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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Exécution des 19 officiers en 1967

Publié par Elsie HAAS sur 10 Juin 2008, 09:41am

Catégories : #DUVALIER

 Extraits :


Le colonel Charles Lemoine, qui ramenait fièrement à Port-au-Prince le capitaine Donald Manigat qu'il venait d'arrêter aux Cayes, reçut un tel choc lorsqu'il fut lui-même menotté et conduit en prison, qu'il en perdit l'usage la parole. Le cas le plus dramatique est sans doute celui du capitaine Serge Hilaire qui, après avoir tapé la liste des condamnés, commit l'imprudence d'avertir la femme du capitaine Joseph Laroche laquelle se rendit en catastrophe au Palais pour en savoir plus sur la liste secrète. Duvalier la rassura habilement et lui demanda qui l'avait informée de l'existence dune telle liste. Le capitaine Hilaire, une fois dénoncé par ceux-là même qu'il voulait protéger, plus rien ni personne ne pouvait le soustraire à la vindicte présidentielle. Duvalier lui fit rajouter lui-même son nom à la fameuse liste, et demeura inflexible malgré l'intervention du père Jean Hilaire, frère du capitaine et aumônier du Palais. Le père Hilaire courut alors se réfugier à l'ambassade du Chili, imitant ainsi le très influent lieutenant-colonel Jean Tassy, lequel avait déjà gagné l'ambassade du Brasil, de même qu'une cinquantaine de politiciens et de personnes proches des inculpés.

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Le procès des militaires se déroula aux casernes Dessalines. Accusés de complot contre la sûreté intérieure de l'État, de mutinerie et de tentative d'assassinat du président de la République, ils furent tous déchus de leur grade et condamnés à la peine capitale. Pour les transporter aux séances de la Cour martiale, Duvalier les faisait trimbaler en camion à travers Port-au-Prince les menottes aux poignets, les pieds nus et le crâne rase. Le 8 juin 1967, le président convoqua ministres et hauts gradés et, vers 13 heures, se rendit au Fort-Dimanche en leur compagnie. Arrivé à destination, Duvalier, en uniforme de simple soldat, s'installa sur une chaise et disposa en face des officiers qu'il destinait à la fusillade les membres du haut état-major de l'armée avec, derrière eux, les soldats de la garde présidentielle. Ensuite s'alignaient les miliciens du Palais national et, enfin, pour former la dernière rangée, les miliciens de Fort-Dimanche commandés par la redoutable Madame Max Adolphe. Parmi les civils qui assistaient à l'exécution, on remarquait Fritz Cinéas, Max Adolphe, Webert Guerrier, de même que les secretaires d'Etat René Charlmers, Edouard Berrouet, Adrien Raymond et les autres. Agissant comme maitre de céremonie, le colonel Gracia Jacques distribua des armes au general Gerard Constant, aux colonels Breton Claude, Claude Raymond, ainsi qu'a tous les autres membres du haut état-major qu'il posta chacun vis-a-vis du condamné qu'il devait executer. Le colonel Jacques Laroche fut ironiquement placé devant le capitaine Joseph Laroche, le colonel Jean-Baptiste Hilaire devant le capitaine Serge Hilaire, tandis que Max Dominique se retrouva devant son cousin Harry Tassy, a la demande insistante de celui-ci d'ailleurs.
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 Après l'exécution des condamnés, on les detacha du poteau. Le major Franck Romain sortit alors son revolver et courut donner le coup de grace au premier qui lui tomba sous la main. Il fut brutalement interrompu dans la sinistre besogne qu'il s'etait assignée par Duvalier lui-meme qui, suffoquant de colère, lui cria: «Major Romain! Qui vous a donné l'ordre de faire ça? Garde-a-vous! Rompez! »
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L'exécution des dix-neuf officiers fut rapportée par les grandes agences de presse internationales et terrorisa toutes les categories sociales au pays, en particulier les membres de la classe politique duvalieriste qui craignaient plus que tout d'encourir la disgrâce du chef, de tomber sous le coup de sa fureur démentielle, de sa vengeance inexorable.
 Quinze jours après, le 22 juin 1967, le président fêtait devant ses partisans cette nouvelle victoire de la Révolution duvaliériste. A cette occasion, il procéda d'une voix glacée à !'appel des dix-neuf officiers exécutés. « Major Harry Tassy où êtes-vous? Venez auprès de votre bienfaiteur. Absent. Capitaine Donald Manigat, venez. Absent. Capitaine Probus Monestime. Absent. Lieutenant Mérizier Geffrard. Absent. Major José Borges. Absent. Lieutenant Josma Valentin. Absent. Lieutenant Venard Casimir. Absent. Adjudant André Desrosiers. Absent. Capitaine Joseph Laroche. Absent. Colonel Charles Lemoine. Absent. Major Pierre Thomas. Absent. Capitaine Serge Madiou. Absent. Lieutenant Marc Monestime. Absent. Lieutenant Franck Monestime. Absent. Lieutenant Alix Remy. Absent. Capitaine Michel Obas. Absent. Capitaine Serge Hilaire. Absent. Lieutenant Grégoire Monestime. Absent. Adjudant Joseph Alcena. Absent. Tous ont été passes par les armes. » Duvalier n'oublie pas d'appeler le lieutenant-colonel Jean Tassy, le major Malherbe Eyma, le capitaine Léon Veillard, les lieutenants Joseph Laforest et Evans Guillaume, ainsi que le député du Cap, Pierre Giordani, «qui ont pris la fuite après avoir bénéficié des faveurs de César. Ils ne sont plus des Haïtiens! proclame-t-il. Dès demain, la Cour martiale générale recevra l'ordre de travailler en vue de leur jugement conformément à la loi. Car les civilisés, c'est nous! » Grimaçant un rictus amer, Duvalier déclara enfin: «Je suis tel un bras d'acier frappant sans pitié... sans pitié... sans pitié. J'ai fait fusilier ces officiers dans le but de protéger la Révolution et ceux qui la servent. Je m'aligne en compagnie des grands meneurs de peuples tel Atatürk, Lénine, N'krumah, Lumumba, Azikiwe, Mao-Tsé-Toung».


