Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Aaron Shabtaï, un des plus grands poètes israélien décline l’invitation à participer au salon du livre de Paris

Publié par Elsie HAAS sur 4 Février 2008, 10:18am

Catégories : #Archives 2


"Un acte barbare cyniquement camouflé en culture"

Aaron Shabtaï est le plus grand poète israélien vivant. Il a aussi traduit des tragédies grecques en hébreu. Il a décliné deux invitations reçues à participer à la Foire du Livre de Turin et au salon du Livre de Paris, lui aussi dédié à Israël.

Edna Degon, chargée de mission Salon du Livre 2008, responsable de l’organisation de la présence israélienne au Salon du livre de Paris, avait invité Aaron Shabtai à y participer, avec la lettre suivante, du 7 décembre aussi :

Cher Aaron Shabtai,
le 13 mars 2008 sera inauguré le Salon du livre de Paris dans lequel Israël sera présent en qualité de « Pays hôte ». Quarante écrivains et poètes israéliens sont invités à prendre part à la semaine culturelle française. Vos œuvres ayant été traduites en français, il va de soi que vous êtes parmi les invités. Aimeriez-vous participer ? L’invitation officielle sera émise par l’ambassade de France en Israël, quand tous les autres écrivains auront donné leur disponibilité.
J’espère de tout cœur que vous voudrez bien accepter l’invitation, Paris vous attend.
Merci et bonnes fêtes,
Edna

Voici la réponse du poète

Chère Edna,
Je vous remercie pour votre lettre.
Je ne pense pas qu’un État qui maintient une occupation, en commettant quotidiennement des crimes contre des civils, mérite d’être invité à quelque semaine culturelle que ce soit. Ceci est anti-culturel ; c’est un acte barbare cyniquement camouflé en culture. Cela manifeste un soutien à Israël, et peut-être aussi à la France, qui appuie l’occupation. Et je ne veux pas, moi, y participer.
Salutations cordiales
Aaron Shabtai

7 décembre 2007

Ci dessous un de ses poèmes :

CULTURE
Le signe de Caïn n’apparaîtra pas
sur le soldat qui tire
sur la tête d’un enfant
depuis une colline au dessus de l’enceinte
autour du camp de réfugiés
parce que sous le casque
pour parler en termes conceptuels
sa tête est en carton.
D’autre part,
l’officier a lu L’Homme révolté [1],
sa tête est illuminée,
à cause de cela il ne croit pas
au signe de Caïn.
Il a passé son temps dans les musées
Et quand il pointe
le fusil vers l’enfant
comme un ambassadeur de Culture,
il met à jour et recycle
les eaux-fortes de Goya
et Guernica

                                             Aaron Shabtai

[1] : livre d’Albert Camus

 

Source : newsletter@ism-italia.it
Traduit par Marie-Ange Patrizio

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents