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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Un nouveau livre sur Attila,loin des clichés occidentaux

Publié par Elsie HAAS sur 29 Décembre 2007, 00:55am

Catégories : #CULTURE

"Le Dossier Attila" Attila. L’humanité entière connaît son nom, mais surtout la terreur qu’il a engendrée dans l’esprit des peuples d’Europe occidentale ; une terreur qui fit son mythe, mais aussi la déformation de sa propre réalité, de son histoire.

En effet, Attila ( ? - 453), chef de l’empire hunnique, mérite à l’heure actuelle un éclairage plus poussé dans sa biographie. Les ouvrages aussi bien récents qu’anciens des historiens se sont en permanence appuyés sur des sources occidentales et souvent postérieures aux événements. Les imprécisions des sources ont également amené les biographes à tenter diverses interprétations hasardeuses et sans fondements sur les caractères décrivant le chef des Huns.

Deux auteurs, Katalina Escher, docteur en archéologie et spécialiste du Haut Moyen Âge, et Iaroslav Lebedinsky, historien spécialiste des peuples de la steppe et du Caucase, ont tenté à leur tour une biographie sur Attila. D’entrée, le lecteur est prévenu : "Notre livre a pour objectif de donner les indications les plus précises sur Attila, sa vie, son règne, son action, mais en les basant exclusivement sur des sources". Des sources triées et revisitées à partir desquelles, les auteurs établissent une notice exhaustive et fournie, triant les écrits contemporains du règne d’Attila (435-453) des écrits postérieurs. En bons historiens, les auteurs ont recadré chaque source dans leur contexte, afin de bien saisir l’ampleur des visions qui ont bâti les images réelles et fantasmées d’Attila.

Ce travail fait, les auteurs ébauchent un portrait réaliste du chef hun : petit, robuste, le profil mongoloïde avec le crâne légèrement allongé ; son âge avancé au moment de l’invasion de l’Empire romain d’Occident et des premiers royaumes barbares, son caractère fier et digne, colérique sans être meurtrier, généreux sans être naïf. Les sources comtemporaines décrivent un chef vivant modestement sans étalage de richesses : "Son vêtement [...] était simple et ne se distinguait que par sa propreté, et ni l’épée à son flanc, ni les boucles de ses bottes barbares, ni la bride de son cheval n’étaient, contrairement à ceux des autres Scythes, ornées d’or ou de pierreries ou d’autres choses de grand prix." - Priscus, Fragment 8.

Scythe. Le terme usité par les sources antiques désignait l’ensemble des peuples nomades ayant été en contact avec le monde romain. Ce terme masque ici les spécifités du peuple hun, en réalité une vaste confédération de tribus nomades d’Asie centrale (Alains, Sarmates) et de peuples en voie de sédentarisation comme les Germains (Goths, Gépides). Et pour gouverner cette confédération, dont les étendues allaient de l’Eurasie au Danube, les chefs huns gouvernaient en dyarchie. Ce fut ainsi le cas pour Attila qui débuta son règne avec son frère Bleda, mais qui finira par le tuer de ses propres mains pour être l’unique souverain des Huns.

Malgré ce fratricide, les auteurs ne tombent pas dans l’énumération de faits et d’interprétations qui entretiendraient une "légende noire" conforme aux clichés occidentaux. Bien au contraire, leur ouvrage développent plusieurs chapitres très bien ordonnés : l’homme Attila, le souverain, le général, le diplomate, sa mort et ses mythes.

On apprend ainsi qu’Attila fut un souverain autoritaire, mais loin d’être sanguinaire, contrairement aux rois barbares, qui venaient d’envahir l’Empire romain d’Occident en déliquescence, ou aux cruels empereurs byzantins. Attila n’était pas non plus un grand général, mais il bénéficiait d’une vaste armée confédérée, bien commandée par les généraux issus de sa famille, et qui lui était fidèle. Sur ce dernier point, son charisme lui permis de conserver la fidélité des peuples vassalisés, même lorsqu’il perdit de peu la célèbre bataille de Mauriacus, plus connue sous le nom des Champs Catalauniques (451) face à une exceptionnelle coalition romano-whisigothique.

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