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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Compte rendu rencontre "Architectes de l'urgence"

Publié par Elsie HAAS sur 9 Février 2010, 10:50am

Catégories : #AYITI SEISME

Hier je suis donc allée à la conférence  donnée par le président d' « Architectes de l’urgence » qui devait nous parler de la reconstruction d’Haïti.
Première remarque la salle de l’Arsenal était comble, 200 à 400 personnes.
Dans l’assistance une dizaine d’Haïtiens au maximum.
Parmi ces 10 Haïtiens , la majorité était des travailleurs du batiment.
Il y avait également un ingénieur, très smart auquel j’ai demandé sa carte afin de constituer une banque de ressources.

La déception  était de constater que les « élites » ne se sont pas déplacées
Bon, c’est vrai qu’il ne s’agissait pas d’une réunion à l’ambassade entre
gens de bien pour ressasser sur l’incompétence des Haïtiens et présenter des propositions à la « ya ka ».

Sinon, la première partie de l’exposé était une présentation de l’association, avec projections de photos sur leurs différentes réalisations dans le monde : Indonésie, Tchad, Sri-Lanka,etc.
Ce que j’ai apprécié est l’orientation de leur travail.
Leur politique est de reconstruire avec les matériaux qu’on trouve sur place.
Importer le moins possible.
Ce qui risque de ne pas plaire à nos milliardaires industriels en produits importés, notamment de construction.
Ce qui m’a plu également c’est, d’une part qu’il travaille  en concertation avec les habitants, qui sont également formés
et  qu’ils veulent respecter l’habitat local.
On a pu voir que la majorité des maisons construites en bois ne se sont pas écroulées,
 bien que plus anciennes que celles en béton.
Le problème du bois, c’est qu’il n' y en a plus.
D’où pour cette association l’importance d’accoupler reconstruction et reboisement.
et de  travailler avec des agronomes.
Ce qui pose le problème des compétences.
Selon lui, avec la fuite des cerveaux et celle des ouvriers qualifiés, il n’y en  aurait + en Haïti.
Il a oublié de dire que ceux qui sont encore sur place travaillent , souvent avec les ONG.
Autre point positif : « Quand je construis une maison, je dois pouvoir y habiter "
a déclaré le patron d'architectes de l'urgence et
il ajoute : "Ce n’est pas parce que ce sont des pauvres que l’on doit leur fournir de la M.. . »

Bon, ça c’est une notion difficilement intégrable pour la classe moyenne
et les élites qui ,en général, considèrent  que les pauvres n’ont pas droit à la décence.
 Mais là, on entre dans un autre sujet, celui des mentalités archaïques,
auxquelles risquent de se heurter les conceptions de ces « Architectes de l’urgence ».
Il suffit de voir la place de Jacmel, réalisée par un architecte connu
 pour se rendre compte qu’on est loin d’une réflexion sur le bien vivre ensemble
 dans les milieux de l’architecture haïtienne.
Pour le président de l'association l'idée de déplacer Port-au-Prince est une totale chimère.
D'abord, il faudrait pas mal d'argent. Alors que le tremblement de terre en Haïti en a reçu moins que le tsunami.
Pour lui, il serait préférable de travailler à consolider les maisons peu endommagées.
Et à reconstruire des logements décents pour les + pauvres.
Il dit que pour les riches, il ne s'inquiète pas.
Cependant, l'obstacle n°1, pour lui , est l'état du foncier  à Port-au-Prince.
On ne peut rien faire du tout si ces données de cadastre
 ne sont pas mises à la disposition de ceux qui devront reconstruire.

Cet exposé dans l'ensemble était d'abord  clair
 et permettait d'avoir une idée de l'étendue du travail à faire et des moyens possibles.

A la fin , il ya eu un pot. Oui, oui, pour 400 personnes, sans bousculade aucune du côté du bar.
Le petit groupe d'Haïtiens que nous étions , s'est  attardé à bavarder, passant de l'enthousiasme
- Ah si seulement tout ça était possible !
au doute
-Oui, mais avec toutes ces ONG sur place, qui va coordonner ces équipes ?
Est-ce que le gouvernement a un plan directeur ?
Et l'argent ? Est-ce que celui promis sera utilisé pour reconstruire les logements des sinistrés pauvres ?
Et puis  : Kinbe la ! Na we pi ta ! Pa bliye pasem an koud fil !
Nous nous sommes séparés, qui se dirigeant vers le métro, vers sa voiture ou à pied dans la nuit parisienne.

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