Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Global Initiative contre le crime organisé. Les Kulunas gangs de la République démocratique du CONGO.

Publié par siel sur 18 Octobre 2021, 13:10pm

Catégories : #INTERNATIONAL, #CULTURE

Global Initiative contre le crime organisé. Les Kulunas gangs de la République démocratique du CONGO.

EXTRAITS 1

"Les Kuluna sont apparus comme un phénomène social vers l’an 2000, dans un contexte d’effondrement de l’État et de l’ordre public.3 Pendant cette période où régnaient l’anarchie et la guerre civile, ils sévissaient dans les rues des quartiers les plus pauvres de Kinshasa, comme Yolo, Limete, Matete et Makala. Depuis lors, malgré plusieurs mesures de répression organisées par la police à leur encontre, leur influence s’est étendue au reste de la ville mais aussi, comme évoqué plus haut, à d’autres villes.

Des banlieues de Kinshasa où la police n’osait pas s’aventurer, les gangs ont progressivement investi les quartiers centraux ainsi que les camps militaires et policiers, recrutant même
leurs membres parmi les enfants d’officiers. « Vous savez, ici, les enfants de la PNC [Police nationale congolaise] sont tous des Kuluna », a déclaré un habitant de Lingwala, commune de Kinshasa.4 Aujourd’hui, à l’exception de Gombe au centre-ville où se trouvent les ministères et les ambassades, les gangs Kuluna sont présents partout dans la capitale – en plus grand nombre cependant dans les secteurs pauvres/bidonvilles (Lingwala, Barumbu...) et dans
les quartiers centraux défavorisés comme Kasa Vubu, Ngiri Ngiri, Kalamu, Bumbu, Makala et Limete. On les retrouve également dans les camps militaires tels que ceux de Muganga, N’Djili, Kimbanseke, Masina et Ceta.
Dans le cadre de leurs opérations, ils ont tendance à défendre leur territoire. Un quartier,
s’il en fait partie, leur « appartient » – ils agressent les étrangers qui le traversent mais ne s’en prennent pas à ceux qui y vivent. Plusieurs gangs peuvent cohabiter dans un même quartier, un système de gouvernance permettant d’établir une hiérarchie basée sur leur réputation
et la violence dont ils font preuve – les groupes les plus connus, quant à eux, « parrainent » ceux qui se sont formés plus récemment. En outre, chaque quartier compte un certain nombre de petits gangs Kuluna inconnus ;..."

EXTRAITS  2

"En raison de la violence dont ils font preuve, les Kuluna sont amenés à interagir avec les partis politiques et les forces de l’ordre, notamment la police congolaise. Ces relations symbiotiques, motivées par des intérêts mutuels, peuvent être
décrites comme des partenariats criminels.
Des mercenaires politiques
Aux yeux des partis politiques, les Kuluna représentent une main-d’œuvre qu’il est possible d’engager pour commettre des actes répréhensibles dans le milieu. Réputés pour leur propension à la violence, on leur demande d’intimider leurs opposants, de perturber les rassemblements publics mais aussi d’assurer la protection de figures politiques,
par exemple. Les Kuluna sont rémunérés à la journée et gagnent habituellement
entre 1 000 et 3 000 francs congolais chacun (entre 0,50 et 1,50 USD).
Leurs services sont notamment très demandés en période d’élections. En RDC,
la violence électorale est systématique depuis les élections de 2006.17 Les campagnes
se déroulent principalement dans la rue, les partis rivaux faisant étalage de leur puissance dans l’espace public par le biais de manifestations et de rassemblements. Les hommes politiques recrutent des Kuluna pour saboter les manifestations d’autres partis et assister à des rassemblements, meetings ou événements sportifs importants afin de détrousser les gens, le tout généralement dans un climat de violence."

 

EXTRAITS 3

Pendant les élections de 2011, les Kuluna ont été recrutés par le parti politique du président sortant, Joseph Kabila, pour semer la terreur parmi les Kinois et attaquer les rassemblements politiques de l’opposition. Les journalistes et les militants de la société civile qui ont rendu cette affaire publique ont été arrêtés et se sont vus intimidés par les services de sécurité.18 De même, entre 2016 et 2018, à l’occasion d’une campagne politique de l’opposition visant à forcer le président Kabila à organiser des élections, les gangs ont été mobilisés par le parti au pouvoir et par la police anti-émeute, qui les ont utilisés comme auxiliaires.
Les partis politiques les plus riches ont leur propre service de sécurité, généralement assuré par le mouvement des jeunes du camp correspondant. Il arrive, cependant, qu’ils réquisitionnent des hommes de main parmi les Kuluna. Mushi Ndibu, membre de gang, était à la tête du service de sécurité du parti de Joseph Kabila, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie. Champion de judo, il avait pour mission de recruter de jeunes hommes, notamment des Kuluna, pour garantir que les événements
se dérouleraient sans heurts.19
Le parti de Félix Tshisekedi, l’Union pour la démocratie et le progrès social, dispose lui aussi de son propre service de sécurité, principalement composé de wewa – jeunes conducteurs de taxis-motos qui ont migré vers la capitale, engagés selon des critères ethniques.20
Le recours aux Kuluna, et donc à une violence qui s’achète, permet aux partis politiques de nier toute implication directe dans les actes commis et de rejeter la faute surles organisations criminelles. La plupart du temps, toutefois, Kuluna et politiciens n’hésitent pas à afficher la relation professionnelle qu’ils entretiennent21 : lorsque des membres de gangs sont arrêtés, il n’est pas rare que des hommes politiques contactent discrètement la police et les représentants de la justice pour organiser leur libération.
Les Kuluna ne prêtent allégeance à aucun parti. En effet, comme beaucoup de Congolais, les gangs se montrent très critiques envers la classe politique. Ils jouent pourtant un rôle stratégique dans les campagnes électorales en RDC, auxquelles ils participent en tant que « mercenaires » politiques. S’il peut être tentant d’interpréter cette collaboration comme une politisation des jeunes, il n’en est rien : elle s’appuie uniquement sur les avantages qu’y trouvent les différentes parties. La politique et les politiciens n’ont pas bonne presse auprès des Kuluna, et vice versa."

https://globalinitiative.net/wp-content/uploads/2021/06/Criminels-ou-justiciers-Les-Kuluna-gangs-de-République-démocratique-du-Congo-GITOC.pdf

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents