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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


En Haïti, comme au temps de l'esclavage, les gens n'ont pas de généalogie

Publié par siel sur 22 Octobre 2012, 11:21am

Catégories : #AYITI EXTREME DROITE

 Je regardais la photo  montrant Martelly en jeans et en boots, dans l'église de Dessalines, lors de la commémoration de la mort de Dessalines, fondateur du pays Haïti.

 

michel-martelly-eglise-marchand-dessalines-botte60-copie-1.jpgj

 

Je ne parlerai pas de l'absence de respect voulu, non seulement pour la mémoire de Dessalines, mais pour ceux qui assistaient à la messe, prêtres et fidèles, pour la population de Dessalines et d'une manière générale pour les Haïtiens de l'intérieur comme de l'extérieur. 

 

La presse en a parlé abondamment  de cette indignité, une sorte de miroir du régime rose des cranes rasés: link

 

Et notamment, la radio, ici :link

 

Entre parenthèses, il sera  intéressant de voir si Martelly, aujourd'hui lundi, se rendra à l'inauguration du parc industriel de Caracole en jeans et boots.

 

Mon attention s'est portée, bien évidemment et encore une fois, sur la posture de ces"  dignitaires" Tèt Kale.

 

Il y en a un en chemise bleue qui joue à l'extase, yeux fermés et paumes tournées vers l'au -delà. Dans cette posture, ses poignets sont invisibles.

 

L'autre à côté, vêtu d'un costume blanc, joint les mains, on peut apercevoir son bracelet rose qui sort de sa manche droite.

 

Le troisième, porte une chemise blanche transparente, en dessous de laquelle on peut voir son maillot de corps - très élégant, n'est-ce pas! - sa main droite est posée sur son poignet gauche- qui, à mon avis, doit cacher le bracelet rose qu'il porte au poignet.

 

Le quatrième, c'est Martelly, le président du payss Sak Pa Kontan Anbake, , lui porte des jeans, des bottes marrons, une chemise rose, of course, et comme son voisin  semble dissimuler son poignet.

 

A la différence que lui, c'est la main gauche qui se porte sur le poignet droit.

 

Donc, il semblerait que ces Messieurs aient voulu dissimuler leurs bracelets roses aux yeux du phtographe.

 

Mais mon propos ici est autre.

 

L'homme en chemise transparente se trouve être le député de Dessalines, il se nomme Gracia DELVA

 

Il existe un Guy Delva, ex-journaliste, qui occupe aujourd'hui un poste au gouvernement rose.

 

Des Delva, il y en a un paquet, dont un ici à l'ambassade d'Haïti en France.

 

D'où viennent tous ces Delva ?

 

Sont-ils des enfants, des parents, du grand macoute de la zone, Zacharie Delva ?

 

On aimerait bien le savoir.

 

En Haïti, surtout après le passage de François Duvalier, que Michel-Rolph Trouillot  a comparé à un cyclone, les traces, origines des individus qui se retrouvent dans des postes administratifs ou au gouvernement, ou dans les 2 Chambres, restent inconnues du public.

 

Les journalistes d'ici ou d'ailleurs, se font un devoir, à chaque nomination officielle de rédiger une petite note  biographique, qui permet de suivre la trajectoire du nominé : milieu familial, études, activités antérieures.

 

En Haïti, rien de tout cela, les hommes et femmes apparaissent commme des champignons ayant poussé dans la nuit.

 

Une telle est nommée directrice de l'EDH, ministre du tourisme, un tel, conseiller du président, secrétaire d'Etat.

 

D'où vient-il ?

 

Quelles sont les qualités qui l'autorisent à occuper ce poste ?

 

Nul ne saurait le dire, en dehors des intiés. 

 

Et puis, un beau jour, comme les champignons, tout soudain,  il n'est plus là.

 

Il disparait dans la nature, comme Gaillot Dorsinvil, l'ex-président du CEP qui a avalisé la candidature de Martelly et son élection. Où est passé Gaillot Dorsainvil ?

 

Quelqu'un d'autre occupe son poste.

 

Comme du temps de l'esclavage, ses hommes et femmes sans filiation, sans identité sociale, semblent remplaçables, à tout moment, par un nouvel arrivage.

 

C'est ainsi que peut s'interpéter la remarque de Zenny, le sénateur, à propos de la "dynastie" dont il serait issu.

 

Ca sonne comme une revendiquation d'avoir, lui, un nom, face à l'autre sur lequel il crache, le Nègre descendant d' Africains

 

Son nom à Zenny viendrait d'n hypothétiquue ancêtre blanc.

 

Mais Zenny, lui-même a-t-il, un nom ?

 

A part d'être le fils d'un commerçant de Jacmel,  quelles études a-t-il faites, quel a été l'itinéraire de vie qui l'aura conduit au Sénat ?

 

En fait, la seule identité dont peut se prévaloir Zenny, c'est d'être un "Blanc" (sic) ce qui forgerait, selon lui, sa supériorité sur son interlocuteur qu'il qualifie de "Nègre".

