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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


La loi de ma bouche. De qui Jovenel Moïse était-il la propriété ? Des infos basées sur des faits bien qui complètent celles du NY Times

Publié par siel sur 24 Décembre 2021, 23:19pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Dans le fameux article du New York Times sur l’implication présumée de la famille de l’ancien Président Michel Martelly dans la magnicide de son dauphin, nous retrouvons sa femme, Sophia Saint Rémy Martelly, clarifiant pour une dilettante qu’elle s’appliquait à réprimander: « Jovenel Moïse est un propriété. »

Selon Esther Antoine, anciennement de la Commission Présidentielle pour le Suivi, l’Efficience et l’Efficacité des Politiques Publiques (Delivery Unit), madame Martelly était furieuse de ne pas être tenue au courant de tous les déplacements du candidat Jovenel Moïse. Alors que son président de mari avait accepté de se mettre un peu en retrait pour laisser au Nègre Banane la chance de se faire connaitre, madame Martelly ne l’entendait pas de cette oreille. Il importait de le comprendre: « Jovenel est une propriété ». Une propriété que l’on doit pouvoir retracer à tout moment.

Dans un pays qui a fait 1804 et où la question de couleur – les américanisés parlent de colorisme – demeure prégnante, une telle affirmation évoque des images mal venues de personnes noires asservies. Jovenel Moïse est un homme bien noir, choisi – nous assure le chanteur et ex-Sénateur Jacques Sauveur Jean – pour sa ressemblance avec le paysan haïtien anciennement asservi. Les Martelly sont des grimauds – Noirs de teint clair – se projetant mulâtres – métis générationnels. L’affirmation provoque un certain inconfort.

« Jovenel Moïse est une propriété » ne veut pas dire toutefois qu’il est celle des Martelly ou même des Saint-Rémy. Seulement qu’il appartenait à quelqu’un. Quelqu’un qui tenait à tout connaître de ses faits et gestes. Quelqu’un qui devait continuer à le suivre durant sa présidence et qui doit en savoir plus sur sa mort. Qui y a donné son accord ? Qui l’a commandité ?

Dans l’article du New York Times, comme dans les ragots de la République, Michel Martelly semble être un jouet aux mains de sa femme et de la famille de celle-ci. Cela s’entend. La journaliste semble avoir surtout rencontré des informateurs venant du camp Lamothe – Esther Antoine, certes, mais il faut sans doute compter le compagnon de celle-ci parmi les conseillers anonymes cités.

À l’époque où il était Premier Ministre, le camp de Laurent Lamothe pointait déjà du droit Sophia Martelly comme l’artisane du schisme entre les deux amis. Sophia Martelly qui faisait espionner le Palais par Anne-Valérie Timothée Milfort. Sophia Martelly qui faisait espionner Global Voices – l’entreprise de Monsieur Lamothe – à qui elle louait une maison. Sophia Martelly qui, avec le concours de son frère, Kiko, remettait les ministres à leur place et travaillait à faire tomber le Premier Ministre.

La chose n’est pas nouvelle. Depuis 1804, les hommes qui ont fait la révolution ont décidé de s’emparer du pouvoir au détriment de celles qui l’ont fait avec eux. Parallèlement, se construisit une rhétorique d’arrivistes, d’intrigantes, de grands jupons contrôlant dans l’ombre de pauvres hommes politiques livrés aux descendantes de Jouthe Lachenais – archétype de la séductrice haïtienne qui se serait offerte 35 ans de pouvoir en prenant au piège Alexandre Pétion puis Jean-Pierre Boyer. Sophia Martelly en femme fatale de l’ère PHTK, sorte de Lady Macbeth des Caraïbes, n’est pas difficile à vendre. Dans un pays où pour mieux empêcher les femmes d’accéder au pouvoir, on s’empresse de leur supposer un pouvoir de l’ombre, le récit trouvera – et de fait a trouvé – facilement un écho.

Ce caveat posé, l’on ne peut ignorer l’influence des Saint-Rémy dans l’ère PHTK. Il y a la femme, Sophia, ancienne manager du chanteur Sweet Micky un temps reconvertie en gestionnaire de programmes sociaux financés par les fonds Petrocaribe après avoir travaillé sur les problèmes de laide humanitaire en compagnie d’un certain Josué Leconte, futur collègue de son beau-frère, Gesner. Il y a le beau-frère – Gesner Champagne – qui menace des directeurs généraux, dont la compagnie – Preble-Rish Haiti – dépêche des mercenaires américains à la Banque centrale et chez qui, le frère, Kiko, gifle des ministres. Il y a le frère, Charles « Kiko » Saint-Rémy, giflant des ministres par ci, menaçant qui veut lui enlever le monopole du commerce d’anguilles, par là ou appelant à et obtenant la démission du Premier ministre Lamothe.

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