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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le DEVOIR. En Haïti, la terreur se nourrit d’incurie. Par Guy Taillefer

Publié par Guy Taillefer sur 20 Octobre 2021, 16:01pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Sur fond d’effondrement politique et étatique total en Haïti, une nébuleuse de gangs a littéralement pris le pouvoir à Port-au-Prince, ou du moins dans une grande partie de la capitale. L’enlèvement samedi, par le gang 400 Mawozo, de missionnaires nord-américains appartenant à une organisation caritative de l’Ohio, Christian Aid Ministries, n’est que la plus récente indication du climat de terreur dans lequel l’île s’enfonce.

Comme il s’agit d’étrangers, on en entend forcément davantage parler. Or, le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme, basé à Port-au-Prince, a recensé plus de 600 kidnappings contre rançon entre janvier et septembre 2021, dont 29 d’étrangers, contre un peu moins de 250 l’année dernière. Ces bandes surarmées contrôleraient aujourd’hui la moitié de la capitale et ses principales routes d’accès. Il fut un temps où les enlèvements de citoyens américains ne se produisaient que rarement. Ils sont devenus plus courants depuis deux ans, ainsi que ceux de membres de l’Église catholique. Particulièrement dangereux, 400 Mawozo est accusé de commettre des violences et des viols abjects. 

Jusqu’au démantèlement de la mission de paix (MINUSTAH) en 2017, la violence des gangs aura été relativement contenue. De l’élection bâclée de Jovenel Moïse en 2016 à son assassinat le 7 juillet dernier, en passant par le scandale de l’affaire PetroCaribe, qui a provoqué l’émergence d’un large mouvement populaire anticorruption qu’on refuse d’ailleurs toujours d’entendre, Haïti a vu sa crise politique permanente donner lieu à une profonde crise sociale qui dégénère maintenant en crise sécuritaire. Une descente aux enfers pour les Haïtiens dont on peut à peine, d’ici, mesurer l’ampleur, mais dont il est clair qu’elle est le produit d’une incurie crasse et d’un mépris sans fin d’élites nationales soutenues par les États-Unis en dépit de l’opposition généralisée de la société civile. Résultat : plus de la moitié des 11 millions d’Haïtiens vivent aujourd’hui sous le seuil de la pauvreté, une pauvreté qui ne tient pas, comme le veulent les creux clichés, à la « fatalité », mais à des dynamiques d’inégalités et de paupérisation entretenues par les pouvoirs.

Par « incurie », on entend des politiciens haïtiens qui passent moins de temps à tenter de remettre le pays sur les rails et à lutter contre l’impunité qu’à s’accuser mutuellement d’être impliqués dans l’assassinat de l’ex-président Moïse. Un président dont, par ailleurs, on dénonçait de son vivant la dérive autoritaire et l’instrumentalisation à ses propres fins de la violence des gangs.

Suite dans le lien.

 

 

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