (1882-1953), surnommé ‘le Chopin noir’, Justin Élie (1883-1931) et Edmond Saintonge (1861-1907). 

Si le pays sans repos, malgré sa situation sanitaire et politique constamment alarmante, ses catastrophes naturelles et l’indifférence pérenne de la communauté internationale à son égard (sauf lorsqu’il s’agit de placer ses ONG proche des manettes), tire fierté de l’aura mondiale de ses écrivains et de ses peintres, la musique classique semble être le parent pauvre de ses arts. Célimène Daudet, en utilisant sa notoriété pour exhumer et faire revivre cette richesse oubliée, effectue de ce point de vue un geste militant dans le plus beau sens du terme, qui ne peut que piquer la curiosité et inspirer le respect.

Suite de l'article dans le lien.

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