Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


A propose de Compère Général en mal d'enfants de Lyonel Trouillot

Publié par Elsie HAAS sur 13 Mai 2008, 09:28am

Catégories : #AU MATIN DE BOULOS


Compère et Général en mal d’enfants
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=12489

Déjà le titre ne dit rien qui vaille.
Non pas que je cherche la petite bête.
Mais cette manière de détourner le titre de Jacques Stephen Alexis, ne me  dit rien à priori.
Ca m’évoque le titre « Royal Bonbon » du film sur le Roi Christophe

de M. Najman
Parce que jeux de mots,  bons mots et tutti quanti,

sont fort souvent jeu de masques.
De pouvoir et de manipulation.

Cependant, il est bon de lire avec attention.
ceux qui ont de l'influence dans les hautes sphères
L’auteur de « Bicentenaire », on le dit, en fait partie

On lit d’abord ce qui se laisserait prendre

pour un éloge de Jacques Roumain et de Jacques Stephen Alexis

« Alexis et Roumain demeurent les deux grandes figures de la gauche haïtienne. »

« Figures de militants et d’hommes d’action : créateurs et dirigeants de parti, avec des choix stratégiques et tactiques. Figures d’intellectuels : ouverture sur les sciences humaines pour Roumain, prolégomènes littéraires pour Alexis, réflexions sur la société chez les deux, quelque chose qu’on pourrait appeler une pensée. »


Mais point n’en faut quand même !
Pour preuve, le  «  quelque chose qu’on pourrait appeler une pensée » 

qui clot la phrase comme un ravet qui soudain tombe dans le manger.

Que veut dire exactement ce
"quelque chose qu’on pourrait appeler une pensée. " ?
 
Que l'auteur, lui,  à l'inverse, en aurait une de pensée , mais de vraie celle-ci  ?

A la  bonne heure !

 

Cet emploi de  « quelque-chose ...» qui témoigne  de ce que depuis Duvalier
et son « ensauvagement macoute » décrit par Leslie Péan
VOIRL'ensauvagement macoute et ses conséquences (1957-1999), un article passionnant et bien documenté de Leslie Péan
 l'usage d'une forme de  grossièreté  erigée en valeur.
 et qui fait figure
de réalisme.
Celui-ci point merveilleux du tout.
Mais mercantile.
Et vorace.
Réalisme vorace, mercantile et pragmatique
dans une quête incessante de reconnaissance
sorte de manège
qui tourne et retourne
dans les sphères et pays où la droite "décomplexée"
tient le haut du pavé médiatique et politique.

C'est difficile à expliquer mais ce serait comme si,
pour ces gens-là, l'existence même de la beauté
physique, intellectuelle, artistique
était une offense  qui leur était faite personnellement.


« La mort d’Alexis ajoute du mythe à sa légende, mais les deux demeurent les références incontournables de ce qui a été ici la gauche, de ce qu’il en reste aujourd’hui. »
 

Et ce : "ajoute du mythe à sa légende"

Et ce  cavalier : «  les deux » 

Et ce  :"la mort "

Rappel au lecteur/lectrice : Alexis n’est pas mort comme ça.

 

Il a été torturé et assassiné.

 Et ce ne sont pas comme dit l’auteur « des hommes (qui) l’ont tué » mais des macoutes,les miliciens d'extrême droite  au service de  Duvalier François et Jean-Claude .


L’auteur de "Bicentenaire " qui sait si bien faire étalage de « têtes coupées » 
et  de  « chimères »  analphabètes  quand nécessaire,
se montre ici d’une prudence et d’une discrétion
qui se mesurent  à l'aune de la peur des para-mlitaires, des macoutes, des duvaliéristes
et en général de l'extrême droite  au timon des affaires haïtiennes depuis, au moins 1957
jusqu'à aujourd'hui.