 

Ceci nous ramenant au temps de l'esclavage, où moult colons,   parfois des bandits achevés, analphabètes,  se  défaisaient  prestement une fois arrivés dans l'île de de leur passé  sulfureux.


Hop, ni vu ni connu.


Ils revendiquaient pour unique identité la couleur de leur peau, leur octroyant de facto  une supériorité  sur les esclaves.

 

Vous me suivez ?

 

Ce que j'essaie de démontrer, à partir du constat des faits et agissements du pouvoir Tèt Kale, c'est une certaine analogie avec le système colonial, où couleur et force suffisaient pour s'approprier des biens et des personnes et garantir la richesse.

 

Vous me direz que ces survivances du mode de fonctionnement de la société esclavagiste sont présentes dans toute l'histoire d'Haïti.

 

C'est juste.


Cependant, il me semble pour rester sur cette question d'identité, que Duvalier François qui avait un gros problème de ce côté là, parce que dépourvus  de liens familiaux et de racines haïtiennes,  a renforcé cette tendance , en promouvant  à des postes importants, des macoutes  totalement illettrés, comme Axel Bejamin par exemple.

 

Ce que je veux dire, c'est que cette absence d'information sur les filliations, les parcours, l'absence de repères, accentuent et pérenissent une sorte d'opacité  laquelle autorise irresponsabilité, infantilisme, abus et brigandages de toutes sortes qui condusient à al déliquescence de la société.

 

Le passé n'existe pas. Aucune obligation de rendre compte de ses actions auprès de ses ascendants ou de ceux qui viendront après.

 

C'est hop, ni vu, ni connu, comme du temps de l'esclavage.


Martelly a déclaré à un journaliste canadien que "le peuple haïtien n'existe pas."

Wargny a écrit un bouquin qui s'intiuitule : "Haïti n'existe pas".

Les zentellectuels du Collectif Non ont témoigné par leurs actions et prises de position que "1804 n'existe pas"

 

On se retrouve dans l'éternel présent des fascistes, se prenant pour dieu le père, avec  leur désir de refaire les hommes et les paysages à leur image, en utilisant tous les moyens, dont les plus violents, pour mener à bien cette opération de psychopathe.

 

De sorte que le régime des cranes rasés qui s'inscrit dans la ligne du duvaliérisme, me parait aller encore plus loin et opérer une sorte de régression vers le modèle de société esclavagiste.


 Cette réflexion embryonnaire a été initiée par le texte de Péan  Les manifestations contre la politique du ridicule et de la dérision. Par Leslie Péan qui met l'accent sur le dérisoire, le ridicule, le non respect des lois dans le gouvernement Martelly /Lamothe qui en quelque sorte, se comporte  comme des pirates abordant un navire pour le dépouiller de ses richesses, ou bien comme des colons lachés sur un nouveau territoire sur lequel ils font main basse.

 

Martelly, dans un discours à l'assemblée n'avait-il pas dit qu'il se conduirait comme Cortès, grand génocidaire des Indiens ?


Ce truc là, de prendre  Hernan Cortès comme modèle,- il aurait tout aussi bien pu dire Leclerc- qui m'avait effrayé,  était passé comme une lettre à la poste.


L'absolue majorité des Haïtiens, députés et sénateurs compris, n'ayant aucune idée de qui était Cortès.

 

Il y a eu aussi, bien sûr, le comportement  abérrant de Martelley et de ses potes à Dessalines décrit avec l'émotion provoquée par l'indignation par la journaliste Liliane Pierre-Paul.

 

Et aussi cette histoire de SMS indécent, envoyé par la ministre du Tourisme, dans lequel elle souhaitait "joyeux 206ème" aux Haïtiens ( avec un petit h, of course) à l'occasion de la commémoration de la mort de Dessalines, le fondateur de la nation, dont elle semblait se réjouiir de la mort.


Stephanie-Villedrouin-facebook-dessalines

 

Cette accumulation, d'actes malsains et de comportements sordides et incongrus, ne sont pas, pour moi, le fait du hasard ou de l'inexpérience.

 

Ils sont délibérés et font partie d'un programme politique, dont l'objectif est  ce que j'ai appelé le "dechoukaj de la dignité" , le déracinement de la dignité du peuple haïtien, dernier et fragile rempart contre la recolonisation des corps et des âmes.


Déchoukaj initié par les zentellectuels du Collectif Non à la Commémoration des 200 de l'indépendance du pays qui, en 2004,  comme des poulets sans tête, courraient d'une radio l'autre sur toute l'étendue de la France et de la Navarre, pour dire au monde entier comment leur pays était une merde qui ne méritait même pas de fêter le bicentenaire de son indépendance. 

  

Et, comme vous n'êtes pas sans le savoir, les atteintes à la dignité de l'être humain, à son histoire, à sa culture, à ses liens sociaux et familiaux ont été l'arme la plus efficace- plus efficace que les armes à feu- employée par les esclavagistes et colons.

