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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


A propos de l'entretien en créole du linguiste Michel Degraff

Publié par siel sur 8 Janvier 2013, 12:35pm

Catégories : #REFLEXIONS perso

 

Pour celles et ceux qui ne lisent pas le créole.  Ti koze ak pwofesè Michel DeGraff sou nouvo teknoloji pou ansèyman syans ak matematik ann Ayiti


Michel Degraff a obtenu une bourse de l'institut de technologie du Massachusset 

qui va lui permettre, avec son équipe, de mettre en place de outils d'apprentissages des mathématiques et des sciences en créole .


 

Dans cet entretien Degraff met en évidence l'importance de l'apprentissage, notamment en sciences, dans la langue maternelle.


Il dit, par exemple, que quand les étudiants sont face à un problème et qu'ils en discutent, il est clair que cette discussion sera plus approfondie et plus enrichissante si elle se tient dans leur langue maternelle.


Degraff rappelle que le créole est une langue à part entière. De même que le français en est une. Même si le français a emprunté une grande partie de son vocabulaire au latin et le créole le sien au français.


Un locuteur francophone comprendra un tout petit peu de créole. De même qu'un locuteur créolophone comprendra un tout petit peu de français.


Degraff rappelle encore que c'est Descartes qui, en ayant choisi d'écrire son Discours de la méthode en français, dans l'intention de rendre sa pensée philosophique acessible aux fancophones, donne droit au français, considéré jusqu'alors comme une langue "vulgaire" dans le sens populaire et sans distinction, à  passer de l'état de langue parlée à langue écrite. En effet, jusqu'à ce moment les lettrés utilisaient exclusivement  le latin.


Degraff note par ailleurs que, au vu des résistances dans le système d'éducation haïtien, son projet ne sera pas facile même s'il est appuyé par de nombreuses instances locales et internationales.

 

Justement, par rapport à ces résistances, nous les avons vues à l'oeuvre pendant tout un certain temps sur les fora. AYITI EXTREME DROITE et LU SUR LE NET


Résistances qui sont tout simplement, la plupart du temps, de la pure sottise, comme dans le cas de la Madone des Zen et son fameux syllogisme " dans une langue les mots doivent s'écrire comme ils se prononcent, donc le créole n'est pas une langue"


Ou bien qui s'apparente à du déni basé sur l'idéologie, comme dans le cas de M. Bissainthe, avec son fameux axiome : "j'écris le créole comme ma mère l'écrivait".


Il est bien évident que la mère de Bissainthe n'écrivait pas le créole. Ce qu'il sous entend par là, c'est " Je mets le créole à la place où ma mère le mettait". C'est-à-dire au rang de patois.

 

Le prof. Bissainthe n'a pas l'alibi du déficit de comprenure. Ancien prêtre qui a fait ses humanités dans les écoles congréganistes, professeur de grec et de latin, 2 langues mortes qu'il maîtrise parfaitement, il connait les liens de parenté entre elles et le français et pourrait sans aucun effort écrire convenablement le créole et le lire.

 

De plus, il sait parfaitement qu'apprendre dans sa langue maternelle est un atout reconnu dans le monde entier par tous les spécialistes de l'éducation.

 

Il sait aussi parfaitement qu'une bonne maitrise à l'écrit et à l'oral de sa langue maternelle va permettre à l'élève un apprentisage plus aisé des langues étrangères.

 

Il sait aussi que l'argument de l'isolement ne tient pas la route: le Japon, la Finlande, la Norvège, la Suède, l'Islande, le Vietnam et bien d'autres pays parlent des langues qui ne sont utilisées que dans leurs pays, ce qui ne les a pas empêché de développer leurs économies et leurs cultures.


Il sait aussi parfaitement que les arguments tendancieux qui voudraient que les immigrés qui arrivent au Québec apprennent le français ne peuvent être valables pour Haïti puisque, au contraire du Quebec, le français est parlé en Haïti par une minorité d'Haïtiens.


Bien que ce rôle soit celui de sa soeur, ma chère Toto,  apparemment, le prof de Bissainthe fait un caprice de diva en campant dans sa position "héroïque " : "S'il n'en reste qu'un, je serai le dernier."


Caprice peut-être, mais pas uniquement u ça.

 

Le refus de Bissainthe qui est de l'ordre du déni et prend carrément parfois des aspects pathologiques tant il s'inscrit dans le cours inverse des capacités intellectuelles du monsieur, est un marqueur du conversatisme qui habite les élites haïtiennes et barre la route au savoir à la majorité de la population.


Bissainthe, et d'autres comme lui ,arguent d'une histoire de "trophée de guerre" pour justifier le refus de l'éducation en créole.A mon avis, question "trophée de guerre" il aurait mieux valu qu'Haïti n'ait pas à payer pendant cent ans une dette dite de l'indépendance à la France et que la France garde le français.

 

On se rend facilement compte  que ce "trophée de guerre" est une mystification -encore une- inventée par les élites colonisées et francisées pour maintenir l'ordre politique/économique et culturel colonial, basé sur l'exclusion du plus grand nombre, à leur profit.

 

Bissainthe sait bien que tout ça c'est de la rognonotte, encore une fois il a les facultés intellectuelles de le savoir.


Cependant, parce qu'il lui est impossible de remettre en question l'édifice sur lequel il a construit sa relation au monde, il poursuit de manière quasi infantile, sa lutte contre le créole.


Et, plus grave, propage ses idées que d'autres formatés à la jaquot répète reprennent.

 

Si je parle de Bissainthe en particulier, c'est que je trouve extravaguant, aberrant, et en même temps symptomatique  de la faillite des lettrés haïtiens à penser au bien commun, à l'avenir de la jeunesse, qu'un universitaire, de surcroît,  prof de grec et de latin -au lieu d'embrasser avec enthousiame ce nouveau challenge- mette toutes ses forces à lui opposer, ce que notre cher Jacques Stephen Alexis qualifierait de palinodies, des cabrioles.

 

Bonne année M. Bissainthe.

En souhaitant  que vous ferez la surprise et le plaisir à vos lecteurs d'écrire, en cette année 2013, un de  vos textes d'analyses dans un créole  à la graphie respectée et dans un style  aussi brillant qu'en français.

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