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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


L'épitre aux imposteurs - Par ERNO RENONCOURT

Publié par siel sur 15 Août 2021, 20:23pm

Catégories : #E.Renoncourt chroniques, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire...

 

L'assassinat de Jovenel Moïse est un fait socio-politique dont la nature crapule et mafieuse est objectivement attestée. Aux dernières informations, il est fait mention de la découverte, au domicile de celui qu’on peut désormais considérer comme le trésorier des cartels des entreprises haïtiennes de la criminalité, de la modique somme de 45 millions de dollars américains. Tout un butin de guerre éparpillé dans des boites de carton et arrangés en liasse touffue ‘‘de petits rectangles de papier bruissant’’ symbolisant, selon Marcel Pagnol, la force et la puissance capables de blanchir même un nègre inculpé. Preuve s'il en fallait qu'on ne perd pas toujours sa lessive à blanchir la tête des nègres au service des rentiers de la finance. 45 millions de dollars comme argent de poche ! Toute une rente provenant des basses œuvres de la grande criminalité nationale, en résonance avec la criminalité financière internationale, constituée de paquets de billets flambant neufs, et estampillés du logo d’une incertaine banque secrète installée au domicile de l’homme banane. Private Banking !

 

Ordures, pestilences et autres charognards

Ah, qu’elle se révèle prémonitoire pour comprendre la défaillance d’Haïti, l’intrigue de ces séries qui racontent comment la délinquance financière internationale privatise et shitholise certains États au sud de la vie pour servir à la fois de caisse noire et de lessiveuse de l’argent sale généré par le capital.  Logiquement ces États sont confiés à des dirigeants choisis pour leur humaine médiocrité et leur malodorante incongruité. Et comme dans une éternelle ambivalence où l’imposture est la règle, les architectes de l’empire, qui dessinent et renforcent sur mesure les structures de ces États orduriers, s’arrangent pour leur donner un vernis reluisant. Aussi, ils ont pris soin de distribuer en amont des médailles honorifiques, des distinctions littéraires et des gratifications académiques comme autant de flagrances et d’arômes capables destinés à atténuer la pestilence institutionnelle. Mais au fond, ils savent que cela n’empêchera pas aux charognards de venir s’y repaitre.

L’État de droit a été à dessein renforcé sur des fondations culturelles non résistantes aux précarités et programmé pour être piloté par un logiciel humain non éthiquement recyclable. Il s’en est résulté l’émergence d’un État de passe-droit qui ne tarda pas, sous le triomphe médiatique des bandits légaux, à devenir un État gangstérisé. C’est donc en toute cohérence indigente que ces bandits légaux promus par l’escroquerie internationale assimilent l’argent du trésor public à leurs biens privés. 45 millions dans des cartons ! Juste de quoi acheter des épices disent certains journalistes affreux. Ne comptez pas sur ces médias pour rappeler qu’au cours de l’an 1 de ce régime de gangsters installé par les Clinton, après le séisme de 2010, des coffres-forts avaient été achetés pour entreposer au palais national une partie des fonds de la banque centrale. Et cela n’avait pas choqué outre mesure le secteur bancaire et économique du pays. Ne comptez pas sur les gens dits respectables et les gens dits de bien d’ici pour exiger de l’exemplarité au sommet de l’État. Ah, que dis-je, de cet État improbable. Michel Martelly avait dit publiquement en 2011 que ses dépenses extravagantes de voyage en jet privé avaient été financés par « ses petits amis du secteur privé ». Personne parmi les papes de la bien-pensance haïtienne n’avaient levé la voix pour dire qu’un État ne se gère pas comme un business privé et qu’il ne devait pas y avoir tant de liaisons malsaines entre la gouvernance publique et les intérêts privés.

 

Mais, qui s’intéresse vraiment à ce qui se passe en Haïti ? Qui pour exiger une effective démocratie dans un lieu qui ne revient à la conscience du monde que par ses malheurs, car ceux-ci sont toujours des festins où se convient les charognards de l’humanitaire pour venir se repaitre ? Qui pour mettre en péril sa carrière, ses succès pour une population qui n’est qu’une fiction anthropologique maintenue pour des expériences humanitaires aux frontières de l’absurde, là où paradoxes et singularités se côtoient dans un troublant enchevêtrement. Ah, quel étouffoir que ces espaces d’entre soi  peuplés de ressources inhumaines et régis par des malfrats en costards et autres truands diplômés !

45 millions en petites coupures chez un président de la république épinglé dans de nombreux rapports de corruption  ! Pas une démission ! Pas une arrestation !  Pas la moindre indignation collective ! Pourtant, des artistes prétendus engagés s’étaient indignés de ne pas avoir reçu leur pitance pour le carnaval en 2018 ! 45 millions en espèces volantes !  Un scandale qui devait provoquer des émeutes de la dignité dans un pays que Courrier International a présenté comme ayant les entrailles profondément pourries et gangrénées par deux siècles de corruption.

SUITE dans le lien.

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