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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


HAÏTI Quand le patronat appelle à la grève

Publié par Elsie HAAS sur 28 Janvier 2008, 12:08pm

Catégories : #2008 peuple sans mémoire

Lundi 9 janvier à Port-au-Prince les travailleurs n’ont pas trouvé de transport pour aller travailler, les marchandes ambulantes qui voulaient écouler quelques produits étaient incapables de le faire, les rues étaient «blanches». La circulation dans les rues de Port-au-Prince était rare, les propriétaires des magasins du centre ville avaient fermé leurs rideaux, les bus ne roulaient pas, les banques étaient fermées et les propriétaires des «supermarkets» n’avaient pas ouvert leur commerce. Les gérants des stations d’essence en majorité ne travaillaient pas et sur le parc industriel la plupart des entreprises étaient fermées.

C’était la réponse positive au mot d’ordre de grève lancé jeudi par le «secteur privé des affaires». Leur représentant, Réginald Boulos, président de la Chambre de Commerce, avait appelé à une «grève générale contre l’insécurité pour contraindre la Minustah (mission de l’ONU) et le gouvernement intérimaire à prendre les mesures qui s’imposent». Il a été suivi par l’ensemble des patrons, les banquiers, les brasseurs d’affaires de l’import-export.

Ce mouvement d’indignation des nantis face à l’insécurité fait suite à l’assassinat, jeudi à Pétion-Ville, d' Emmanuel Corneille, membre du groupe des 184 et chef de campagne dans le Grand Sud du candidat indépendant à la présidence Charles Henry Backer. Ce dernier est largement soutenu par les patrons et les possédants et cet assassinat a créé une grande émotion dans leur milieu, les médias ont joué leur rôle au service de leurs bailleurs de fonds et ont repris les appels des Boulos et compagnie.

L’annonce samedi 7 janvier de la mort du général Bacellar, commandant en chef de la Minustah depuis le 1er septembre 2005, qu’on dit « suicidé » mais dont les conditions de la mort restent suspectes, a relancé les appels à la mobilisation contre l’insécurité.
Durant la semaine précédente, des dizaines d’habitants des quartiers pauvres de Port-au-Prince ont été blessés lors d’attaques des gangs armés. Depuis la chute d’Aristide, des centaines de travailleurs, de pauvres ont été blessés, lors des attaques des hommes en armes, cela n’a jamais provoqué de réaction de la part du milieu des nantis et leurs acolytes.

Après avoir profité de la situation déréglementée pour faire des bénéfices rapides en spéculant sur les prix des denrées et autres produits de première nécessité, ou en spéculant sur le cours de la gourde, les possédants et les politiciens à leur solde se retrouvent face aux hommes de mains qui ont été lâchés sur la population laborieuse. Ils découvrent que l’insécurité peut aussi les toucher et appellent la population laborieuse à la rescousse. Ils oublient qu’ils sont les grands responsables de cette insécurité.


Sources : Combat Ouvrier N° 937, samedi 14 janvier 2006

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