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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Chili : les raisons d’un échec

Publié par siel sur 5 Septembre 2022, 12:07pm

Catégories : #NUESTRA AMERICA, #ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Vaincue à l’élection présidentielle de décembre 2021, l’extrême-droite nostalgique de Pinochet tient sa revanche. Avec une participation record, cependant marquée par l’abstention des jeunes et une campagne polluée par une multitude de fake news, les Chiliens ont rejeté, à 61,9 % des voix, la nouvelle Constitution qui leur été proposée. Deux ans plus tôt, ils étaient pourtant à 78,3 % à plébisciter un changement de constitution. Pour sortir du néolibéralisme de l’extrême, le Chili devra encore attendre. Les héritiers des "Chicago Boys", qui s’étaient ralliés à Pinochet, sont encore parvenus à tenir en laisse les exigences sociales et écologiques qui avaient pourtant porté la gauche au pouvoir. Et cette fois-ci, sans coup d’État.

En 2020, 78,3 % des Chiliens avaient approuvé par référendum le choix de se doter d’une nouvelle Constitution. Deux ans plus tard, les Chiliens rejettent à près de 62 % le projet de nouvelle Constitution élaboré par une Assemblée constituante qu’ils ont eux même élus, après avoir élu en décembre 2021 un jeune Président de gauche. Paradoxes ? Oui et non.

 

 

Lors du référendum de 2020, 7,8 millions de personnes avaient voté. Le référendum de ce dimanche a mobilisé près de 13 millions d’électeurs (sur 15,2 millions d’inscrits), un niveau de participation jamais atteint au Chili, très au-delà de ce que prévoyaient les sondages (qui misaient sur une participation de 10 millions de personnes). Pour la première fois au Chili, le vote était obligatoire, avec risque d’amende à la clé.

 

 

 

A lire sur les humanités : « Chili : une journée historique pour se re-constituer »

 
 
 
Selon de premières analyses, les "abstentionnistes traditionnels" qui ont voté cette fois-ci sont en majorité des personnes âgées. Les 18-25 ans semblent s’être grandement désintéressés du référendum. Or, c’est parmi les plus âgés (pas tous forcément nostalgiques de la dictature de Pinochet) que la campagne de la droite (pour le Rechazo) a fait mouche, à base de fausses nouvelles distillées tout au long de la campagne, avec d’énormes moyens financiers et publicitaires. De toute évidence, cette campagne, destinée à semer la peur parmi la population (avec parfois des relents racistes : les peuples autochtones, notamment Mapuche, allaient du jour au lendemain exproprier les "braves gens" ; ultra-catholiques : au nom de l’égalité des genres, des cours sur l’homosexualité seraient introduits à l’école dès le primaire ; ou triviaux : au nom de la protection du bien être animal, la consommation de viande serait interdite ; etc., etc.), résulte d’une opération d'intense "marketing" qui ne doit rien au hasard. Certains lobbys (financiers, industriels, extractivistes…) menacés par le projet de nouvelle Constitution, alliés aux forces les plus réactionnaires du pays, ont donc réussi à saboter le processus démocratique de l’Assemblée constituante. Pas besoin d’un coup d’État comme celui qui avait renversé Salvador Allende en 1973 : la dictature néo-libérale et écocidaire utilise des moyens plus "modernes" pour maintenir ses privilèges. Et elle peut de surcroit compter, au Chili comme ailleurs, sur l’extrême dépolitisation d’une grande partie de la jeunesse. En face, comme l’a reconnu ce dimanche soir la députée communiste Carmen Hertz, les partisans de l’Apruebo ont mal mesuré les ravages de cette campagne brutale de fake news et n’ont pas trouvé les moyens d’y répondre efficacement.

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