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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


« Kay koule twonpe solèy men li pa twonpe lapli » (Proverbe haïtien) Une analyse du rôle de l'intellectuel du PHTK. Par Robert Berrouët-Oriol,

Publié par Robert Berrouët-Oriol, sur 6 Septembre 2022, 12:03pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #AYITI ROSE RAKET

1-Ariel Premier ministre/président nommé par la CI; 2- Barbecue président de l'association des gangs fédérés (G9) nommé par la CI.

1-Ariel Premier ministre/président nommé par la CI; 2- Barbecue président de l'association des gangs fédérés (G9) nommé par la CI.

Bref survol de la nature du cartel politico-mafieux du PHTK

En embuscade depuis 1986 sous le nom de « Front social de concertation » (FSC) renommé en 1990 « Parti pour l'avancement intégral du peuple haïtien » (PAIPH), le PHTK (« Parti haïtien tèt kale ») est issu d’une nébuleuse politique dénommée « Repons peyizan ». Celle-ci a été à la manœuvre dès août 2010 dans la saga magouillante ayant conduit Michel Martelly à la présidence du pays. Cette nébuleuse prendra en 2012 le nom de PHTK pour amplifier le soutien de l’extrême-droite haïtienne à un clown porteur d’un discours haineux envers les femmes et ouvertement néo-duvaliériste, Michel Martelly. « Repons peyizan »/PHTK a conquis le pouvoir il y a onze ans avec un très faible taux de participation électorale (environ 22,87%) et surtout grâce aux manœuvres et malversations persistantes du Département d’État américain et du clan Clinton (sur les élections de 2010, voir l’analyse du juriste Eric Sauray, « Haiti-Élections : lectures des résultats du scrutin du 28 novembre 2010 », AlterPresse, 17 décembre 2010 ; à propos des élections législatives de 2015, voir le « Rapport préliminaire sur le premier tour des élections législatives partielles, 25 août 2015 », par le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), le Conseil national d’observation électorale (CNO) et le Conseil haïtien des acteurs non étatiques (Conhane) ; voir aussi « Haïti en route vers une nouvelle farce électorale », par Leslie Péan, AlterPresse, 15 mars 2015).

En termes de configuration sociale, le PHTK --qui n’a pas de véritables assises populaires et qui occupe aujourd’hui le pouvoir de manière inconstitutionnelle--, amalgame des individus aux ramifications sociales aussi disparates que l’industriel Charles Henri Baker, Michel Martelly, Liné Balthazar, Bochitt Émond, Dore Guichard, Laurent Lamothe, les frères Mayard-Paul, Ann Valérie Timothée Milfort, Marie Yanick Mézile, Jean Renel SanonRenald Luberice, Mathias Pierre, Guy Lafontant ainsi que Danièle St-Lot, ancienne présidente de l'organisation « Femmes en démocratie », propagandiste et porte-parole du PHTK en 2014, etc.

Sous la houlette du Core Group et du Département d’État américain, des affairistes (des « brasseurs d’affaires » », des « gran manjè ») de la petite et moyenne bourgeoisie, liés au secteur mafieux de la bourgeoisie commerçante et industrielle, ont constitué un cartel informel mais puissant, véritable détenteur du pouvoir exécutif, en une sorte d’alliance stratégique destinée principalement à la reproduction du système oligarchique-monopolistique haïtien. Cartel néo-duvaliériste, notamment dans sa conception hyperprésidentialiste du pouvoir, le PHTK se réclame ouvertement du « duvaliérisme historique » et compte en son sein divers « héritiers » et ayant-droit du duvaliérisme parmi lesquels Louis-Gonzague Day (sur l’héritage duvaliériste inscrit dans l’ADN du PHTK, voir la série de quatre articles de Leslie Péan, « Haiti : gouvernance occulte, gouvernance inculte, gouvernance superficielle », AlterPresse, juin 2014).

 Le PHTK-cartel-mafieux se caractérise également par la ganstérisation/criminalisation du pouvoir d’État hérité de la dictature duvaliériste, couplée à la dislocation des institutions républicaines de l’État et à la promotion/valorisation dans toutes les couches sociales de pratiques mafieuses. Il est ainsi avéré que le PHTK-cartel-mafieux est lié à tous les étages de l’édifice social aux gangs armés dont il n’a pas le contrôle exclusif mais qui ont déjà la mainmise de facto, par kidnappings et rançons quasi quotidiens, sur une partie des zones urbaines de la capitale et de certaines villes de province (voir la rigoureuse et éclairante analyse de Roromme Chantal, enseignant-chercheur à l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton « L’ONU, le PHTK et la criminalité en Haïti », Le Nouvelliste, 8 août 2022 ; sur le thème de l’« enfumage académique » et de « l'axiomatique de l'indigence », voir l’article d’Erno Renoncourt, « Rayonnement académique par endettement éthique », Médiapart, 14 août 2022 ; du même auteur, voir aussi la fort pertinente analyse contenue dans « Le temps des universitaires faussaires » parue sur le site elsienews.com le 21 septembre 2020). Alors même qu’il est avéré que les membres des gangs armés (les « Ti lapli », Jimmy Chérizier alias « Barbecue », « Ti Gabriel », « 400 Mawozo », « Depòté », « Izo 5 segonn », etc.) appartiennent en général au lumpen prolétariat et aux couches appauvries de la petite bourgeoisie des grandes villes du pays, il est symptomatique qu’un secteur de la grande bourgeoisie, la « lumpen bourgeoisie » mafieuse, soit, elle aussi, à la manœuvre dans l’actuel « chaos haïtien ». La presse haïtienne en fait état régulièrement : voir à titre d’exemple le dossier de l’homme d’affaires Clifford Brandt, fils adulé de la « lumpen bourgeoisie » reconnu coupable devant les tribunaux d’actes de kidnapping, de blanchiment d’argent, de détention illégale d’armes de guerre et de trafic de drogue (« Affaire Clifford Brandt : le plus puissant chef de gang de la Caraïbe bientôt libéré ? », Ayibopost, 27 avril 2018 ; « Haïti-Justice/Kidnapping : Clifford Brandt et consorts condamnés à 20 ans de prison, selon une nouvelle décision judiciaire », AlterPresse, 12 décembre 2019). La ganstérisation/criminalisation de la « lumpen bourgeoisie » est aussi prégnante dans d’autres « grandes familles » monopolistiques haïtiennes :  voir l’article « Les brigands déchaînés : les Brandt, les Acra et les autres », par Fanfan la Tulipe, Haïti liberté, édition du 10 au 16 août 2016 ; article repris sur le site Canada-Haïti.ca ; voir également l’article « La justice haïtienne courbera-t-elle l’échine dans le dossier de drogue présumé impliquant la famille Acra ? », AlterPresse, 9 août 2016). 

L'article dans le lien.

 

« Kay koule twonpe solèy men li pa twonpe lapli » (Proverbe haïtien)

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