Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le staff de Radio Kiskeya répond à Michel Martelly

Publié par siel sur 23 Mai 2013, 11:56am

Catégories : #AYITI ROSE RAKET

 

J'ai écouté l'émission ici :link

 

J'avais lu que Martelly se prenait pour un "deus ex machina". Les journalistes , avait-il dit, se devaient de venir aux informations au Palais, car lui seul détenait les informations  dignes d'être diffusées.


C'est ici :

Haïti-Politique : « La bonne nouvelle, c’est moi », dixit Martelly

Est-ce une velléité de retour à la pensée unique ? link

 

Le plus suprenant, ce ne sont pas les propos du président Sweet Micky- c'est lui qui revendique cette identité-

dont on  connait l'inclinaison pour la provocation puérile et pour les coups fourrés  Martelly et le coup de l'interdiction des sachets plastiques  - ceux-là moins enfantins et carrément dangereux, dans le genre à provoquer mort  d'hommes.

 

Non, ce qui a d'étonnant c'est que les journalistes de Radio Caraïbes applaudissent quelqu'un qui s'invite pour leur dire qu'il ne les écoute pas puisque, pour lui, ils sont insignifiants.

 

Je ne prends pas le parti de Mme Lilaine Pierre Paul qui s'est illustrée sur sa radio en 2003/2004 par des attaques sordides et personnelles contre les partisans d'Aristide.

 

Je me souviens des propos de Mike, journaliste et ex-compagnon de Toto Bissainthe, qui avait dit qu'il avait dû s'enfuir à Porto-Rico, où il est décédé, parce que Radio Kiskeya n'avait pas aimé son cacul du nombre des manifestants du Groupe 184, et que cette radio l'avait dénoncé violemment au public comme un ennemi à abattre.

 

Il s'agit d'un principe.


Battre bravo quand on, Président ou pas,  vous dit que vous n'existez pas ! Un aperçu du sado-masochisme auquel les Haïtiens ont eu droit pendant les 2 Duvalier et qu'ils ont intériorisé.


C'est comme si quelqu'un s'invitait chez toi et te disait " Tu sais, ta maison est vraiment laide quand je la compare à la mienne" et que tu lui répondais: " Merci c'est gentil de me le dire".

 

Ces journalistes qui, d'après ce que l'on dit, étaient partisans de Mme Manigat, ne se conduisent-ils pas, avec autant d"indignité que le fameux député qui a mis un genou à terre pour chanter les louanges de Martelly ?


Ce député qui, pour sa défense, avance que c'est Dieu qu'il remerciait. Qui va croire à ça ?Et puis, est-ce le lieu et le moment de remercier Dieu ? Ce genre de choses ne se fait-il pas dans l'intimité ? A-t-on besoin d'avoir des milliers de spectateurs pour remercier Dieu et de se mettre aux pieds de Martelly ?

 

Et pourquoi pas demain : je l'ai assassiné, c'est Dieu qui a guidé ma main ?

 

Décidément, en Haïti, Dieu est mis à toutes les sauces. Wilson Jeudy, patron du "palais municipal" de Delmas poursuit ses exactions.

 

Foutaises.

 

Et cette photo, qui montre bien l'ambiance dans laquelle ce acte supposé de remerciements à Dieu, prouve l'absence de sérieux de cette explication du député. Regardez comment sont hilares, l'homme qui s'est dit "blanc" et a craché sur un juge et celui qui a traité les parlementaires de "terroristes issus de familles monoparentales." 

depute-Luckner-Noel.jpg

      A gauche Zenny, au centre Théano qui se bidonnent franchement. Au pire du mépris, au mieux de la condescendance.

 

Pire encore que dans le cas du député, il me semble que ces journalistes chez lesquels Sweet Micky, le président de la première république rose au monde s'est invité, auraient pu s'abstenir de vivas, de gros rires graveleux et de bravos complices, non seulement parce que le président rose les  insultait eux en particulier, mais  aussi l'ensemble des journalistes haïtiens en les assimilant à des bons à rien.

 

Ne serait-ce que par solidarité avec leurs confrères, notamment ceux de Kiskeya, les journalistes de Radio Caraïbes auraient pu se comporter en adultes, en professionnels responsables, et non pas imiter platement  Sweet Micky en versant dans l'infantilisme.

 

Alors, d'après vous, qui permet au président rose la pratique  de  l'infraction caractérisée et répétée des lois,  du mépris des personnes et des symboles, si ce n'est présicément les soit-disant  élites qui ploient l'échine, comme le  pauvre député de Ouanaminthe, devant lui ?


La rumeur prétend que c'est par peur qu'ils s'agenouillent  tous devant le  président Tèt Kale, représentant de l'extrême droite en Haïti.

 

Mais qu'ont-ils à craindre ?  Qu'ont-ils à cacher ? D'où vient la menace ? Des escadrons de la mort ?

 

 

Et pour finir cet emprunt à Hannah Arendt  trouvé dans  Mediapart, qui illustre bien à contrario, le rôle  de mystificateurs que Martelly entend, à travers ses déclarations, faire jouer aux journalistes :  « le droit à une information véridique et non manipulée, sans quoi la liberté d’opinion n’est plus qu’une cruelle mystification ».


"Dans Du mensonge en politique, réflexion sur le choc provoqué par les révélations des « Documents du Pentagone » autour de la guerre du Viêtnam au début des années 1970, la philosophe Hannah Arendt soulignait que l’indignation morale est impuissante à faire disparaître cette pratique délétère. Pour attaquer le mensonge, il faut aller au-delà, jusqu’à ses causes, jusqu’à ses relais, jusqu’à tous ces mécanismes qui le confortent, le favorisent et l’accompagnent, tout ce qui fait qu’un système démocratique affaibli et corrompu peut être amené à « se débarrasser des faits »qui le dérangent.


Aussi, tant c’est une ambition qu’il faut sans cesse remettre sur le métier, concluait-elle par une défense du rôle indispensable d’une« presse libre et non corrompue », assurant, disait-elle, « le droit à une information véridique et non manipulée, sans quoi la liberté d’opinion n’est plus qu’une cruelle mystification ».

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents