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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Anba Macaya : une épopée spéléo en Haïti, à suivre sur Futura-Sciences

Publié par siel sur 22 Septembre 2013, 15:00pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES

Durant six semaines, l'équipe de l'expédition intitulée « Anba Macaya, verticales souterraines », va explorer un réseau inconnu de grottes et de rivières souterraines en Haïti. L'enjeu est géologique, géographique, économique et humain, dans une région peu explorée, riche d'une forêt primaire d'altitude. Menés par Olivier Testa, les spéléologues tenteront d'atteindre le point le plus profond de la Caraïbe, de cartographier ce réseau dont on ignore tout... et de raconter leurs aventures et découvertes aux lecteurs de Futura-Sciences. Épisode pilote du feuilleton : on plante le décor.

Les yeux de Marie-Jeanne : un endroit célèbre de la grotte du même nom qui se trouve près de Port-à-Piment, au sud du massif de Macaya, lieu de l'expédition. Dans ce sous-sol karstique, l'eau a creusé un labyrinthe, à peu près inexploré, de galeries, de grottes et de rivières souterraines. © Jean-François Fabriol

Ils sont 7, âgés de 28 à 63 ans, à se préparer à descendre sous terre tous les jours pour cartographier jusqu’à son plus profond un petit coin de la Terre encore très mal connu. Il se trouve en Haïti, à l’extrémité ouest de l’île Hispaniola, sur le haut plateau de Formon. Là, dans ce qui est devenu le parc Macaya, au cœur du massif et au pied du pic éponymes, se trouve l’une des dernières forêts primaires du pays.

« Elle est préservée parce qu’elle se trouve en altitude et qu'elle est protégée par une situation géographique difficile », nous explique Olivier Testa, responsable de l’exploration spéléologique. Nos lecteurs le connaissent pour nous avoir fait découvrir les grottes sacrées de l’Ouest Camerounainsi… que des crocodiles orange.

Le massif Macaya, où a lieu l'expédition, se trouve sur la pointe ouest de l'île Hispaniola, en Haïti. L'équipe s'est installée sur le plateau Formon, entre 1.000 et 1.500 m d'altitude et cherchera des puits verticaux pour accéder au réseau de grottes et de galeries. Les noms visibles ici (cliquer sur l'image pour mieux les lire) ne sont pas mentionnés par Google Earth et ont été ajoutés par l'équipe.
Le massif Macaya, où a lieu l'expédition, se trouve sur la pointe ouest de l'île Hispaniola, en Haïti. L'équipe s'est installée sur le plateau Formon, entre 1.000 et 1.500 m d'altitude et cherchera des puits verticaux pour accéder au réseau de grottes et de galeries. Les noms visibles ici (cliquer sur l'image pour mieux les lire) ne sont pas mentionnés par Google Earth et ont été ajoutés par l'équipe. © Expédition Anba Macaya, verticales souterraines, Google Earth

Vers le record de profondeur de la Caraïbe ?

L’expédition débutera ce 21 septembre et s’achèvera 6 semaines plus tard, le 1er novembre. L’équipe espère bien que ce temps lui suffira pour démêler l’écheveau de galeries et de grottes qui, à coup sûr, traverse ce massif calcaire. Le nom de l’expédition, Anba Macaya, signifie d’ailleurs « dans les profondeurs de Macaya » en haïtien. Les spéléologues comptent même atteindre le point le plus profond de la Caraïbe, au-delà de mille mètres de profondeur sous la surface du sol. L’idée est de tenter d’accéder par l'intérieur du massif à la résurgence de ces eaux, repérée sur des images satellite.

L’équipe de spéléologues partira du plateau Formon et y cartographiera les puits d’accès vers le réseau souterrain, mais recherchera également les entrées sur le flanc du plateau, pour des accès horizontaux. Si le titre de l’expédition se termine par « verticales souterraines », c’est cependant parce que l’essentiel du travail se fera dans les puits. « Ce sera une expédition sportive, commenteOlivier Testa. Nous amenons un kilomètre de cordes pour pénétrer par les grands puits. Les entrées horizontales, nous ne les atteindrons qu’ensuite. »

L’équipe presque au complet dans la grotte Favot, lors d’un entraînement dans le Vercors, en juin 2013. Debout derrière (de gauche à droite), Matthieu Thomas et Marie-Pierre Lalaude-Labayle ; accroupis (de gauche à droite), Stéphanie Jagou, Pascal Orchampt et Olivier Testa. Manquent Anne-Sophie Brieuc et Jean-François Fabriol.
L’équipe presque au complet dans la grotte Favot, lors d’un entraînement dans le Vercors, en juin 2013. Debout derrière (de gauche à droite), Matthieu Thomas et Marie-Pierre Lalaude-Labayle ; accroupis (de gauche à droite), Stéphanie Jagou, Pascal Orchampt et Olivier Testa. Manquent Anne-Sophie Brieuc et Jean-François Fabriol. © Olivier Testa

Trouver le chemin de l'eau en Haïti

En plus de cet objectif géologique, l’expédition a d’autres buts. La responsable à l’initiative de l’expédition, Marie-Pierre Lalaude-Labayle, n’est d’ailleurs pas spéléologue mais spécialiste en ingénierie de l’eau. La question de l’eau est en effet l'une des préoccupations majeures pour cette région, dans laquelle les habitants voient les pluies s'infiltrer dans le sol sans créer de rivières.

