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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Justice et Raison !

Publié par Elsie HAAS sur 20 Septembre 2007, 09:55am

Catégories : #PAWOL Ki GEN NANM-Parole sage

LIBRE PENSEE

" L’Haïtien veut avoir raison, il s’en fout de la justice. "

Réflexion crabienne

La Justice, dit-on, est un principe moral fondé sur l’intention de respecter le droit des personnes. Le mot Justice implique équité, droiture, impartialité (la justice est aveugle). La Justice est aussi autorité. Sanction. On utilise aussi le mot "justice", pour se référer à l’institution qui applique les lois. La Justice,symboliquement, est représentée par une déesse grecque appelée Thémis. Elle juge et arbitre car
personne n’a le droit de faire justice soi-même. La loi est dure, mais c’est la loi, dit-on. Elle est une pour tous. Elle est aveugle comme on a dit avant. Cependant, comme j’ai entendu dire une fois par un ami du CRABE, "on observe un bien étrange fonctionnement de la Justice chez nous, plutôt qu’aveugle, elle semble borgne, son oeil valide lorgnant du côté de la bourgeoisie. … ". Voilà que, à voix haute, les médias accompagnant, du Matin au Soir, l’un des impliqués dans la "Trame du Bord-de-Mer " s’est montré reconnaissant, envers la justice haïtienne. " La Justice a triomphé! " s’est-il exclamé. Il le disait avec l’assurance de celui qui se sent fort, de celui qui est conscient que ses moyens lui permettront de se payer " la défense"  à laquelle il a droit. Comme tout citoyen de tout grand pays. Un grand Cabinet d’Avocats. Bien payés. Un passeport vers l’univers des grands. Pas à la portée de tout le monde. "Tout moun se moun, men tout moun … ". Surtout en Haïti. Trop de pian. Trop de chiques. Trop de haine. Trop de misère. Économique. Mentale. Intellectuelle. Je revois à nouveau le scénario, toute la séquence d’images, de faits, de déclarations et de contre-déclarations, de convocations, de comparutions, de non-comparutions, de disparitions, soudaines, brèves, d’interventions, diplomatiques les unes, policières les autres, d’impressions, de pressions, au Sénat, aux Sénateurs, aux Députés, aux hommes politiques. Oui. La Justice avait osé. Elle avait osé croire que la loi était réellement une pour tous.
Elle avait oublié que chez nous, parfois " quelques-uns sont beaucoup plus que tous ».
Et voilà alors le même scénario de toujours, les mêmes images, les mêmes types de pression, des hommes politiques, des décideurs, des « zotobrés ». « Wi parèn ».
On en a même fait une histoire de couleur, de nuances épidermiques, de classe. Ne devrait-on pas apprendre de nos voisins ? De ceux qui se sont unis en états. Là-bas, chez eux, les scandales ont les "jupes "pour cause. Des stagiaires, hommes ou femmes, à peine sortis de l’adolescence, sont déculottés, pelotés, par des "sans scrupules"qui abusent de leur pouvoir pour abuser de la soif de ces jeunes d’arriver vite et loin. Le dernier à être pris en flagrant délit, se refusait à sortir du placard et il malmenait ceux qui osaient en sortir. Enfin, j’aurais aimé être anthropologue. Je vous l’ai dit cent fois chers lecteurs. J’aurais aimé pouvoir déchiffrer les « miasmes intérieures » de cette catégorie d’hommes, et de femmes, de notre pays, de notre Haïti chérie, qui, depuis plus de 200 ans ne font qu’entretenir les structures de sous-développement du pays, sousdéveloppement mental, économique, technologique.Négriers ! «"Mové moun ".
Chers amis, chers lecteurs, il n’y a que la justice à pouvoir donner raison. Dans ce pays où l’on a tendance à confondre "raisonner "  et  "résonner ", plus d’uns croient qu’avoir raison c’est se faire entendre au-dessus de la voix des autres. Parler plus vite et plus fort que les autres semble vouloir dire que l’on dit la vérité. Voilà le feuilleton que l’on vit ces derniers jours. Accusation voilée certaines fois, ouvertes d’autres fois, de participation d’un jeune artiste haïtien dans un réseau de malfaiteurs. Chef d’accusation ! Inexistant. Preuves ! Inexistantes. Raisons ! Occultes. Là encore, certains, les plus intéressés, se demandaient pourquoi il n’était pas arrêté. Vous vous rendez compte.Je n’ai pu m’empêcher de penser à lui. Je le connais à peine, mais il me semble que je l’ai connu toute la vie. Peut-être un peu plus que Pharel. En réalité, je ne fais qu’observer le personnage, depuis environ 4 ans. J’ai commencé à l’observer quand le "Chimè " était «"Rasta", le " Rasta" "malandrin" ou " voleur de grand chemin " ou bien "zenglendo " ou bien " kidnapè ". Je compris plus tard que les vrais " malandrins ", les vrais "voleurs de grand chemin ", circulaient tranquillement dans les rues de Port-au- Prince, dans de belles et luxueuses voitures, présidaient de grandes associations, décidaient pour le pays, formaient partie des délégations officielles en voyage à l’étranger, augmentaient leur fortune grâce aux " per diem " généreusement payés, complotaient contre le pays, et, en plus, occupaient les meilleurs postes dans l’Administration Publique. Oui, je l’observais entre-temps, sans savoir qu’il avait déjà mis en danger, sa vie et son prestige, en participant, pour aider à sauver la vie d’un journaliste, à la remise d’une rançon. Il ne voulait même pas qu’on en parle.
Ce qui pis est, durant ces quatre longues et malheureuses années que nous venons de passer, en Haïti, combien d’Haïtiens, surtout hommes, se sont vu impliqués dans des "remises illégales de rançons ".
Parfois même au vu et au su de la police. Non loin de la police. Près d’une patrouille. A côté de la MINUSTAH. Que va-t-il se passer ? Vont-ils être tous traduits en justice ? Et moi qui ai eu à intervenir pour
payer pour la voiture d’un ami ? Ce n’était que 1.500$ usd. J’eus à négocier avec les voleurs. Ils avaient leur
cellulaire. On se parlait au téléphone. Ils étaient identifiables.

 

Chers amis, chers lecteurs, très peu d’Haïtiens, ces derniers temps, m’ont autant impressionné que ce jeune artiste à l’air absent. Son sens de la mesure, sa simplicité, élégante, dans la forme et dans le fond, cette bonté naturelle que sa personne semble dégager, de la façon la plus simple possible. Il semble même vivre en harmonie avec son environnement et paraît en faire usage pour transiter à travers la vie " san l pa anmèdé moun" tout en nous poussant à lutter contre l’injustice, sociale, juridique, économique qui nous tue l’âme et le corps. À travers ses chansons. Grâce à son engagement.

 

" Mwen vlé Koré l "

 

" Wi m Kapab "

 

" An nou koré l"

 

« NOU TOUT KAPAB ».

 

Oscar Germain

 

germanor2005@yahoo.fr

 

Septembre 2007

 
Haïti en Marche édition du 12 au 18 Septembre 2007 Vol. XXI No. 33

 

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