 

La société haïtienne, paysans, cadres et toutes les femmes et les hommes qui la constituent,  doit absolument, impérativement, faire barrage à cette agression du povoir Tèt Kale.

 

Encore une fois, il ne s'agit pas de faire tomber Martelly et ses sbires néo-macoutes, anarcho-conservateurs, mais de les remettre à leur place. 


Celle de dirigeants nommés par le peuple et non de représentants d'une soit-disant dynastie qui auraient hérité du trône de leur papa.

 

Je suis personnellement contre les coups de force,  j'étais contre le coup d'Etat de 1991, contre celui de 2004, comme j'étais contre la tenue des élections en 2010,- que j'apparente à un coup d'Etat -  prévoyant que  la communauté internationale allait nous fourguer  un de ces monstres dont elle a le secret de fabrication (Pinochet, Duvalier, Mobutu, Idi Amin Dada, Sadam Hussin etc)-, 


Ce pays, Haïti,  a 206 ans, ses habitants  sont des granmoun, des adultes; ce pourquoi ils doivent impérativement refuser d'être traités, comme du temps de l'esclavage, comme des enfants, ou  mieux, comme des biens-meubles.


France, Canada, USA, Chili et Minustah, parlementaires, politiciens et  hommes d'affaires corrompus ne parviendront pas à leur objectif qui est d'écraser la dignité du peuple haïtien, si tous ensemble, du dedans comme de l'extérieur,  nous prenons conscience de la gravité des conséquences de ce mouvement  Tèt Kale rétrograde sur nos  vies, celles de nos descendants et l'avenir de notre pays.

 

Peuple haïtien, ce qui se passe en Haïti est très/très grave.

 

Nous marchons vers l'abime.

 

Ce que nous voyons, n'est que la pointe de l'iceberg.

En dessous, il y a les ex-Frahp, les ex-zenglendos, les ex-macoutes, les ex-militaires, les ex-Léopards, les ex-ninjas, tous amis du pouvoir rose, qui attendent, comme des ravets le moment de sortir de leurs trous.

 

Si nous laissons les cranes rasés continuer cette politique de retour à l'esclavage, il sera particulièrement difficile d'en sortir  sans faire couler le sang.


Parce qu'ils ont les armes de leurs mercenaires et celles de la Minustah.

aubert-sylvie-bouddha-ii-1194133.jpg

 

C'est pourquoi, il faut un leve kanpe pacifique "sans prendre souffle" contre la politique d'asservissement au bracelet rose, prônée par l'international et appliquée par Martelly.

 

Les manifestations doivent continuer pour faire entendre raison à la bande en rose et mettre fin à sa politique de bandit légal.


Leve Kanpe qui ne signifie pas Kraze brize.

Attention aux provocateurs.


Peuple haïtien, Anaïse et Manuel de  Gouverneurs de la Rosée de notre cher Jacques Roumain, sont tes modèles.

Kenbe fem.

 

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M

Ahem "dont elle semblait se réjouir de la mort." Je ne vois pas ca dans son texte... Ok
pour le H minuscule dans Haitien, et autres constats a propos des autres.. Un peu plus d'objectivite, ce qui manque a beaucoup de la presse d'opposition, qui souvent agit en retard des activitees
et projets gouvernementaux... merci... Sinon ca devient comme de la propagande "lavalassienne" qui est intrinsiquement liee aux soulevements "populaires spontanes" (financer les soulements
populaires (.))...
Répondre
S


Merci, pour votre remarque.


Effectivement, j'aurais dû employer un conditionnel: dont "elle semblerait se réjoiur de la mort".


Quand à votre hsitoire de "  ca devient comme de la propagande "lavalassienne"
qui est intrinsiquement liee aux soulevements "populaires spontanes" (financer les soulements populaires (.))..."


D'abord pour 1 ça ne me fait ni chaud ni froid d'être assimilée à de la presse
lavalassienne


Pour moi ce n'est pas une insulte.


Je préfère ça de loin que d'être assimilée à la presse des crânes rasés


Par ailleurs,  je crois que vous êtes très mal placé pour parler de propagande,
parce que le "rose" comme un cancer se répand dans l'ensemble du pays.


D'ailleurs, puisque vous sembleriez appartenir au clan des Tèt Kale, j'en profite pour
vous poser la question :     avec quel budget snt achetés tous ces bracelets et maillots distribués à "la populace" ?


Est-ce avec l'argent de l'Etat que cette propagande - pardon cette information-, ou avec
votre propre porte-feuille ?


Enfin, il faut révisez vos classiques.


 


Lisez l'excellent livre de Peter Hallward, "Haiti and the politic of containments,' qui
vous expliquera comment étaient financés les  manifestations populaires.


By the way, les kraze brize des Cayes pour faire pression pour imposer  Martelly à
la présidence,(700 00 voix sur 4 millions d'électeurs- on ne peut pas appeler ça un raz de marée, n'est-ce pas ?)


Selon vous,, c'étaient  des soulèvements populaires spontanés ?


Cordialement






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