Il s’agit aussi de valoriser cette belle région, dans un pays qui a beaucoup souffert et qui a vu le tourisme s’écrouler en raison de l'instabilité politique d’Haïti. « C’est un milieu karstique dans lequel se trouvent de nombreuses grottes, explique Olivier Testa. Quelques-unes sont déjà gérées par le ministère du Tourisme et commencent à être connues. »

Coulée de calcite et gours (les blocs de concrétions) dans la grotte Marie-Louise Boumba en Haïti, en février 2013.
Coulée de calcite et gours (les blocs de concrétions) dans la grotte Marie-Louise Boumba en Haïti, en février 2013. © Jean-François Fabriol

Au cœur d'une île mal connue

« Il s’agit pour nous de réaliser un inventaire de ces ressources et de ces possibilités. C’est vraiment un territoire méconnu et nous ne savons pas exactement ce que nous allons trouver. Il est bien possible, par exemple, que nos découvertes intéressent les paléontologues, car il arrive que des animaux tombent dans ces trous, au fond desquels on remarque souvent des squelettes. Il peut aussi y avoir des objets faits de main d’Homme et jetés là. »

 

SOURCES :link

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D
<br /> Bonjour,<br /> <br /> <br /> Je suis très sincèrement désolé d'avoir pris connaissance de votre réponse à ma question que maintenant.<br /> <br /> <br /> En effet, j'ai posé cette question en étant conscient des problèmes structurels et d'encadrement auxquels nous sommes confrontés à divers niveaux. Sachant que nos différents gouvernements qui se<br /> suivent sont et risquent d'être encore longtemps empêtrés dans les méandres des exigences et négociations de l'international, comment, en notre qualité de citoyens, pourrions-nous établir des<br /> structures à valeur étatique qui de fait se substitueraient au gouvernement tout en étant prêt à lui céder la plénitude de son rôle quand le moment sera venu ?<br /> <br /> <br /> Ne serait-ce pas aussi un moyen de le travailler tel un tailleur de pierre jusqu'à aboutir à la forme voulu pour mener un changement en douce avec le moindre bruit. Ce qui suppose que nous ayons<br /> et assumions une conscience de notre état de grand peuple qui s'ignore en se fiant trop aux préjugés apparents.<br /> <br /> <br /> En tout cas, je serais prêt à apporter un minimum d'accompagnement nécessaire pour des jeunes Ayitiens qui seraient intéressés par ces formations dans la mesure du possible !<br /> <br /> <br /> Au plaisir de vous relire et encore merci pour cette information o combien capitale pour le pays !<br />
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S
<br /> <br /> Cher Monsieur Dartiguenave,<br /> <br /> <br /> J'ai beaucoup aimé votre proposition d'agir "en douceur". En effet, je pense que nous devons marier deux axes complémentaires, celui "tonitruant" comme le mien qui s'attelle à exposer les faits<br /> et celui "en douceur" qui  forme et met en place des structures sns trompettes ni tambours. Après tout n'est-ce pas cette complémentarité entre  les actions visibles et celles menées<br /> dans la discrétion qui nous a mené sortir de l'esclavage ?<br /> <br /> <br /> Nous serions tout à fait heureux de vous accueillir ici  à Paris, et honorés  que vous partagiez vos idées avec nous.<br /> <br /> <br /> Vous pouvez m'écrre à elat31@ymail.com si l'idée vous plait afin de discuter de sa mise en application<br /> <br /> <br /> Cordialement et avec mes meilleurs voeux.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
D
<br /> Quelle possibilité y aurait-il de joindre des étudiants stagiaires en spéléologie Ayitien à ce groupe pour que nos compatriotes puissent eux-même, un jour poursuivre les recherches de manière<br /> autonome ?<br />
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S
<br /> <br /> M;Dartiguenave, merci pour votre apprécation du blog.<br /> <br /> <br /> Votre question est la bonne.<br /> <br /> <br /> Je me suis demandé la même chose.<br /> <br /> <br /> Nous avons combien de grottes dans ce pays ?  Combien de jeunes en formation de spéléologie ?<br /> <br /> <br /> Nous sommes, encore une fois, face à la  même  problématique.<br /> <br /> <br /> A  savoir absence d'inventaires des ressources naturelles et physiques.<br /> <br /> <br /> Et donc absence de  formation spécifiques de jeunes dans des métiers pouvant aider au  développement.<br /> <br /> <br /> Pas de vision générale à partir de laquelle un plan pourrait être établi. La formation de  jeunes  spéléologues pourraient émarger du budget du ministère du Tourisme et  de<br /> l'Education.<br /> <br /> <br /> Par ailleurs, le gvt aurait pu, dans un premier temps associer quelques jeunes étudiants à cette équipe.<br /> <br /> <br /> Et, pourquoi pas être partenaire de l'expédition ?<br /> <br /> <br />  Hélas, voyez-vous, une information aussi importante et excitante nous est parvenue par la presse internationale.<br /> <br /> <br /> Pourquoi ne pas interpeller en tant que citoyen le Parlement sur cete question?<br /> <br /> <br /> Cordialement,<br /> <br /> <br /> <br />
D
<br /> Un grand merci à elsie-news pour ce blog que j'ai découvert par pur hasard en feuilletant les actualités de Facebook.<br /> <br /> <br /> Je pense que nous gagnerions à constituer un comité de veille des ressources du pays qui entrerait et maintiendrait un contact avec ces chercheurs, afin de porter au grand jour et en temps réel<br /> des informations qui permettraient aux enfants du pays de mieux connaître leur demeure, d'une part, et de suivre l'usage qui sera fait des découvertes, en termes d'exploitation tant par nos<br /> gouvernements respectifs que par les étrangers.<br />
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