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Une réaction en créole à ce texte sélectionnée pour son à propos :

"Si genyen yonn nan yo ki te merite fizye se sa ki te rele viv Duvalye ya.men sa ki pi dekourajan ayisyen ki tap touche plisyè chek sou duvalier yo vle fè moun konprann se koulyè ya genyen diktati an ayiti se koulyè ya moun ap manje biskwit labou an ayiti.

Mwen vot servitè mwen konn ap mache nan morn an ayiti gen de lè sim te jwen yon biskwit labou mwen ta di bon dye mèsi, mwen konn ap bwè yon kalite dlo si yo ta dim lave pye m nan dlo sa yo koulyè ya mwen ta di moun lan si li fou.

Mwen konn ap domi nan yon kalite kay pinez ap devore m epi la pli ap tonbe sou mwen nan morn an ayiti.e map pale nan mitan ane 60 jis rive nan ane 68 .

Mwen se pase mwen te konn ap pase nan zonn sa yo genyen moun se chak jou yo tap konfornte pwoblem sa yo.

Lè gen moun ki di ke kout telefonn de ayiti a lanfer se kol lokal se pa manti genyen moun an ayiti se yon lanfer li ye pou yo.

Fok nou sonje a lepok pat genyen 9 milyon ayisyen men yon paket tap kite peyi swa pa avyon ou pa kanntè.

Genyen jenn ti moun ki pa konnen ke yon moun ka konprann iyorans yo; men yon moun ki genyen o mwen 50 lane ou pa ka dim ou pat tande sa ki te ap pase.

Yon moun ki panko janm wè kote yap fizye jenn gason , vyeya, ti moun,fanm nan yon trou ou pa ka konprann sa ki te ap pase nan peyi dayiti; fenmen dyol nou se pa paske nou tap manje pou nou ap vinn ba jeness lan manti."

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