L'auteur en arrive à l' exploit d'éviter soigneusement d'écrire les mots

  Duvalier et macoutes dans un papier qui parle de Jacques Stephen Alexis.
VOIRLETTRE DE JACQUES STEPHEN ALEXIS À FRANÇOIS DUVALIER

Comme quand on voyait arriver d'Haïti dans les années 60/70/80,

ces étudiants haïtiens boursiers ou pas,

qui n'osaient pas  prononcer à haute voix "parti communiste" dans les rues parisiennes

par peur  d'éventuels espions de la dictature duvaliériste.

 

Par contre,  le détournement du titre de Jacques Stephen Alexis

et  le détour par  une sorte d’éloge des deux auteurs  

pour en arriver une attaque en règle contre une gauche

qui se serait "décrédibilisée", c'est facile ça.
VOIR Vie facile

De quelle gauche s'agit-il ?
De celle qui a fait alliance dès 1986 avec la droite ?


Ou bien de celle qui a  subi la répression systématique de  ses  mouvements,
associations et personnalités
-les 2 Izmery, Malary, Jean-Marie Vincent, Laraque , entre autres-
les massacres innombrables et incessants dans les quartiers pauvres commis par les représentants de la droite dure, associée aux gens de Washington et de la CIA, 
qui n’ont  jamais laissé se mettre en place une véritable expérience de politique de gauche dans ce pays.
VOIRUn poême de feu Paul Laraque à la mémoire de son frère Guy, assassiné sous Cédras


« La gauche ne se porte pas très bien aujourd’hui. Il y a la situation internationale, mais il y a aussi ce qui s’est passé ici après le 7 février 1986. »

Là on se dit que  le pape du "Collectif Non" à la commémoration du bicentennaire de l'indépendance
d'Haïti a un problème.
Ou il est de mauvaise foi.
Ou il  ne s’est pas rendu compte que nous ne sommes plus à l’époque de la guerre froide.
Et  qu' au contraire  la " situation internationale " aura permis l’émergence de gouvernements de gauche
dans l’Amérique Latine.
Le dernier cas étant celui du Paraguay où un ex-évêque vient d’être élu président.


Ou bien alors, ce serait  que  l’International

pour l’auteur de « Bicentenaire »  ramènerait uniquement aux lieux de production de prix littéraires: l'Europe espace qui effectivement  par peur du " l'autre", le "sauvage", le "barbare" se droitise à mort.


Donc, quand l’auteur nous dit en passant par ici, en passant par là , comme le furet :

« Il y a eu toutes ces choses qui font que des gens disent : « Mais, depuis 90, à l’exception du coup d’État militaire, c’est la " gauche " qui a été au pouvoir, qu’a-t-elle fait ? Ou plutôt, voyez ce qu’elle a fait… ».


 
C'est quoi "toutes ces choses " ?

Les assassinats ciblés, la répression sytématique des mouvements populaires ?

 C'est qui ces "gens (qui ) disent "?

Les membres du Collectif Non ?

Les anciens militaire ?

Les para-militaires ?



Dans un de ses témoignages datant de 2004, le même auteur déclarait,

je cite de mémoire,  "s' il y  avait des élections demain, la population de Gonaïves élirait Winter Etienne comme maire" (Winter Etienne , un temps chef de gang lavalassien, passé par la suite dans le clan des Gnbistes et responsable de  nombreuses violences sur les personnes."

Ou bien un autre truc du genre " Le peuple haïtien a accueilli les bras ouverts Guy Philippe et son groupe"


C'est quoi cette  méthode de faire porter par les autres, l'enfant, le voisin, le peuple,

ses propres "pensées" et désirs ?


Le truc du paravent, ça le connaît.

 
VOIR jacbayle.club.fr/livres/Haiti/Trouillot_CI_02-2004.html - 21k
VOIR www.humanite.fr/2004-03-09_International_ -Lyonel-Trouillot-Ce-sont-bien-les-Haitiens-qui-ont -

 

Et du para-tonerre également.

