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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Je vous ai déjà dit de faire très attention aux entreprises minières du Canada et les raisons derrière l'intérêt du Canada à une occupation d'Haïti

Publié par siel sur 3 Novembre 2022, 22:02pm

Catégories : #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER, #INTERNATIONAL

Dans le pillage du Congo, ainsi que celui d’autres pays du Sud, les États-Unis font le gros du boulot, alors que le Canada joue son rôle en sous-main.

Le 14 octobre 2004, un groupe de dix hommes armés a pris le contrôle de la ville de Kilwa de la province du Katanga, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), et a rapidement déclaré l’indépendance de cette province. Les sécessionnistes, membres d’un obscur groupuscule qui se faisait appeler le Mouvement Révolutionnaire pour la Libération du Katanga, espéraient obtenir le soutien de la population locale en capitalisant sur les griefs au plan local contre le gouvernement central et contre la société Anvil Mining, basée à Montréal, propriétaire de la mine de cuivre de Dikulushi située dans la région.

Au sein de la population locale, le sentiment était largement répandu qu’Anvil, qui était réputée fonctionner « avec le soutien de certains membres de l’équipe présidentielle ayant des liens avec des gens d’affaires du Katanga », ne reversait pas une part suffisante des revenus de la mine (entre 10 et 20 millions de dollars par an) à la communauté locale, et il semble que les sécessionnistes aient cru pouvoir tirer parti de l’aversion de la population locale pour la société minière et ses riches bailleurs de fonds à Kinshasa et au Katanga.[1]

Comme on pouvait s’y attendre, ce soulèvement n’a pas plu à Anvil Mining, la rébellion ayant bloqué son accès au port de Kilwa, à partir duquel elle exportait du cuivre et de l’argent en vue du traitement de ces minerais. Le lendemain de la prise de Kilwa par les rebelles, des soldats congolais ont pris d’assaut le village et tué 73 villageois, dont 20 par exécution sommaire, et ont enterré leurs cadavres dans des fosses communes. Suite à ce massacre, la ville est repassée sous le contrôle du gouvernement central. Les survivants des violences ont fait état de meurtres arbitraires de civils, de pillages, de viols et d’actes de torture commis par les troupes congolaises. Ils ont également signalé que les soldats conduisaient des véhicules qui leur avaient été fournis par Anvil Mining.

Une enquête des Nations Unies a révélé que la société canado-australienne avait soutenu logistiquement et financièrement l’action militaire contre Kilwa. La mission de l’ONU et les travaux d’enquête ultérieurs ont révélé qu’Anvil avait fourni aux auteurs des tueries, qui avaient reçu ordre de « tirer sur tout ce qui bougeait », des chauffeurs, des véhicules et des fournitures, et que la société avait même transporté des soldats dans ses avions affrétés.
Bill Turner, alors PDG d’Anvil Mining, a admis que l’armée « a demandé l’aide d’Anvil pour le transport » et que sa société « a assuré ce transport ».[2]

Le directeur général de l’exploitation d’Anvil au Congo, un Canadien, a été poursuivi mais innocenté lors d’un procès largement décrié comme ayant été inéquitable par de nombreuses institutions, y compris l’ONU. La Cour d’appel du Québec et la Cour suprême du Canada ont par ailleurs refusé d’entendre l’appel relativement à cette affaire et ont statué que les survivants devaient poursuivre la société au Congo ou en Australie, cela malgré le fait qu’Anvil avait son siège à Montréal et que ses principaux actionnaires étaient la société minière First Quantum Minerals, basée à Vancouver, et le Régime de pensions du Canada.

En réaction à cette décision, Matt Eisenbrandt, de l’Association canadienne contre l’impunité, a déclaré : « Il est inacceptable que […] les victimes ne puissent toujours pas exiger des entreprises canadiennes qu’elles rendent des comptes devant les tribunaux canadiens à l’égard de leur implication présumée dans de graves violations des droits de l’homme commises à l’étranger. Nous attendons avec impatience le jour où les entreprises canadiennes seront tenues responsables de leurs actes. »

Adèle Mwayuma, dont les deux fils ont été tués lors du massacre de Kilwa, a déclaré que le refus du Canada d’entendre cette affaire était « une nouvelle rebuffade pour les familles qui ont tant souffert et lutté si longtemps pour faire valoir leur cause. »[3] Le refus du gouvernement canadien de tenir les sociétés basées au Canada responsables de leurs abus à l’étranger fait partie intégrante des rouages de l’impérialisme canadien. Dans le cas précis du Congo, le Canada a toujours coopéré avec des puissances impérialistes qui en menaient plus large, dont les États-Unis, pour créer un climat d’investissement favorable aux sociétés multinationales.

Suite de l'article dans le lien.

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