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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Formidable article en français sur le livre de Peter Hallward

Publié par Elsie HAAS sur 18 Juin 2008, 09:24am

Catégories : #PEUPLE sans mémoire...

Bon vous ne pourrez plus faire comme le petit singe et cacher yeux, bouche, oreilles
Même si le livre n'a pas encore été traduit en français
il existe de + en + d'articles qui en font le résumé
Aussi  même si vous n'êtes pas d'accord
Que vous êtes un disciple inconditionnel des zen-tellectuels du "Collectif non"
Du CIDA, d'USAID
Que la politique internationale ne vous intéresse pas du tout
Et que pour vous "tout est de la faute d'Aristide"
Ou bien que "tout est de la faute des chimères."
Ou bien que "tout est de la faute des hommes politiques haïtiens"
Ou bien que " tout est de la faute des Haïtiens"
Lisez quand même l'article
Ca vous permettra de défendre votre point de vue
Et d'exprimer clairement pourquoi
il fallait absolument ne pas célébrer le bicentenaire de l'Indépendance
Que Aristide soit chassé
Que les ex-militaires et les paramilitaires envahissent le pays
Qu'ils puissent commettre crimes et exactions en toute impunité
Que les troupes de la Minustah s'y installent
Et y fassent la pluie et le beau temps
Et organisent des réseaux de pédophilie
Pour venir en aide à des enfants mangeurs de galettes de boue
Vous pourrez en toute quiétude
Expliquer au peuple analphabète
Que votre énorme bravoure de grenn-nanbounda c'était  pour son bien à lui
Et pas du tout pour vos biens à vous.

Bref,  l'article de Pierre Dubuc  sur le livre de Peter Hallward est passionnant
Il offre la possibilité à tous ceux
les fanatiques de  coup d'Etat
comme ceux qui préfèrent le dialogue
d'avoir un historique des faits un peu  + élaboré
 que les zen (ragots) des radios et des journaux locaux.
Ponctués d' incitations à la haine
Et la désinformation habituelle des média dominants internationaux
Allez , un petit effort
La vérité contrairement aux  mensonges
faut creuser pour la trouver
by, by


Extraits de l'article

Coup d’État en Haïti « revisité »

Pierre Dubuc
L’Aut’Journal
www.lautjournal.info

jeudi 12 juin 2008

"Cependant, ils obligèrent Aristide, en échange de son retour, à signer un accord qui prévoyait une amnistie pour les auteurs du coup, un contrôle américain sur la formation des nouvelles forces policières, le partage du pouvoir avec les forces de l’opposition et un programme d’ajustement structurel avec son lot de privatisations.

Plus tard, quand Aristide chercha à remettre en question les privatisations, les États-Unis et leurs partenaires suspendirent l’aide et les prêts. En une nuit, la monnaie nationale – la gourde – perdit 20% de sa valeur et les prix des aliments de base d’augmenter d’autant.

Le coup d’État


Mais, contrairement aux attentes des contre-révolutionnaires et de leurs commanditaires, le peuple ne se souleva pas et restait fidèle à Aristide. Les grandes puissances durent elles-mêmes faire le sale travail. C’est ainsi que le 1er mars 2004, les États-Unis, la France et le Canada déposèrent Aristide au cours d’une intervention conjointe, le jour même où un avion en provenance d’Afrique du sud apportait au gouvernement Aristide les munitions que les pays tuteurs lui avaient refusées. Un économiste néo-libéral, ancien fonctionnaire de l’ONU, Gérard Latortue, fut ramené en catastrophe des États-Unis pour occuper la présidence.

Le programme d’alphabétisation fut abandonné. Les subsides pour les livres d’école et les repas aux enfants annulés, la réforme agraire arrêtée, la collecte des impôts suspendue pour trois ans. L’enseignement de l’anglais fut rendu obligatoire dans toutes les écoles. Mission fut donnée au gouvernement de prendre ses distances avec le Venezuela et Cuba. La Havane avait envoyé 800 médecins et infirmières dans un pays qui comptait moins de 1 000 médecins pour une population de près de 9 millions d’habitants.

Une campagne de terreur fut instaurée dans les bidonvilles. On jeta en prison des centaines de militants de Fanmi Lavalas dont le premier ministre Yvon Neptune et le ministre de l’Intérieur Jocelerme Privert. Mais Jodel Chamblain, un criminel notoire, obtint l’absolution pour ses crimes passés. Même l’ambassadeur américain James Foley ne put s’empêcher de déclarer dans son dernier discours avant de quitter Haïti que cet acquittement était un « scandale pour le pays et son image à travers le monde ».

Les hésitations de la MINUSTAH


Pour « pacifier » le pays, on dépêcha en Haïti 9 000 soldats et 6 000 policiers internationaux, ainsi que plus de 10 000 gardes d’agences de sécurité privées. Des centaines de policiers haïtiens jugés trop « politiques » seront congédiés et remplacés par plus de 1 000 anciens soldats. Rapidement, tous les chefs de police seront d’anciens militaires, alors qu’il n’y en avait que deux avant le coup d’État.

Selon Peter Hallward, la répression fut aussi sévère que celle qui suivit le premier coup d’État et se compare à la situation au Chili lors du coup d’État de 1973. Il cite une enquête qui évalue à 8 000 le nombre de morts et à 35 000 les agressions sexuelles.

Les forces policières voulaient terroriser les populations des bidonvilles en se servant des soldats de la mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) comme couverture. Cependant, pour la plus grande partie de 2004, les soldats de la MINUSTAH résistèrent à ce que leur commandant général Augusto Heleno Ribeiro condamnait comme « les pressions extrêmes exercées par les États-Unis, la France et le Canada à utiliser la violence ».

Quelques mois plus tard, suite à des opérations menées dans l’immense bidonville Cité Soleil, le général Ribeiro démissionne. Il est remplacé par un militaire au cœur moins tendre, un autre général brésilien, Urano Teixera da Matta Bacellar. Six mois plus tard, Bacellar est retrouvé tué par balle dans sa chambre d’hôtel, au lendemain d’une rencontre houleuse avec des membres des familles Boulos et Apaid, la crème de l’élite haïtienne. La théorie du suicide ne convainc personne.

La presque reine


Il est intéressant de noter que c’est au beau milieu de cette campagne de terreur contre les populations pauvres d’Haïti menée avec les encouragements du Canada que le Premier ministre Paul Martin nomme une canadienne d’origine haïtienne au poste de Gouverneur général du Canada.

Le livre de Peter Hallward deviendra sûrement un classique de l’analyse des politiques et des méthodes de déstabilisation. Il devrait être objet d’étude pour tous ceux qui luttent contre l’empire, particulièrement ceux qui sont dans son voisinage immédiat. Espérons qu’il sera rapidement traduit en français.

L'ensemble de l'article à :

http://www.vigile.net/Coup-d-Etat-en-Haiti-revisite

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