 

"Bien sûr, il y a de la perversité dans ce jugement expéditif. L’amalgame est délibéré pour réunir en un seul vocable beaucoup de choses très différentes. Mais il faut reconnaître qu’un grand nombre de cadres (conseillers, ministres, directeurs généraux, peut-être même un ou deux présidents) avaient milité dans un lointain passé (le lointain est ici plus idéologique que temporel) dans des organisations de gauche ou avaient au moins été des sympathisants très actifs de ce type d’organisation. Les propositions associées à ces pouvoirs sont de deux types : une démagogie populiste, une gestion plus ou moins néolibérale, en tous les cas conforme aux diktats institutions internationales. Cela a contribué à décrédibiliser « la gauche ».


Tout en nous disant disant que :
"(ils) avaient milité dans un lointain passé (le lointain est ici plus idéologique que temporel)
dans des organisations de gauche
ou avaient au moins été des sympathisants très actifs de ce type d’organisation."
Il arrive,  avec ses gros souliers d'honnête homme, 
à nous dire que ces personnes
qui  dans un "lointain passé"
avaient "au moins été des sympathisants " de la gauche
ont quand même du fait de ces anciennes sympathies
"décridibilisé' la gauche.
Oui papa ! La rhétorique est belle.
Ils ne sont pas de gauche, ils n'appliquent pas une politique de gauche
mais néanmoins, ils décridibilisent la gauche.
Chomsky aurait adoré ce cas d'école de la manip.
 aussi ?

Bref.
Il faut comprendre que nous sommes ici
invités à un feint questionnement sur la  place de de la gauche dans la société haïtienne.
 Un sous -marin pour  une attaque contre la gauche.
En passant par l'enterrement de deux  de ses figures de génie
:Jacques Roumain et Jacques-Stephen Alexis.

 

Et on y arrive insidieusement  avec le " c'est pour cela"
"C’est pour cela que Roumain et Alexis sont de plus en plus des icônes, s’inscrivant comme les héros de l’indépendance dans le beau passé qu’on célèbre. »

 

Le mouvement grenn-nanbounda, ça n'a pas été simplement
faire un coup d'Etat, terroriser la population, piétiner 1804,
faire occuper le pays par les forces de l'ONU
et casser la gauche.

C'est aussi la remontée des égouts du secteur militaro/ macoute
-ambassadeurs, cadres,  intellectuels affidés,etc. -
Et surtout des remugles de son idéologie
qui exige soumission et silence face à l'oppression.
De sorte que les écrivains résistants,
exilés,qui étaient des rêveurs dynamiques ont été mis au placard.

On  se précipite pour les transformer en "icones"
Pour cause de crime de  littérature engagée.
Circulez, il n'y a plus rien à lire.

2004, restera la date où  Haïti est devenue,
dans une Amérique Latine et une Caraïbe  réceptives aux idées de gauche,
le bastion  officiel de l'extrême droite.
Une sorte de réserve pour néocons.

Je parlais  précisément hier encore  de ce rapport des "zentellectuels "  haïtiens
avec Alexis et Roumain dans le contexte de l'article de Surena.

VOIRTOUS CREOLES,NON MERCI ! de G Surena

Mais je ne pouvais pas  me douter qu'aussi rapidement, la mort de Césaire

- l'occasion fait le larron- 

aurait été utilisée par l'un d'eux  pour  " décrédibiliser "

la pensée plus actuelle que jamais de Roumain et Alexis.

et les transformer en " "icones"

En tous cas, s'il y a une chose qui est claire,

c'est qu'il vaut mieux que Roumain et Alexis soient en

"panne d'enfants"  pendant encore longtemps

plutôt que d'hériter d'une progéniture non désirée

 d'écrivains alliés aux para-militaires.

 Comme dit Césaire :  VOIR Le marigot

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents