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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Ce qu'a oublié de dire F. ESTIMÉ, c'est que contrairement aux intellos primés haïtiens, Mario Vargas Llosa, l'écrivain péruvien avait écrit ...

Publié par siel sur 26 Juin 2022, 21:24pm

Catégories : #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ECONOMIE, #AYITI-RD relations, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

... une tribune virulente dans le journal espagnol  El Pais pour dénoncer cet acte qu'il qualifiait de raciste.

Les parias haïtiens des Caraïbes

La décision de la Cour constitutionnelle dominicaine qui ouvre la porte à la "dénationalisation" de milliers de citoyens d’origine haïtienne nés en République dominicaine est inique, clame Mario Vargas Llosa, Prix Nobel de littérature 2010, qui la compare aux lois hitlériennes des années 1930.

El País| Mario Vargas Llosa – 5 novembre 2013

Juliana Deguis Pierre est née il y a vingt-neuf ans de parents haïtiens en République dominicaine et n’est jamais sortie de son pays natal. Jamais elle n’a appris le français ni le créole, et elle parle uniquement ce bel espagnol aux intonations dominicaines si chantantes. Munie de son certificat de naissance, Juliana a déposé une demande de carte d’identité à la Junta Central Electoral, l’état civil dominicain, qui la lui a refusée, lui confisquant de plus le certificat en arguant de "patronymes suspects".

Juliana a présenté un recours, et le 23 septembre 2013, le tribunal constitutionnel dominicain a rendu son verdict, refusant la nationalité dominicaine à tous ceux qui, comme cette jeune femme, sont enfants ou descendants de "migrants" clandestins. La décision du tribunal suscite un tollé international contre la République dominicaine et fait de Juliana Deguis Pierre l’incarnation de la tragédie des quelque 200 000 Dominicains d’origine haïtienne (estimation de Laura Bingham, de l’Open Society Justice Initiative) qui se retrouvent ainsi apatrides, privés, pour beaucoup de façon rétroactive, de leur nationalité.

La conclusion du tribunal constitutionnel dominicain est une aberration juridique qui semble directement inspirée des lois hitlériennes des années 1930, édictées par des magistrats nazis dans le but de priver de la nationalité allemande les Juifs pourtant établis dans ce pays depuis des années (des siècles, même) et parfaitement intégrés dans la société. La décision est en tout état de cause en infraction avec un arrêt de la Cour interaméricaine des droits de l’homme (dotée d’une convention à laquelle la République dominicaine fait partie) qui, en septembre 2005, avait déjà condamné ce pays pour négation du droit à la nationalité de deux petites Dominicaines nées comme Juliana de parents haïtiens, Dilcia Yean et Violeta Bosico. Il est évident, au vu de ce précédent, que la Cour interaméricaine, si elle était saisie, réaffirmerait ce droit et que la République dominicaine serait contrainte de s’y plier, sauf à décider – ce qui est très peu probable – de se mettre à l’écart du système judiciaire interaméricain et de devenir un pays paria.

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